GLOSE.

Malgré tout, l'_Amant_ ne parvient pas à calmer ses blessures cuisantes,

car il ne peut toucher le coeur de la belle. Un moment il songe à

prendre un parti désespéré, celui de précipiter le dénoûment en se

déclarant ouvertement. Mais au moment où il croit tout perdu, son amante

elle-même vient à son secours. Touchée de tant d'amour, elle daigne

enfin accueillir sa tendresse et cherche par de légères avances à

consoler ce pauvre amant. Celui-ci, transporté, se déclare alors et la

supplie de ne pas borner là ses faveurs. Hélas! la pauvrette a cédé trop

légèrement aux premières inspirations de son coeur, et soudain, voyant

dans quelle voie périlleuse elle vient de s'engager, pendant qu'il en

est temps encore, elle rompt avec le malheureux et l'econduit.

[p. XL]

CHAPITRES XXI A XXIII.

L'_Amant_, une fois seul, rentre en lui-même, comprend sa folie, et

tombe dans une morne tristesse. C'est alors que _Raison_ vient à son

secours. Elle cherche à lui prouver combien cette folle amour le doit

faire souffrir, et sans aucun espoir de posséder la _Rose_. «Résiste

donc, lui dit-elle, et si tu as du courage, renie _Dieu d'Amours_, qui

te rend si malheureux, et oublie la _Rose_.» L'_Amant_ indigné traite

_Raison_ assez durement, et lui reproche avec amertume d'oser lui donner

des conseils aussi perfides. Il finit en lui disant: «Je veux aimer, tel

est mon plaisir, et vos conseils sont hors de saison.»

_Raison_ part et laisse l'_Amant_ en proie à ses douleurs. Heureusement

il se souvient qu'il a un _Ami_ loyal et bon. Il se rend aussitôt auprès

de lui.

Le roman de la rose - Tome I · 第 25 / 150 题