Du choix des chefs de corps.--Rupture de l'armistice.--Trahison de
Jomini.--Combats en Silésie sur le Bober.--Épisodes divers.--Douloureux
échec.
L'empereur des Français avait divisé son armée en quatorze corps, dits
d'infanterie, bien qu'ils eussent chacun une division ou au moins une
brigade de cavalerie légère. Les généraux en chef furent: pour le
premier corps, Vandamme; pour le 2e le maréchal Victor; 3e, maréchal
Ney; 4e, général Bertrand; 5e, général Lauriston; 6e, maréchal Marmont;
7e, général Reynier; 8e, prince Poniatowski; 9e, maréchal Augereau; 10e
(enfermé dans Danzig), le général Rapp; 11e, maréchal Macdonald; 12e,
maréchal Oudinot; 13e, maréchal Davout; 14e maréchal Saint-Cyr; enfin la
garde, sous les ordres directs de l'Empereur. La cavalerie était divisée
en cinq corps ainsi commandés, savoir: le 1er, par le général
Latour-Maubourg; 2e, général Sébastiani; 3e, général Arrighi; 4e,
général Kellermann; 5e, général Milhau. La cavalerie de la garde était
sous les ordres du général Nansouty.
Si l'armée applaudit à quelques-uns de ces choix, tels que ceux de
Davout, Ney, Augereau, Reynier et Saint-Cyr, elle regrettait de voir des
commandements importants: à Oudinot, qui avait commis plus d'une erreur
dans la campagne de Russie; à Marmont, qui par trop de précipitation
venait de perdre la bataille des Arapiles; à Sébastiani, qui semblait
au-dessous d'une telle tâche; enfin, elle se plaignit que pour une
campagne qui devait décider du sort de la France, l'Empereur _essayât_
les talents stratégiques de Lauriston et de Bertrand. Le premier était
un bon artilleur; le second, un excellent ingénieur; mais n'ayant ni
l'un ni l'autre dirigé des troupes sur le terrain, ils étaient par
conséquent dans l'impossibilité formelle de mener un corps d'armée.
Napoléon, se rappelant que lorsqu'il fut nommé général en chef de
l'armée d'Italie, il n'avait encore commandé que quelques bataillons, ce
qui ne l'empêcha pas de conduire une armée dès son début, crut
probablement que Lauriston et Bertrand pourraient faire de même; mais
les hommes universels comme Napoléon sont fort rares, et il ne pouvait
espérer en rencontrer de tels dans ces nouveaux chefs de corps. C'est
ainsi que l'affection personnelle qu'il vouait à ces généraux l'entraîna
dans l'erreur qu'il avait déjà commise en confiant une armée à
l'artilleur Marmont.
En vain on discutera sur ce point; l'histoire des guerres passées nous
prouve que pour être général en chef, les théories ne suffisent pas, et
que, à _très peu_, mais _très peu d'exceptions près_, il faut avoir
servi dans les régiments d'infanterie ou de cavalerie et y avoir
commandé comme _colonel_ pour être à même de bien diriger des masses de
troupes, car c'est un apprentissage que très peu d'hommes peuvent bien
faire comme officiers généraux, surtout comme chefs d'armée. Jamais
Louis XIV ne confia en rase campagne le commandement d'un corps de
troupes au maréchal de Vauban, qui était cependant un des hommes les
plus capables de son siècle, et, si on le lui eût offert, il est à
présumer que Vauban l'eût refusé, pour s'en tenir à sa spécialité,
l'attaque et la défense des places. Marmont, Bertrand et Lauriston
n'eurent pas la même modestie, et l'affection que Napoléon leur portait
l'empêcha d'écouter aucune des observations qu'on lui fit à ce sujet.
