CHAPITRE XVIII

La brigade Corbineau rejoint le 2e corps.--Fausse démonstration en aval

de Borisoff et passage de la Bérésina.

Vous devez vous souvenir que, quand le général bavarois comte de Wrède

s'éloigna sans autorisation du 2e corps, il avait emmené la brigade de

cavalerie Corbineau, en trompant ce général, auquel il assura avoir reçu

des ordres à cet effet, ce qui n'était pas. Eh bien, cette supercherie

eut pour résultat de sauver l'Empereur et les débris de sa Grande Armée!

En effet, Corbineau, entraîné malgré lui dans une direction opposée à

celle du 2e corps dont il faisait partie, avait suivi le général de

Wrède jusqu'à Gloubokoé; mais là, il avait déclaré qu'il n'irait pas

plus loin, à moins que le général bavarois ne lui montrât l'ordre qu'il

prétendait avoir de garder sa brigade auprès de lui. Le comte de Wrède

n'ayant pu satisfaire à cette demande, le général Corbineau se sépara de

lui, gagna vers Dockchtsoui les sources de la Bérésina; puis, longeant

sa rive droite, il espérait atteindre Borisoff, y passer la rivière sur

le pont et, prenant la route d'Orscha, aller au-devant du corps

d'Oudinot, qu'il supposait être dans les environs de Bobr.

On a reproché à l'Empereur, qui avait plusieurs milliers de Polonais du

duché de Varsovie à son service, de n'en avoir pas, dès le commencement

de la campagne, placé quelques-uns comme interprètes auprès de chaque

officier général et même de chaque colonel, car cette sage mesure aurait

fait éviter bien des erreurs et rendu le service infiniment plus exact.

On en eut la preuve dans la périlleuse course de plusieurs jours que la

brigade Corbineau fut obligée de faire dans un pays nouveau pour elle,

dont aucun Français ne connaissait la langue; car fort heureusement,

parmi les trois régiments commandés par ce général, se trouvait le 8e de

lanciers polonais, dont les officiers tiraient des habitants tous les

renseignements nécessaires. Cet avantage immense servit merveilleusement

Corbineau.

En effet, comme il était parvenu à une demi-journée de Borisoff, des

paysans ayant informé ses lanciers polonais que l'armée russe de

Tchitchakoff occupait cette ville, Corbineau désespérait de parvenir à

traverser la Bérésina, lorsque ces mêmes paysans, l'engageant à

rétrograder, conduisirent sa colonne en face de Studianka, petit village

situé non loin de Weselowo, à quatre lieues en amont de Borisoff, et

devant lequel se trouvait un gué. Les trois régiments de cavalerie de

Corbineau le traversèrent sans pertes, et ce général, se dirigeant

ensuite à travers champs, en évitant habilement d'approcher de Borisoff,

de même que des troupes de Wittgenstein, établies à Roghatka, passa

entre-deux et rejoignit enfin le maréchal Oudinot, le 23 au soir, près

de Natscha.

La marche hardie que venait de faire Corbineau fut glorieuse pour lui et

on ne peut plus heureuse pour l'armée, car l'Empereur, ayant reconnu

l'impossibilité physique de rétablir promptement le pont de Borisoff,

résolut, après en avoir conféré avec Corbineau, d'aller traverser la

Bérésina à Studianka. Mais comme Tchitchakoff, informé du passage de la

brigade Corbineau sur ce point, venait d'envoyer une forte division et

beaucoup d'artillerie en face de Studianka, Napoléon employa pour

tromper l'ennemi une ruse de guerre qui, bien que fort ancienne, réussit

presque toujours. Il feignit de n'avoir pas de projet sur Studianka et

de vouloir profiter de deux autres gués situés au-dessous de Borisoff,

dont le moins défavorable est devant le village de Oukoloda. À cet

effet, on dirigea ostensiblement vers ce lieu un des bataillons encore

armés, qu'on fit suivre de plusieurs milliers de traînards, que les

ennemis durent prendre pour une forte division d'infanterie. À la suite

de cette colonne marchaient de nombreux fourgons, quelques bouches à feu

et la division de cuirassiers. Arrivées à Oukoloda, ces troupes tirèrent

le canon et firent tout ce qu'il fallait pour simuler la construction

d'un pont.

