M. de Flammermont serra avec énergie le bras de son voisin.

--Tais-toi, fit-il, tes plaisanteries ne sont pas de saison.

Successivement, avait passé sous les yeux des Terriens muets

d'émerveillement, le panorama de l'Europe centrale, la Suisse avait

exhibé ses glaciers, ses ravins et ses pics neigeux, l'Allemagne ses

vieux burgs démantelés et ses forêts mystérieuses, l'Italie, ses

campagnes dorées et ses côtes bleues; puis apparurent les immensités

blanches de la Russie, les coupoles dorées de Moscou, les glaçons de la

Neva à Pétersbourg, les minarets de Constantinople;... ensuite, ce

furent les steppes sibériens, les jungles indiennes, les rizières

chinoises et les villes du Céleste-Empire, avec leurs monuments

bizarrement découpés, ensuite encore une nappe d'eau qui paraissait

s'étendre à perte de vue et dont les limites apparurent cependant en

quelques minutes.

Alors un _by God_ formidable éclata tout à coup; c'était Farenheit qui

témoignait de sa joie à la vue de New-York et de son port tout

fourmillant de steamers.

--Ah! fit-il en soupirant formidablement, que les Martiens, ces gens de

progrès et de civilisation, n'ont-ils un moyen de me faire rejoindre la

cinquième avenue?

--Mais ils viennent de le faire, sir Jonathan, répliqua Séléna; notre

rayon visuel ne vous a-t-il pas transporté dans votre ville natale.

--Regardez, mais ne touchez pas, ajouta plaisamment M. de Flammermont.

--C'est le supplice de Tantale, conclut Fricoulet.

[Illustration]

Aventures extraordinaires d'un savant russe; II. Le Soleil et les petites planètes · 第 65 / 77 题