Le roi Murat, qui s'était rendu à Naples après la campagne de Russie,
rejoignit l'Empereur à Dresde. Les coalisés, c'est-à-dire les
Autrichiens, Russes et Prussiens, ouvrirent la campagne par un manque de
bonne foi indigne des nations civilisées. Bien que, aux termes de la
dernière convention, les hostilités ne dussent commencer que le 16 août,
ils attaquèrent nos avant-postes le 14 et mirent la plus grande partie
de leurs troupes en marche, par suite de la trahison de Jomini.
Jusqu'à ce jour, on n'avait vu que deux généraux saxons, Thielmann et
Langueneau, s'avilir au point de passer à l'ennemi; mais l'uniforme de
général français était encore exempt d'une telle tache. Ce fut un
Suisse, le général Jomini, qui la lui imprima. Ce malheureux était
simple commis, au traitement de 1,200 francs, dans les bureaux du
ministère de la République helvétique, en 1800, lorsque le général Ney
fut envoyé à Berne par le premier Consul pour s'entendre avec le
gouvernement de la Suisse sur les moyens de défense de cet État, alors
notre allié. Les fonctions du commis Jomini, spécialement chargé de la
tenue des registres de situation de la République helvétique, l'ayant
mis en rapport avec le général Ney, celui-ci fut à même d'apprécier ses
moyens, qui étaient grands, et, cédant à ses vives sollicitations, il le
fit admettre comme lieutenant et bientôt comme capitaine dans un
régiment suisse qu'on formait pour le service de la France. Le général
Ney, prenant de plus en plus son protégé en affection, le fit faire
_officier français_, le choisit pour aide de camp, et lui donna le moyen
de publier les ouvrages qu'il écrivait sur l'art de la guerre, ouvrages
qui, bien que trop vantés, ne manquent certainement pas de mérite.
Grâce à cette haute protection, Jomini devint promptement colonel,
général de brigade, et se trouvait chef d'état-major du maréchal Ney
lors de la reprise des hostilités, en 1813. Séduit alors par les
brillantes promesses des Russes et oubliant ce qu'il devait au maréchal
Ney, à l'Empereur, ainsi qu'à la France, sa patrie adoptive, il déserta
en emportant les états de situation de l'armée, ainsi que toutes les
notes relatives au plan de campagne qui allait s'ouvrir, et, de crainte
que, en apprenant sa fuite, Napoléon ne modifiât ses projets, il insista
auprès des alliés pour qu'ils commençassent les hostilités deux jours
avant celui fixé pour la rupture de l'armistice. L'empereur Alexandre,
au grand étonnement de l'Europe, récompensa la trahison de Jomini en le
nommant son aide de camp, ce qui choqua tellement la délicatesse de
l'empereur d'Autriche que, dînant un jour chez Alexandre et apercevant
Jomini au nombre des convives, il s'écria tout haut: «Je sais que les
souverains sont quelquefois dans la nécessité de se servir de
déserteurs, mais je ne conçois pas qu'ils les reçoivent dans leur
état-major et même à leur table!...»
La trahison de Jomini, chef d'état-major du maréchal Ney, ayant fait
tomber aux mains des alliés les ordres de marche dictés par Napoléon,
fut pour celui-ci un coup des plus funestes, car plusieurs de ses corps
d'armée furent attaqués pendant leur mouvement de concentration et
obligés de céder à l'ennemi des positions importantes, faute de temps
pour en préparer la défense.
Cependant, l'Empereur, dont le projet était de se porter en Bohême,
trouvant partout les ennemis prévenus et sur leurs gardes dans cette
direction, résolut de marcher sur l'armée prussienne de Silésie et d'y
faire reprendre l'offensive par les corps français, qui avaient été
forcés de se retirer devant Blücher. En conséquence, Napoléon se rendit,
le 20 août, à Löwenberg, où il attaqua une masse considérable de
coalisés, composée de Prussiens, Russes et Autrichiens. Divers combats
eurent lieu, les 21, 22 et 23, dans les environs de Goldenberg,
Graditzberg et Bunslau. Les ennemis perdirent 7,000 hommes, tués ou
pris, et se retirèrent derrière la Katzbach.