Tchitchakoff, prévenu de ces préparatifs et ne doutant pas que le projet

de Napoléon ne fût de franchir la rivière sur ce point pour gagner la

route de Minsk qui l'avoisine, se hâta non seulement d'envoyer par la

rive droite toute la garnison de Borisoff en face d'Oukoloda, mais, par

suite d'une aberration d'esprit inqualifiable, le général russe, qui

avait assez de forces pour garder en même temps le bas et le haut de la

rivière, fit encore descendre vers Oukoloda toutes les troupes placées

la veille par lui en amont de Borisoff, entre Zembin et la Bérésina. Or,

c'est précisément en face de Zembin qu'est situé le village de Weselowo,

dont le hameau de Studianka est une dépendance. Les ennemis

abandonnaient donc le point sur lequel l'Empereur voulait jeter son

pont, et couraient inutilement à la défense d'un gué situé à six lieues

_au-dessous_ de celui que nous allions franchir.

À la faute qu'il commit d'agglomérer ainsi toute son armée en aval de la

ville de Borisoff, Tchitchakoff en ajouta une qu'un sergent n'eût pas

commise et que son gouvernement ne lui a jamais pardonnée. Zembin est

bâti sur un vaste marais, que traverse la route de Wilna par Kamen. La

chaussée de cette route présente vingt-deux ponts en bois que le général

russe, avant de s'éloigner, pouvait, en un moment, faire réduire en

cendres, car ils étaient environnés d'une grande quantité de meules de

joncs secs. Dans le cas où Tchitchakoff eût pris cette sage précaution,

l'armée française devait être perdue sans retour, et il ne lui eût servi

de rien de passer la rivière, puisqu'elle eût été arrêtée par le profond

marais dont Zembin est entouré; mais, ainsi que je viens de le dire, le

général russe nous abandonna les ponts intacts et descendit stupidement

la Bérésina avec tout son monde, ne laissant qu'une cinquantaine de

Cosaques en observation en face de Weselowo.

Pendant que les Russes, trompés par les démonstrations de l'Empereur,

s'éloignaient du véritable point d'attaque, Napoléon donnait ses ordres.

Le maréchal Oudinot et son corps d'armée doivent se rendre la nuit à

Studianka, pour y faciliter l'établissement de deux ponts, passer

ensuite sur la rive droite et se former entre Zembin et la rivière. Le

duc de Bellune, partant de Natscha, doit faire l'arrière-garde, pousser

devant lui tous les traînards, tâcher de défendre Borisoff pendant

quelques heures, se rendre ensuite à Studianka et y passer les ponts.

Tels furent les ordres de l'Empereur, dont les événements empêchèrent la

stricte exécution.

Le 25 au soir, la brigade Corbineau, dont le chef connaissait si bien

les environs de Studianka, se dirigea vers ce lieu en remontant la rive

gauche de la Bérésina. La brigade Castex et quelques bataillons légers

marchaient à sa suite; puis venait le gros du 2e corps. Nous quittâmes à

regret la ville de Borisoff, où nous avions passé si heureusement deux

journées. Il semblait que nous eussions un triste pressentiment des

maux qui nous étaient réservés.

