Saint-Germain-l’Auxerrois

[Illustration]

Elle fut ronde comme le temple du Saint-Sépulcre à Jérusalem et ceinte

de fossés que remplirent de leurs cadavres les Normands qui

l’assiégèrent, l’église que fonda, au sixième siècle, à Paris, saint

Landry, sous le vocable de saint Germain d’Auxerre. Celle-là fut

l’aïeule. Cent ans après sa naissance, elle tombait de vétusté; le roi

Robert la jeta bas et en reconstruisit une autre à sa place; celle-là

fut la mère. Elle devint, à son tour, caduque et, au treizième siècle,

sur ses ruines, naquit l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois. Celle-là,

c’est la fille; elle vit encore.

Son enfance fut troublée; elle grandit rapidement d’abord, puis, sa

croissance s’arrêta pendant une centaine d’années et ne reprit qu’après.

Le portail et le chœur étaient achevés à la fin du treizième siècle. Le

quinzième érigea le porche, la nef, les collatéraux du chœur et le

transept; le seizième réédifia les chapelles, changea les dispositions

du chevet, dressa le portail qui s’ouvre à gauche de l’abside sur la rue

de l’Arbre-Sec, déroula devant l’autel un magnifique jubé, bâti par

Pierre Lescot et sculpté par Jean Goujon; et l’église, parvenue à sa

pleine maturité, s’atteste, grâce au voisinage de la Cour, la plus

fastueuse et la plus fréquentée de Paris.

Vint le dix-septième siècle qui, méprisant son allure gothique, omit de

la dénaturer; mais, moins dédaigneux, le dix-huitième siècle, qui la

jugeait de forme désuète, résolut de la rajeunir.

En 1754, le curé et les marguilliers commencèrent par faire démolir le

jubé, mais cette destruction ne modifiait pas la mine restée, pour eux,

barbare, de la nef, et ils recoururent à un nommé Bacarit, architecte

des écuries du Roi, en le priant de la civiliser. Il apprêta un plan, et

le soumit à l’Académie des Beaux-Arts qui, dans un élan d’enthousiasme,

s’écria que cet habile homme «savait marier, de la manière la plus

heureuse, le genre moderne avec le gothique de l’église qu’il avait à

décorer».

Et l’effrayante ganache se mit à l’œuvre. Ne pouvant, à son grand

regret, faute d’argent, tout saccager, il dut se borner à canneler les

colonnes du chœur, à remplacer la flore symbolique des chapiteaux par

d’insignifiantes guirlandes de feuillages et de fleurs, enfin à altérer

les contours des croisées qu’il débarrassa de leurs magnifiques vitraux

pour les habiller d’une claire vitraille qui fit se pâmer tous les

chanoines d’aise.

Et Saint-Germain n’en continua pas moins d’être gothique. Bacarit ne

parvint pas à transmuer la douce orante du moyen âge en une Manon plus

ou moins pieuse; les traits reparaissaient sous le grimage; ne pouvant

obtenir mieux il songea à esquinter l’extérieur et il abattit la flèche

et ses quatre clochetons et installa sur le tronçon demeuré du fût, une

balustrade de pierre qui donna au sommet de la tour l’engageant aspect

d’un balcon; puis, après un tel labeur, il se reposa et s’éteignit sans

doute, chargé d’ans et de gloire, dans la paix du Seigneur, qu’il avait,

avec des travaux de ce genre, si fidèlement servi.

[Illustration]

Débarrassé de son bourreau, Saint-Germain-l’Auxerrois vivait placidement

quand la Révolution surgit. Alors ce fut autre chose. On ne l’affubla

plus de travestis plus ou moins disparates, mais on la dénuda. Ce fut le

pillage; ce après quoi le sanctuaire fut fermé; l’on installa dans ses

dépendances une mairie et l’on usa de sa nef comme d’un hangar pour y

gonfler des ballons. Il semblait que la série des déprédations fût close

lorsque s’effondra le régime des Jacobins; mais Napoléon, qui se mêlait

de tout, s’occupa de ce malchanceux édifice et projeta tout simplement

de le raser. Heureusement qu’il n’eut pas le temps d’exécuter ce dessein

et, en 1837, l’église, réouverte, fut réconciliée par Monseigneur de

Quélen, archevêque de Paris, et l’on s’efforça dès lors, sous prétexte

de panser ses blessures, de les ranimer.

On la para, en effet, de flasques peintures et de redoutables vitres;

mais si déformée, si réparée qu’elle puisse être, elle est encore

charmante; son intérieur est un des plus intimes, des plus vraiment

religieux qui soient à Paris et son extérieur demeure un régal d’art.