Pendant un des nombreux engagements qui eurent lieu durant ces trois
jours, la brigade Wathiez, qui poursuivait les ennemis, fut arrêtée tout
à coup par un large et bourbeux ruisseau, affluent du Bober. Il
n'existait d'autre passage que deux ponts en bois, situés à un
demi-quart de lieue l'un de l'autre, et que l'artillerie russe couvrait
de boulets. Le 24e de chasseurs, qui était passé sous le commandement du
brave colonel Schneit, ayant reçu l'ordre d'attaquer le pont de gauche,
s'y porta avec son intrépidité habituelle; mais il n'en fut pas de même
du 11e régiment de hussards hollandais, qui, nouvellement admis dans la
brigade, avait pour mission d'enlever le pont de droite. En vain son
colonel, M. Liégeard, bon et brave officier, le seul Français qu'il y
eût dans ce corps, exhorta ses cavaliers à le suivre; pas un ne
bougeait, tant ils étaient dominés par la peur. Mais comme mon régiment,
placé par son tour de service en seconde ligne, recevait presque autant
de boulets que le 11e de hussards, je courus sur le front de ce corps
pour aider le colonel à décider ses cavaliers à fondre sur l'artillerie
ennemie, ce qui était le seul moyen d'en faire cesser le feu, mais
voyant mes efforts infructueux, et prévoyant que la lâcheté des
Hollandais ferait perdre beaucoup de monde à mon régiment, je le fis
passer devant eux et allais le lancer, lorsque je vis le pont de gauche
s'écrouler sous le premier peloton du 24e, dont plusieurs hommes et
chevaux furent noyés. Les Russes, en se retirant, avaient préparé cet
événement, en faisant scier avec une telle habileté les principales
poutres destinées à soutenir le tablier que, à moins d'être prévenu, on
ne pouvait s'en apercevoir.
À la vue de ce funeste accident, je craignis que les ennemis eussent
tendu un piège semblable sur le pont vers lequel je dirigeais la tête de
ma colonne; j'arrêtai un moment sa marche afin de faire examiner le
passage. Cette inspection était très difficile, car non seulement
c'était le pont vers lequel les ennemis braquaient leur artillerie, mais
la fusillade d'un de leurs bataillons le couvrait de balles! J'allais
donc demander un homme de bonne volonté pour cette périlleuse
entreprise, et j'avais la certitude d'en trouver, lorsque l'adjudant
Boivin, que j'avais cassé naguère pour avoir, faute de surveillance,
laissé évader le chasseur condamné à mort, mit pied à terre et vint à
moi en disant «qu'il ne serait pas juste qu'un de ses camarades fût tué
en allant reconnaître le passage, et qu'il me priait de lui permettre de
remplir cette mission, afin de réparer sa faute». Cette noble
détermination me plut, et je répondis: «Allez, monsieur, et vous
retrouverez votre épaulette au bout du pont!...»
Boivin, s'avançant alors avec calme, au milieu des boulets et des
balles, examine le tablier du pont, descend au-dessous et revient me
donner l'assurance que tout est solide et que le régiment peut
passer!... Je lui rendis son grade; il reprit son cheval, et, se plaçant
en tête de l'escadron qui allait franchir le pont, il marcha le premier
sur les Russes, qui n'attendirent pas notre attaque et se retirèrent
promptement. L'Empereur ayant, le mois suivant, passé la revue du
régiment et fait plusieurs promotions, je fis nommer M. Boivin
sous-lieutenant.
Notre nouveau général, M. Wathiez, sut acquérir, dans ces divers
combats, l'estime et l'affection des troupes. Quant au général Exelmans,
commandant de la division, nous ne le connaissions encore que par la
voix publique de l'armée qui nous avait informés de sa brillante valeur;
mais elle le signalait aussi pour manquer souvent d'esprit de suite dans
le commandement. Nous en eûmes la preuve dans le fait suivant, qui
signala la reprise des hostilités.