Le 26 novembre, au point du jour, nous étions à Studianka, et l'on

n'apercevait, à la rive opposée, aucun préparatif de défense, de sorte

que si l'Empereur eût conservé l'équipage de ponts qu'il avait fait

brûler quelques jours avant à Orscha, l'armée eût pu franchir la

Bérésina sur-le-champ. Cette rivière, à laquelle certaines imaginations

ont donné des dimensions gigantesques, est tout au plus large comme la

rue Royale, à Paris, devant le ministère de la marine. Quant à sa

profondeur, il suffira de dire que les trois régiments de cavalerie de

la brigade Corbineau l'avaient traversée à gué, sans accident,

soixante-douze heures avant, et la franchirent de nouveau le jour dont

je parle. Leurs chevaux ne perdirent point pied ou n'eurent à nager que

pendant deux ou trois toises. Le passage n'offrait en ce moment que de

légers inconvénients pour la cavalerie, les chariots et l'artillerie. Le

premier consistait en ce que les cavaliers et conducteurs avaient de

l'eau jusqu'aux genoux, ce qui, néanmoins, était supportable, puisque

malheureusement le froid n'était pas assez vif pour geler la rivière,

qui charriait à peine quelques rares glaçons: mieux eût valu pour nous

qu'elle fût prise à plusieurs degrés. Le second inconvénient résultait

encore du peu de froid qu'il faisait, car une prairie marécageuse, qui

bordait la rive opposée, était si fangeuse, que les chevaux de selle y

passaient avec peine et que les chariots enfonçaient jusqu'à la moitié

des roues.

L'esprit de corps est certainement fort louable, mais il faut savoir le

modérer, et même l'oublier, dans les circonstances difficiles. C'est ce

que ne surent pas faire, devant la Bérésina, les chefs de l'artillerie

et du génie, car chacun de ces deux corps éleva la prétention de

construire _seul_ les ponts, de sorte qu'ils se contrecarraient

mutuellement, et rien n'avançait, lorsque l'Empereur, étant arrivé le

26, vers midi, termina le différend en ordonnant qu'un des deux ponts

serait établi par l'artillerie et l'autre par le génie. On arracha à

l'instant les poutres et les voliges des masures du village, et les

sapeurs, ainsi que les artilleurs, se mirent à l'ouvrage.

Ces braves soldats donnèrent alors une preuve de dévouement dont on ne

leur a pas assez tenu compte. On les vit se jeter tout nus dans les eaux

froides de la Bérésina et y travailler constamment pendant six ou sept

heures, bien qu'on n'eût pas une seule goutte d'eau-de-vie à leur donner

et qu'ils ne dussent avoir pour lits, la nuit suivante, qu'un champ

couvert de neige!... Aussi presque tous périrent-ils lorsque les grandes

gelées arrivèrent.

Pendant qu'on travaillait à la construction des ponts et que mon

régiment, ainsi que toutes les troupes du 2e corps, attendaient sur la

rive gauche l'ordre de traverser la rivière, l'Empereur, se promenant à

grands pas, allait d'un régiment à l'autre, parlant aux soldats comme

aux officiers. Murat l'accompagnait. Ce guerrier si brave, si

entreprenant, et qui avait accompli de si beaux faits d'armes lorsque

les Français victorieux se portaient sur Moscou, le fier Murat s'était

pour ainsi dire éclipsé depuis qu'on avait quitté cette ville, et il

n'avait, pendant la retraite, pris part à aucun combat. On l'avait vu

suivre l'Empereur en silence, comme s'il eût été étranger à ce qui se

passait dans l'armée. Il parut néanmoins sortir de sa torpeur en

présence de la Bérésina et des seules troupes qui, s'étant maintenues en

ordre, constituaient en ce moment le dernier espoir de salut.

Comme Murat aimait beaucoup la cavalerie et que, des nombreux escadrons

qui avaient passé le Niémen, il ne restait plus que ceux du corps

d'Oudinot, il dirigea les pas de l'Empereur de leur côté. Napoléon

s'extasia sur le bel état de conservation de cette troupe en général et

de mon régiment en particulier, car il était à lui seul plus fort que

plusieurs brigades. En effet, j'avais encore plus de 500 hommes à

cheval, tandis que les autres colonels du corps d'armée n'en comptaient

guère que 200! Aussi, je reçus de l'Empereur de très flatteuses

félicitations, auxquelles mes officiers et mes soldats eurent une large

part.

