Avec Privilege du Roy.
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[Illustration]
MONSEIGNEUR
L'ILLUSTRISSIME CARDINAL
Duc DE RICHELIEU, Chef,
Grand Maistre & Sur-Intendant
Général du Commerce &
Navigation de France.
MONSEIGNEUR, _Ces Relations se presentent à vous;
comme, à celuy auquel elles sont principalement deues, tant à
cause de l'eminente Puissance que vous avez en l'Eglise, & en
l'Estat comme en l'authorité de toute la Navigation, que pour
estre informé ponctuellement de la grandeur, la bonté, & la
beauté des lieux qu'elles vous rapportent. Partant que ce n'est
4/644 pas sans grandes & preignantes causes que les Roys
Predecesseurs de sa Majesté, & elle, non seulement y ont arboré
l'estendart de la Croix, pour y planter la foy comme ils ont
fait, ains encores y ont voulu adjouster le nom de la Nouvelle
France. Vous y verrez les grands & périlleux Voyages qui y ont
esté entreprins, les Descouvertes qui s'en sont ensuivies,
l'estendue de ces terres, non moins grandes quatre fois que la
France, leur disposition, la facilité de l'asseuré et important
Commerce qui s'y peut faire, la grande utilité qui s'en peut
retirer, la possession que nos Roys ont prinse d'une bonne
partie de ces Pays, la mission qu'ils y ont faite de divers
Ordres de Religieux, leur progrès en la conversion de plusieurs
Sauvages, celle du défrichement de quelques unes de ces Terres,
par lequel vous cognoistrez qu'elles ne cèdent en aucune façon
en bonté à celle de la France, et en fin les habitations et
forts qui y ont esté construicts sous le nom François. A la
conservation desquels, comme en une bonne partie de ces
Descouvertes ayant ainsi que j'ay esté assiduement employé
depuis trente ans, tant sous l'auctorité de nos Vice-rois, que
de celle de vostre Grandeur, c'est Monseigneur, ce qui excusera
s'il vous plaist la liberté que je prends de vous offrir ce
petit Traitté: en ceste asseurance qu'il ne vous sera poin
desagréable. Non pour ma consideration propre: Mais bien
seulement pour celle du public: qui faict desja retentir vostre
5/645 nom en toute l'estendue des rivages maritimes de la Terre
habitable, par les acclamations des effects qu'il se promet de
la continuation de la gloire de vos actions: & que comme vostre
Grandeur les a eslevées en terre jusques au dernier degré, par
la Paix qu'elle a procurée en ce Royaume, après tant & de si
heureuses victoires, aussi ne sera elle moins portée à se faire
admirer durant la Paix aux choses qui la concernent. Sur tout
au restablissement du Commerce de France: dans les pays plus
esloygnez; comme le moyen plus asseuré qu'elle ait pour
reflorir de nouveau sous vos heureux auspices. Mais entre ces
nations estranges celles de la Nouvelle France vous tendent
principalement les mains: se figurans avec toute la France que
puisque Dieu vous a constitué d'un costé Prince de l'Eglise, et
de l'autre eslevé aux sureminantes dignitez que vous tenez, non
seulement vous leur redonnerez la lumière de la foy, laquelle
ils respirent continuellement, mais encores releverez et
soustiendrez la possession de ceste Nouvelle Terre, par les
Peuplades et Colonies qui s'y trouverront necessaires, et qu'en
fin Dieu vous ayant choisy expressement entre tous les hommes
pour la perfection de ce grand Oeuvre, il sera entièrement
accomply par vos mains. C'est le souhait que je faits sans
cesse, auquel je joincts encores les offres que je vous
presente du reste de mes ans, que je tiendray tres-heureusement
6/646 et necessairement employez en un si glorieux dessein, si avec
tous mes labeurs passez je puis estre encores honoré des
commandemens qu'attend de vostre Grandeur,