Le portail du treizième siècle est encore debout, avec sa baie médiane

datée de ce temps et les deux autres du quinzième siècle; quant aux

sculptures représentant, ainsi que sur presque toutes les façades des

cathédrales, le Jugement dernier, le pèsement des âmes, le sein

d’Abraham, l’enfer des démons, avec l’épisode habituel des vierges sages

et des vierges folles, elles ont disparu ou ne subsistent plus qu’à

l’état d’épaves et de rudiments; mais six grandes statues, rangées dans

les ébrasures de la porte du milieu, ont été refaites et repeintes; à

gauche, en entrant, saint Vincent, diacre et martyr, un livre à la main;

puis un roi barbu portant un sceptre, et une reine que de Guilhermy

croit être Childebert et Ultrogothe, sa femme; à droite, saint Germain

crossé et mitré; sainte Geneviève tenant un cierge qu’un petit diable

placé au-dessus d’elle s’efforce de souffler; enfin un ange souriant, un

flambeau au poing, prêt à rallumer, s’il s’éteint, le cierge de la

sainte.

La voussure, au-dessus des vantaux, détient encore trois cordons de

personnages, anges, démons, ribaudes et vierges; le portail a, en somme,

gardé quelques mots d’une phrase effacée par le temps et qu’il est

facile de reconstituer, car elle est écrite au complet sur la façade des

autres églises, mais le trumeau pilier récemment rétabli au-dessous

d’elle est inexact, car il supporte, au lieu du Christ d’antan, une

vierge neuve.

Si l’on ajoute que des fresques modernes d’un nommé Mottez ont rempli

les espaces demeurés vides, mais que l’on ne discerne plus de cette

inutile peinture que des écailles craquelées de badigeon, l’on aura

ainsi une idée précise du portail, tel qu’il existe à l’heure actuelle.

Il est précédé d’un porche à cinq baies ogivales couronnées de balustres

et de combles fleuronnés, construit, en 1425, par Jean Gaussel. De

toutes les statues qui le peuplent, deux seulement sont authentiques,

toutes les autres ont été fabriquées de nos jours. Ces deux statues

représentent, l’une, située à la fin du porche et faisant face à la

place du Louvre, près de la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois,

un saint François d’Assise énasé et manchot, à la figure mâchurée par

l’âge; l’autre, sise du côté opposé et regardant la grande porte, une

Marie l’Egyptienne enveloppée de ses cheveux qui ont conservé des traces

d’or; elle tient les trois pains qui doivent l’alimenter dans le désert

et penche mélancoliquement une petite tête oisive dont les yeux sont

clos.

Au-dessus de ce porche, se dresse, entre deux élégantes tourelles

carrées, la façade trouée d’une rose flamboyante, terminée par un pignon

triangulaire, planté sur sa pointe, d’un simulacre d’ange. Derrière, le

vaisseau s’étend, flanqué de contreforts, hérissé de gargouilles, habité

par une amusante ménagerie qui exhibe depuis des siècles, entre ciel et

terre, les êtres les plus hétéroclites et les bêtes les plus cocasses.

Il y a de tout dans cette kermesse de la pierre, des mendiants et des

fous, un hippopotame qui rend par la gueule un sauvage; des singes et

des griffons, des ours à muselières, des truies allaitant des

ribambelles de gorets; des rats sortant, ainsi que d’un fromage de

Hollande, de la boule du monde et guettés par un chat, ce qui signifie

sans doute que les brigands qui dévastent la terre seront dévorés par le

Démon.

L’intérieur vaut, lui aussi, que longuement on le visite; tous les

styles s’y coudoient. Il a été tellement défait et refait qu’il paraît

un peu incohérent, mais ce côté hagard est délicieux quand on le compare

à la monotone régularité des églises neuves!

La nef gothique de quatre travées est coupée d’un transept percé d’une

porte à chaque bout; celle de gauche est condamnée, celle de droite

accède à la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, en face du bureau

du Journal des Débats. L’on a installé, au milieu de son allée un

bénitier exécuté par Jouffroy sur les dessins de Mademoiselle de

Lamartine, des mioches paradant autour d’une croix; c’est de l’art pour

la rue Saint-Sulpice, mais il ne dépare pas la misère ornementale des

murs chargés, par un sieur Guichard, d’encombrantes fresques.

Le long de la nef et du chœur, à partir de l’entrée, de nombreuses

chapelles s’enfoncent entre les contreforts des murs, huit à gauche et

quatre à droite.