Au moment où la division exécutait une retraite que mon régiment devait
couvrir, le général Exelmans, sous prétexte de tendre un _piège_ à
l'avant-garde prussienne, m'ordonne de mettre à sa disposition ma
compagnie d'élite et mes 25 plus habiles tirailleurs, dont il confie le
commandement au chef d'escadrons Lacour; puis il place ces 150 hommes au
milieu d'une plaine entourée de bois, et après avoir défendu de bouger
sans son ordre, il s'en va et les oublie complètement!... Les ennemis
arrivent, et, voyant le détachement ainsi abandonné, ils s'arrêtent, de
crainte qu'on ne l'ait mis là afin de les attirer dans une embuscade.
Pour s'en assurer, ils font glisser isolément quelques hommes à droite
et à gauche dans les bois, et, n'entendant aucun coup de feu, ils en
augmentent insensiblement le nombre, au point d'environner entièrement
nos cavaliers! En vain quelques officiers font observer au commandant
Lacour que cette marche enveloppante a pour but de lui couper la
retraite; Lacour, très brave militaire, mais n'ayant aucune initiative,
s'en tient à la lettre de l'ordre qu'il avait reçu, sans penser que le
général Exelmans l'a peut-être oublié, qu'il serait bon de l'envoyer
prévenir et de faire tout au moins reconnaître le terrain par lequel il
pourra se retirer. On lui a dit de rester _là_, il y restera, dussent
ses hommes y être pris ou périr.
Pendant que le chef d'escadrons Lacour exécutait sa consigne plutôt en
simple sergent qu'en officier supérieur, la division s'éloignait!... Le
général Wathiez et moi, ne voyant pas revenir le détachement, et ne
sachant où trouver Exelmans qui galopait à travers champs, avions de
sinistres pressentiments. Je demande alors et obtiens du général Wathiez
de retourner vers le commandant Lacour. Je pars au grand galop avec un
escadron, et j'arrive pour être témoin d'un spectacle affreux, surtout
pour un chef de corps qui aime ses soldats!
Les ennemis, après avoir débordé les deux flancs et même les derrières
de notre détachement, l'avaient fait charger de front par des forces
infiniment supérieures, si bien que 700 à 800 lanciers prussiens
entouraient nos 150 hommes, qui, pour comble de malheur, n'avaient pour
toute retraite qu'une mauvaise passerelle en planches, posée sur le
ruisseau très encaissé d'un moulin voisin!... Nos cavaliers ne pouvaient
marcher que _par un_ dans cet étroit défilé. Il y eut donc encombrement,
et ma compagnie d'élite perdit plusieurs hommes. Un grand nombre de
chasseurs, apercevant alors une immense cour, pensèrent qu'elle avait
issue sur le ruisseau, et, dans l'espoir de trouver un pont, ils
s'engagèrent dans ce passage, où tout le détachement les suivit. Le
ruisseau longeait en effet la cour, mais il formait en cet endroit la
retenue du moulin, dont les berges étaient soutenues par de larges
dalles glissantes, ce qui en rendait l'accès extrêmement difficile pour
les chevaux et donnait un avantage immense aux ennemis, qui, pour
assurer la capture de tous les Français entrés dans cette vaste cour, en
avaient fermé les portes.
Ce fut en ce moment critique que je parus de l'autre côté du ruisseau
avec l'escadron de renfort que j'avais amené à la hâte. Je lui fis
mettre pied à terre, quatre chevaux étant tenus par un seul homme; tous
les autres cavaliers, armés de leurs carabines, coururent à la
passerelle que gardait un escadron de Prussiens. Mais ceux-ci, restés à
cheval et n'ayant que quelques pistolets pour toute arme de jet, ne
purent résister au feu bien nourri des nombreuses carabines de nos
chasseurs. Aussi furent-ils contraints de s'éloigner de quelques
centaines de pas, en laissant sur le terrain une quarantaine de blessés
et de morts.
