FRAGMENT DE LA RÉPONSE DE L’ABBÉ DE P...

Non, je n’ai pas frémi. Il me semble assez prouvé, ma chère enfant, que

vous n’êtes pas une sainte; mais je crois qu’il ne faut pas s’exagérer

les dangers que vous avez courus.

Je crois qu’on peut agir souvent contre son caractère, mais qu’il

revient toujours dans les moments décisifs.

Je crois que c’est une étrange chose qu’une femme en colère, mais que

les mouvements involontaires de l’âme ne sont pas un consentement.

Je crois qu’il est sage de vouloir, mais qu’aimer est plus sûr encore.

Je crois qu’il est des abîmes où l’on se perd, mais qu’il plaît souvent

à Dieu de nous en approcher, parce qu’il n’est de vertu éprouvée que

celle qui a vu le mal de près, et que tout ce qui nous aide à nous

connaître est bon.

Je crois enfin que dans les âmes pures, et peut-être dans le monde

entier, Dieu n’a pas d’autre ennemi que lui-même; mais je crois aussi

que je ne prêcherai jamais sur ce texte ni chez les Indiens ni ailleurs.

Le roman d'une honnête femme · 第 29 / 34 题