Ce fut en ce moment que j'eus le bonheur de voir venir à moi Jean

Dupont, le domestique de mon frère, ce serviteur dévoué dont le zèle, le

courage et la fidélité furent à toute épreuve. Resté seul, après que son

maître eut été fait prisonnier dès le début de la campagne, Jean suivit

à Moscou le 16e de chasseurs, fit toute la retraite en soignant et

nourrissant les trois chevaux de mon frère Adolphe, et il n'en voulut

pas vendre un seul, malgré les offres les plus séduisantes. Ce brave

garçon vint me joindre après cinq mois de fatigues et de misères,

rapportant tous les effets de mon frère; mais en me les montrant, il me

dit, les larmes aux yeux, qu'ayant usé sa chaussure et se voyant réduit

à marcher pieds nus sur la glace, il s'était permis de prendre une paire

de bottes de son maître. Je gardai à mon service cet homme estimable,

qui me fut d'une bien grande utilité, lorsque, quelque temps après, je

fus blessé derechef au milieu des plus horribles jours de la grande

retraite.

Mais revenons au passage de la Bérésina. Non seulement tous nos chevaux

traversèrent cette rivière facilement, mais nos cantiniers la

franchirent avec leurs charrettes, ce qui me fit penser qu'il serait

possible, après avoir dételé plusieurs des nombreux chariots qui

suivaient l'armée, de les fixer dans la rivière les uns à la suite des

autres, afin de former divers passages pour les fantassins, ce qui

faciliterait infiniment l'écoulement des masses d'hommes isolés qui le

lendemain se presseraient à l'entrée des ponts. Cette idée me parut si

heureuse que, bien que mouillé jusqu'à la ceinture, je repassai le gué

pour la communiquer aux généraux de l'état-major impérial. Mon projet

fut trouvé bon, mais personne ne bougea pour aller en parler à

l'Empereur. Enfin, le général Lauriston, l'un de ses aides de camp, me

dit: «Je vous charge de faire exécuter cette passerelle dont vous venez

de si bien expliquer l'utilité.» Je répondis à cette proposition,

vraiment inacceptable, que n'ayant à ma disposition ni sapeurs, ni

fantassins, ni outils, ni pieux, ni cordages, et ne devant pas

d'ailleurs abandonner mon régiment, qui, placé sur la rive droite,

pouvait être attaqué d'un moment à l'autre, je me bornais à lui donner

un avis que je croyais bon et retournais à mon poste!... Cela dit, je me

remis à l'eau et rejoignis le 23e.

Cependant, les sapeurs du génie et les artilleurs ayant enfin terminé

les deux ponts de chevalets, on fit passer l'infanterie et l'artillerie

du corps d'Oudinot, qui, dès leur arrivée sur la rive droite, allèrent

placer leurs bivouacs dans un grand bois situé à une demi-lieue, au delà

du hameau de Zawniski, où la cavalerie reçut ordre d'aller les

rejoindre. Nous observions ainsi Stakowo[10] et Dominki, où aboutit la

grande route de Minsk, par laquelle le général Tchitchakoff avait emmené

toutes ses troupes vers la basse Bérésina, et qu'il devait reprendre

nécessairement pour se reporter sur nous en apprenant que nous avions

franchi la rivière auprès de Zembin.

Le 27 au soir, l'Empereur passa les ponts avec sa garde et vint

s'établir à Zawniski, où la cavalerie reçut l'ordre d'aller les

rejoindre. Les ennemis n'y avaient pas paru.