A gauche, d’abord, la chapelle des fonts baptismaux, dite de

Saint-Michel, puis celles de Saint-Jean-Baptiste, de Sainte-Magdeleine,

de Notre-Dame de Compassion--celle-ci touche au transept, après lequel

se trouvent la chapelle de Saint-Louis, où réside le Saint-Sacrement et

où l’on a placé sur l’autel une statue de la Vierge qualifiée de

Notre-Dame de Bonne-Garde--celles de Saint-Vincent-de-Paul, de

Saint-Charles-Borromée, où un hideux vitrail assigne à cet élu la tête

d’un moricaud; enfin celle de Saint-Denys, Saint-Rustique et

Saint-Eleuthère--et nous atteignons la petite porte de la rue de

l’Arbre-Sec donnant sur l’abside et au-dessus de laquelle s’ouvre,

derrière un vitrage à losanges de couleur, une tribune dite «Tribune de

la Reine», parce que, prétend-on, la famille royale s’y serait

quelquefois tenue pendant la messe.

[Illustration]

Parmi ces minuscules chapelles, une seule est intéressante, celle de la

Compassion, qui fut, pendant plus d’un siècle, la chapelle du Conseil

d’Etat, car elle détient un superbe retable flamand en bois, de la fin

du quinzième siècle, provenant de la collection dispersée de M. de

Bruges-Duménil; divers épisodes de la vie de la Vierge et de la Passion

y sont sculptés; malheureusement, on ne le voit guère, la croisée qui

devrait l’éclairer étant obscurcie par des carreaux modernes à la fois

sombres et violents, qui ne laissent filtrer aucune lueur.

A droite, maintenant, en partant de l’autre côté de l’abside dont nous

parlerons tout à l’heure, la sacristie occupe la place de plusieurs

chapelles, et les petits oratoires qui la suivent, en descendant avec le

chœur, sont dédiés aux saints Apôtres, à saint Pierre, aux Pères et aux

Docteurs de l’Eglise dont deux, saint Léon et saint Grégoire le Grand,

sont, en leur qualité de premiers rôles, en vedette sur l’affiche des

vitres; puis apparaît, succédant à ces réduits si exigus que le

confessionnal les emplit, avec un autel, tout entiers, une très élégante

porte du quinzième siècle surmontée d’une exquise Vierge en bois peint

de la même époque, une Vierge dolente et frileuse, mais perchée si haut

que, dans l’ombre des voûtes, on la remarque à peine; et vient le

transept de la rue des Prêtres; cette allée franchie, toute la place des

quatre chapelles situées en vis-à-vis, de l’autre côté de la nef, est

ici prise par une seule, par la chapelle de la Sainte-Vierge, entourée

d’une boiserie qui la cache aux yeux et munie d’une porte close, afin

d’empêcher tous ceux qui voudraient venir la prier d’y pénétrer.

Une église où la chapelle de la Vierge n’est pas accessible aux fidèles,

c’est un comble! Que penser des curés qui mettent ainsi dans leur église

la Madone au rancart? La raison invoquée de ce monstrueux interdit est

que ce lieu sert parfois de chapelle pour les catéchismes. Eh! qu’ils le

fassent, leur catéchisme, dans les greniers, dans les caves, chez eux,

où ils voudront, mais qu’ils démolissent ce rempart de menuiserie,

qu’ils laissent en tous les cas la porte ouverte, lorsque leurs quatre

pelées et leurs trois tondus n’y sont pas!

D’autant qu’elle est délicieuse cette chapelle! Intime et recueillie,

elle se pare d’un autel contenant des reliques de saint Denys, de saint

Célestin et de saint Benoît, au-dessus duquel est incrusté un antique

retable de pierre, figurant l’arbre de Jessé dont les fleurons et les

branches serpentent autour d’une belle statue de Vierge du quatorzième

siècle qui appartint jadis au presbytère de Radonvilliers, en Champagne,

le tout se détachant sur des fresques peintes par Amaury Duval; mais une

bienfaisante obscurité permet de les distinguer mal.

Pour être complet, citons, dans la nef, en face de la chaire, une énorme

machine en bois monté, pourvue de colonnes et coiffée d’un baldaquin,

exécutée par Mercier sur les dessins de l’emphatique Lebrun et qui

servait de siège au roi quand il assistait officiellement à la messe; et

une grille en fer forgé du dix-huitième siècle qui fut très réparée et

privée de ses fleurs de lys; et revenons à l’abside qui est, selon moi,

la partie la plus savoureuse de Saint-Germain-l’Auxerrois, car l’on peut

s’y croire en même temps dans un oratoire de la fin du quinzième siècle

et dans une église de campagne de nos jours.

