Vers 3645-3653. _Irese_. Ce mot est ainsi écrit pour la rime.
Il est deux manières de le restituer et partant de le traduire. M.
Francisque Michel n'hésite pas; il le traduit par _Irlandaise_, en vieux
français _Irois, Iroise_, et il cite à l'appui de sa version un passage
de Pierre de l'Estoile en 1606, c'est-à-dire 360 ans et plus après la
mort du romancier. Voici, du reste, sa note:
«Les Irlandais ont toujours eu chez nous la plus détestable réputation,
même avant les événements qui en jetèrent sur notre sol un si grand
nombre. Pierre de l'Estoile écrit à la date de 1606: «Le samedi 2 mai,
furent mis hors de Paris tous les Irlandois, qui estoient en grand
nombre, gens experts en fait de gueuserie, et excellents en cette
science par dessus tous ceux de cette profession, qui est de ne rien
faire et vivre aux dépens du peuple, et aux enseignes du bonhomme Peto
d'Orléans; au reste habile de la main et à faire des enfants, de la
maignée desquels Paris est tout peuplé.»
C'est encore de l'érudition pour le plaisir d'en faire. Les Irlandais
pouvaient être fort nombreux à Paris du temps d'Henri IV et être à peu
près inconnus du temps de saint Louis. Nous préférons ne voir dans
_Irese_ que l'altération _d'ireuse_, féminin _d'ireux_, coléreux,
acariàtre, mot fort employé aux XIIe et XIIIe siècles, et qu'on
rencontre souvent dans Guillaume Guiard, poète Orléanais du XIVe siècle.
C'est, du reste, l'opinion de Lantin de Damerey et de Méon. (Voir au
Glossaire.)