GLOSE.

L'_Amant_, admis de nouveau dans l'intimité de sa chère maîtresse,

contemple d'un oeil avide tous ses charmes, et se plaît à reconnaître

qu'elle est plus belle que jamais. Il s'approche, lui prend la main, et

dans une muette extase nos deux amoureux se contemplent ravis.

L'_Amant_, pour cimenter leur paix, ose pousser la hardiesse jusqu'à

demander un baiser, un seul baiser. La belle refuse timidement, car la

pudeur la retient encore. Mais elle ne peut détacher ses yeux de son

amant qui, à tous les avantages physiques que la nature lui prodigua,

joint une loyauté sans bornes, et dans un moment d'oubli laisse

l'audacieux cueillir sur ses lèvres un tendre baiser, ce premier aveu

d'un mutuel amour.

Mais le bonheur n'est pas facile à dissimuler. Bientôt les mauvaises

langues commencent à jaser sur leur compte, et, comme le bonheur a

toujours des envieux, les jaloux surgissent de tous côtés. Ils font tant

qu'ils viennent bouleverser la félicité des deux amants.

Le roman de la rose - Tome I · 第 31 / 150 题