NOTE 68, _pages_ 234-235. [p.314]

Vers 3645-3653. _Irese_. Ce mot est ainsi écrit pour la rime.

Il est deux manières de le restituer et partant de le traduire. M.

Francisque Michel n'hésite pas; il le traduit par _Irlandaise_, en vieux

français _Irois, Iroise_, et il cite à l'appui de sa version un passage

de Pierre de l'Estoile en 1606, c'est-à-dire 360 ans et plus après la

mort du romancier. Voici, du reste, sa note:

«Les Irlandais ont toujours eu chez nous la plus détestable réputation,

même avant les événements qui en jetèrent sur notre sol un si grand

nombre. Pierre de l'Estoile écrit à la date de 1606: «Le samedi 2 mai,

furent mis hors de Paris tous les Irlandois, qui estoient en grand

nombre, gens experts en fait de gueuserie, et excellents en cette

science par dessus tous ceux de cette profession, qui est de ne rien

faire et vivre aux dépens du peuple, et aux enseignes du bonhomme Peto

d'Orléans; au reste habile de la main et à faire des enfants, de la

maignée desquels Paris est tout peuplé.»

C'est encore de l'érudition pour le plaisir d'en faire. Les Irlandais

pouvaient être fort nombreux à Paris du temps d'Henri IV et être à peu

près inconnus du temps de saint Louis. Nous préférons ne voir dans

_Irese_ que l'altération _d'ireuse_, féminin _d'ireux_, coléreux,

acariàtre, mot fort employé aux XIIe et XIIIe siècles, et qu'on

rencontre souvent dans Guillaume Guiard, poète Orléanais du XIVe siècle.

C'est, du reste, l'opinion de Lantin de Damerey et de Méon. (Voir au

Glossaire.)

Le roman de la rose - Tome I · 第 131 / 150 题