_A Monsieur le maréchal prince d’Essling, Commandant-en-chef, l’armée
de Portugal, Paris, le 22 Décembre, 1810._
Je vous expédie, Prince, le général Foy que l’Empereur a nommé
général de division; je vous envoie les moniteurs; vous y verrez que
nous apprenons par les nouvelles d’Angleterre qu’au 1 Décembre, vous
vous fortifiez dans votre position de Santarem.
L’Empereur met la plus grande importance à ce que vous teniez
constamment en échec les Anglais, à ce que vous ayez des ponts sur le
Zézère et sur le Tage; la saison va devenir bonne pour les opérations
militaires, et vous aurez le moyen de harceler les Anglais et de
leur faire éprouver journellement des pertes. Par les nouvelles
des journaux Anglais, il parait qu’il y a beaucoup de malades dans
leur armée, ils ne comptent que -------- 27 à 28 mille hommes sous
les armes et un effectif de 31 milles, y compris la cavalerie et
l’artillerie. La situation de l’armée Anglaise en Portugal tient
Londres dans une angoise continuelle, et l’Empereur regarde comme un
grand avantage de tenir les Anglais en échec, de les attirer et de
leur faire perdre du monde dans des affaires d’avant-gardes, jusqu’à
ce que vous soyez à même de les engager dans une affaire générale. Je
réitère encore au maréchal duc de Trévise l’ordre de marcher sur le
Tage avec le 5^{me} corps.
Le comte d’Erlon, qui réunit son corps à Ciudad-Rodrigo, va profiter
de ce moment où les pluies cessent pour reprendre l’offensive et
battre tous ces corps de mauvaises troupes que se trouvent sur vos
communications et sur vos flancs.
Vos ponts étant bien assurés sur le Zézère, la ligne de vos
opérations la plus naturelle parait devoir être par la rive gauche de
cette rivière.
Le général Foy, à qui l’Empereur a parlé longtems vous donnera plus
de détails.
Le Prince de Wagram et de Neuchâtel,
Major-Général,
(Signé) ALEXANDRE.