On a beaucoup parlé des désastres qui eurent lieu sur la Bérésina; mais

ce que personne n'a dit encore, c'est qu'on eût pu en éviter la plus

grande partie, si l'état-major général, comprenant mieux ses devoirs,

eût profité de la nuit du 27 au 28 pour faire traverser les ponts aux

bagages et surtout à ces milliers de traînards qui le lendemain

obstruèrent le passage. En effet, après avoir bien établi mon régiment

au bivouac de Zawniski, je m'aperçus de l'absence d'un cheval de bât

qui, portant la petite caisse et les pièces de comptabilité des

escadrons de guerre, n'avait pu être risqué dans le gué. Je pensais donc

que le conducteur et les cavaliers qui l'escortaient avaient attendu que

les ponts fussent établis. Ils l'étaient depuis plusieurs heures, et

cependant ces hommes ne paraissaient pas! Alors, inquiet sur eux aussi

bien que sur le dépôt précieux qui leur était confié, je veux aller en

personne favoriser leur passage, car je croyais les ponts encombrés. Je

m'y rends donc au galop, et quel est mon étonnement de les trouver

_complètement déserts!_... Personne n'y passait en ce moment, tandis

qu'à cent pas de là et par un beau clair de lune j'apercevais plus de

50,000 traînards ou soldats isolés de leurs régiments, qu'on surnommait

_rôtisseurs_. Ces hommes, tranquillement assis devant des feux immenses,

préparaient des grillades de chair de cheval, sans se douter qu'ils

étaient devant une rivière dont le passage coûterait le lendemain la vie

à un grand nombre d'entre eux, tandis qu'en quelques minutes ils

pouvaient la franchir sans obstacles dès à présent, et achever les

préparatifs de leur souper sur l'autre rive. Du reste, pas un officier

de la maison impériale, pas un aide de camp de l'état-major de l'armée

ni d'aucun maréchal n'était là pour prévenir ces malheureux et les

pousser au besoin vers les ponts!

Ce fut dans ce camp désordonné que je vis pour la première fois des

militaires revenant de Moscou. Mon âme en fut navrée!... Tous les grades

étaient confondus: plus d'armes, plus de tenue militaire! Des soldats,

des officiers et même des généraux couverts de haillons et n'ayant pour

chaussures que des lambeaux de cuir ou de drap mal réunis au moyen de

ficelles!... Une cohue immense dans laquelle étaient pêle-mêle des

milliers d'hommes de nations diverses, parlant bruyamment toutes les

langues du continent européen, sans pouvoir se comprendre mutuellement!

Cependant, si l'on eût pris dans le corps d'Oudinot ou dans la garde

quelques-uns des bataillons encore en ordre, ils eussent facilement

poussé cette masse au delà des ponts, puisque, en retournant vers

Zawniski, et n'ayant avec moi que quelques ordonnances, je parvins, tant

par la persuasion que par la force, à faire passer deux ou trois mille

de ces malheureux sur la rive droite. Mais un autre devoir me rappelant

vers mon régiment, je dus aller le rejoindre.

En vain, en passant devant l'état-major général et celui du maréchal

Oudinot, je signalai la vacuité des ponts et la facilité qu'il y aurait

à faire traverser les hommes sans armes au moment où l'ennemi ne faisait

aucune entreprise; on ne me répondit que par des mots évasifs, chacun

s'en rapportant à son collègue du soin de diriger cette opération[11].

Revenu au bivouac de mon régiment, je fus heureusement surpris d'y

trouver le brigadier et les huit chasseurs qui, pendant la campagne,

avaient eu la garde de notre troupeau. Ces braves gens se désolaient de

ce que la foule des _rôtisseurs_, s'étant jetée sur leurs bœufs, les

avait tous dépecés et mangés sous leurs yeux, sans qu'ils pussent s'y

opposer. Le régiment se consola de cette perte, car chaque cavalier

avait pris à Borisoff pour _vingt-cinq jours_ de vivres.

Le zèle de mon adjudant, M. Verdier, l'ayant poussé à retourner au delà

des ponts pour tâcher de découvrir les chasseurs gardiens de notre

comptabilité, ce brave militaire s'égara dans la foule, ne put repasser

la rivière, fut fait prisonnier dans la bagarre du lendemain, et je ne

le revis que deux ans après.

Mémoires du général baron de Marbot (3/3) · 第 58 / 84 题