Ceux de mes cavaliers qui étaient enfermés dans la cour voulurent
profiter de ce moment de répit pour forcer la grande porte en faisant à
cheval une vigoureuse sortie; mais je leur criai de n'en rien faire,
parce que cet acte de vigueur ne les eût pas sauvés, car, pour me
rejoindre, ils auraient été dans l'obligation d'aller avec leurs chevaux
franchir le ruisseau sur la passerelle, ce qu'ils n'auraient pu exécuter
qu'en marchant un par un, en prêtant le flanc et tournant le dos aux
Prussiens, qui n'auraient pas manqué de les charger et de les exterminer
pendant ce mouvement. Le rivage était garni d'arbres de rivière, au
milieu desquels les fantassins pouvaient braver impunément une nombreuse
cavalerie. Je plaçai donc en tirailleurs le long du ruisseau les hommes
de l'escadron qui avaient déjà mis pied à terre, et, dès qu'ils furent
en communication avec la cour du moulin, je fis dire à ceux qui s'y
trouvaient de mettre également pied à terre, de prendre leurs carabines,
et, pendant que cent d'entre eux tiendraient par leurs feux les ennemis
à distance, les autres, se glissant derrière la ligne des tireurs, se
passeraient de main en main les chevaux jusqu'au delà de la passerelle.
Pendant que ce mouvement, couvert par un cordon de 180 tirailleurs à
pied, s'exécutait avec le plus grand ordre, les lanciers prussiens,
furieux de voir leur proie près de leur échapper, essayèrent de
troubler notre retraite par une vigoureuse attaque; mais leurs chevaux
embarrassés par les branchages des saules, par des flaques d'eau, des
trous nombreux, et pouvant à peine avancer au petit pas sur ce terrain
fangeux, ne parvinrent jamais à joindre nos tirailleurs à pied, dont le
feu bien ajusté, exécuté à très petite distance, leur fit éprouver une
grande perte!...
Cependant, le major prussien qui commandait cette charge, poussant
audacieusement sur le milieu de notre ligne, cassa d'un coup de pistolet
la tête au lieutenant Bachelet, un des bons officiers de mon régiment.
Je regrettai vivement M. Bachelet, qui fut promptement vengé par les
chasseurs de son peloton, car le major prussien, percé de plusieurs
balles, tomba mort auprès de lui!
La chute de leur chef, les nombreuses pertes qu'ils venaient d'éprouver,
et surtout l'impossibilité de nous joindre, déterminèrent les ennemis à
renoncer à leur entreprise; ils se retirèrent. Je fis relever les
blessés et exécutai ma retraite sans être suivi. Mon régiment perdit
dans cette déplorable affaire un officier et neuf cavaliers tués; treize
avaient été faits prisonniers. Le lieutenant Maréchal était au nombre de
ces derniers. La perte de ces vingt-trois hommes me déchira le cœur avec
d'autant plus de raison qu'elle était inutile et qu'elle portait
entièrement sur les plus intrépides guerriers du corps, dont la plupart
étaient désignés pour la décoration ou l'avancement. Je ne pus jamais me
consoler du chagrin que me causa ce rude échec! Il acheva de nous
indisposer à l'égard d'Exelmans. Il en fut quitte pour être réprimandé
par le général Sébastiani et par l'Empereur, auprès duquel le
recommandait d'ailleurs l'amitié de Murat. Le vieux général
Saint-Germain, ancien colonel et même créateur du 23e de chasseurs,
pour lequel il avait conservé beaucoup d'affection, ayant dit hautement
qu'Exelmans méritait un châtiment exemplaire, ces généraux se prirent de
querelle et en seraient venus aux mains si l'Empereur ne s'y fût
personnellement opposé. Le commandant Lacour, dont l'inhabileté avait si
grandement contribué à cette catastrophe, perdit de ce jour ma
confiance.