NOTE 21, _pages_ 64-65. [p.294]

Vers 996-993. _Novel-Penser_, inconstance, infidélité, nouvelles amours.

NOTE 22, _pages_ 66-67.

Vers 1022-1019. _Teches_, qualités bonnes ou mauvaises.

M. Francisque Michel traduit ce mot par _manières_. C'est une erreur.

Remarquons en passant, et nous aurons maintes occasions de le signaler,

qu'il est assez léger dans ses traductions.

NOTE 23, _pages_ 70-69.

Vers 1076-1070. _Poignent_, piquent, percent. On connaît le proverbe:

Poignez vilain, il vous oindra,

Oignez vilain, il vous poindra.

NOTE 24, _pages_ 70-71.

Vers 1077-1071. _Dusques as os_, jusques aux os.

Ici nous avons sacrifié l'harmonie à la fidélité. Nous avons tenu à

conserver cette cacophonie caractéristique. Le lecteur nous excusera

sans doute en observant que nous n'avons fait que reproduire la faute de

l'original. Une bonne traduction, à notre avis, doit, tout en essayant

de reproduire les qualités, ne pas chercher à atténuer quand même tous

les défauts. Nous aurons l'occasion de le faire remarquer,

malheureusement bien souvent, dans le poème [p.295] de Jehan de Meung,

qui a trop sacrifié la forme au fond.

NOTE 25, _pages_ 70-71.

Vers 1096-1090. _Estoires_.

M. Francisque Michel traduit ce mot par: _représentations figurées_.

C'est une glose vraisemblable, mais non la traduction du mot. _Estoire_

n'a jamais signifié qu'_histoire_, ou dans une autre acception: flotte

de guerre, du latin _storium_.

NOTE 26, _pages_ 70-71.

Vers 1103-1097.

_Richesse avait riche ceinture_.

On trouve souvent, dans les anciens comptes, des mentions de ceintures

aussi précieuses que celle de Richesse. Pour n'en citer qu'une seule,

dans un rôle des Archives royales d'Angleterre, relatif aux noces de

Jeanne, troisième fille d'Edouard Ier, il est question d'une ceinture

magnifique, toute d'or, avec rubis et éméraudes, achetée à Paris par

l'ordre du roi et de la reine, pour la somme de trente-sept livres

sterling douze schillings. (Francisque Michel.)

NOTE 27, _pages_ 78-79.

Vers 1213-1209.

Du bon roi Artus de Bretaigne.

Artus, roi de la Grande-Bretagne, surnommé le Bon, étoit fils

d'Uterpandragon et de la reine Yvergne. [p.296] Il épousa Genièvre,

fille de Léodogand, roi de Tamélide. Cette princesse, qui passoit pour

un modèle de sagesse, ne put résister aux charmes du fameux Lancelot du

Lac, fils du roi Ban de Benoist. Cette folle amour coûta la vie à plus

de cent mille hommes et au bon roi Artus, l'an 541. Il portoit d'azur à

treize couronnes d'or. Son épée, dont il est si souvent parlé dans le

Roman de Lancelot, s'appeloit _Escalibor_, qui en hébreu signifie

tranche fer et acier. (Lantin de Damery.)

NOTE 28, _pages_ 78-79.

Vers 1230-1228.

Et n'avait pas nez d'Orléan.

Les Camus d'Orléans sont mentionnés dans un catalogue de proverbes

publié, d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale n° 1830, par

Legrand d'Aussy, dans son _Histoire de la vie privée des Français_,

édition de 1815, tome III, pages 403-405. En lisant auparavant, pages 3

et 15, ce qui s'y trouve sur le vin de Rebrechien, localité de cette

province, célèbre sous ce rapport, on est tenté de penser que nos

ancêtres expliquaient ce nom par l'ancien adjectif _rebrichiè_, mais il

semble qu'au contraire il ait voulu dire _retroussé_. Dans un portrait

du démon tracé par un trouvère:

Lonc ot le nés et rebrichiès en son.

C'est-à-dire retroussé à son extrémité. (Voir le _Roman d'Auberi de

Bourgoing_, manusc. de la Bibliothèque nationale, n° 72275, f° 247

verso.) (Francisque Michel.)

Simon Rouzeau dans son poème [p.297]: _L'hercule guespin_, donne à Rebrechien

l'étymologie de: _Area Bacchi_, champ de Bacchus.

NOTE 29, _pages_ 80-81.

Vers 1264-1262. _Gundesorres_, Windsor, ville d'Angleterre.

NOTE 30, _pages_ 80-81.

Vers 1265-1363.

Ci parle l'Aucteur de Courtoisie

Qui est courtoise et de tous prisie.

Ces deux vers sont faux, chose rare dans l'édition de Méon. Il est

probable qu'il y avait au premier vers: _Ci dict_, et au second: _Moult

courtoise et de tous prisie_. Toutefois nous avons tenu à ne rien

changer, quoique le sens ne soit pas douteux.

NOTE 31, _pages_ 81-83.

Vers 1281-1279.

Est avers les autres estoiles

Qui ne resemblent que chandoiles.

Cette comparaison, qui déjà figure quelques chapitres auparavant, est

une négligence que l'auteur n'eût pas manqué de faire disparaître s'il

eût pu réviser son oeuvre.

Le roman de la rose - Tome I · 第 123 / 150 题