Toutefois, la cruelle s'apitoie sur le sort d'un amant si constant et si
malheureux. Elle se dit en [p. XLIV] elle-même que si elle ne l'aime
pas, franchement ce n'est pas une raison pour le haïr et lui faire tant
de peine, et elle se radoucit insensiblement, au point d'oublier le
danger et d'accepter de nouveau les hommages de son adorateur.
«Puisqu'il a juré, se dit-elle, de m'aimer loyalement, pourquoi le faire
souffrir de la sorte? Du reste, le laisser me voir à son aise et me
parler, cela n'engage à rien.» C'est alors que pour le consoler
l'imprudente l'autorise par ses tendres avances à lui faire de nouveau
la cour.