L’on dirait que l’odeur particulière de tout l’édifice s’y concentre. Et

en effet, lorsqu’on entre dans Saint-Germain, on y hume une senteur

spéciale qui n’existe, semblable à Paris, que dans un autre sanctuaire,

celui de l’Abbaye-au-Bois de la rue de Sèvres, certains jours,--une

odeur de salpêtre relevée par une très fine pointe de cire consumée et

d’encens. Là, dans l’abside, cet arome d’églisette de village, le

dimanche après le salut, persiste surtout par les temps de pluie et vous

aide à vous transporter bien loin de Paris et de cette place du Louvre,

devenue l’un des plus bruyants lieux de rendez-vous des voitures à

vapeur et des tramways.

Parfois, lorsque l’heure sonne à la tour voisine, le carillon qui

l’accompagne de son cliquetis de verre brisé, vous suggère l’idée que

l’on prie dans une église des Flandres. Et ces avatars successifs

d’alentours--de temple Renaissance, de chapelle de bourgade et d’église

flamande--font vraiment de cet obscur refuge un tremplin unique à Paris,

de rêves.

Pour rester dans la réalité, l’on peut dater du seizième siècle cette

abside; elle est biscornue, de forme divagante; la vérité est que ses

chapelles sont refoulées, d’une part, par l’alignement de la rue qui les

cerne; de l’autre, elles sont entamées par le presbytère et la

sacristie, si bien qu’elles vont de guingois, plus larges ou plus

longues les unes que les autres.

Celles des deux bouts sont de vagues réduits, des carrés irréguliers

dont les lignes verticales s’évasent; les autres suscitent la pensée, là

où sont percées les fenêtres, d’un triptyque ouvert, aux deux volets

revenus en avant, pas repliés par conséquent le long du mur, avec une

niche romane au-dessous de chacun d’eux. Il y a, en effet, sous les deux

croisées des coins, deux petites cavernes plafonnées de voûtes en arc,

creusées dans le bas des murailles et que l’on a remplies tant bien que

mal, avec des pieuses statues de la rue Bonaparte, dont l’obscurité et

la poussière effacent, Dieu merci, les traits.

Ces chapelles sont au nombre de cinq; leur réunion dessine un

demi-cercle à la ligne cabossée du haut; elles sont placées sous le

vocable de sainte Geneviève, des saints patrons du lieu: saint Vincent

et saint Germain, du Tombeau, de la Bonne-Mort et de saint Landry.

Les deux branches finales du demi-cercle s’appuient, la première sur la

porte de sortie de la rue de l’Arbre-Sec, la seconde sur la porte de la

sacristie, ornée de fresques dont une, un saint Martin à cheval

tranchant son manteau pour en donner la moitié à un pauvre, est due à ce

Mottez qui décora le grand portail de ses badigeons qu’abolirent, pour

l’allégresse des artistes, de secourables soleils et de propices pluies.

[Illustration]

De la chapelle Sainte-Geneviève, absolument sombre, tendue de toiles

gondolées, teintes au cirage par Gigoux, rien à dire; de la chapelle des

Saints-Patrons où s’érige dans une niche le tombeau de la famille des

marquis de Rostaing, agrémenté de deux seigneurs qui vous regardent à

genoux et l’air béat, et, près de la rampe de communion, de deux

statuettes neuves de sainte Anne et de saint Antoine de Padoue, tout se

pourrait également omettre si ces fenêtres ne détenaient peut-être, avec

celles de la chapelle voisine de la Bonne-Mort, les seuls vitraux qui,

par leur sens de la symbolique, par leur science des tons, par leur

étampe vraiment personnelle d’art, méritent qu’on s’arrête devant eux et

valent qu’on les loue.

Dans ce Saint-Germain-l’Auxerrois qui n’a gardé, en fait de verrières

anciennes, que quelques panneaux du quinzième et du seizième siècle,

insérés dans les baies gothiques ou renaissance du transept et dans les

roses, des panneaux dont les chairs des personnages sont le fond blanc

même de la vitre et les vêtements de grandes taches de gomme-gutte de

rouge lourd, de vert rude et de bleu dur--des carreaux fabriqués sous la

monarchie de juillet bouchent toutes les ouvertures pratiquées dans les

bas-côtés de la nef.

Et toutes les monographies exaltent un affreux vitrail, exécuté par

Lusson dans la chapelle des Apôtres sur les dessins de Viollet-le-Duc;

toutes citent à l’envi les œuvres de Maréchal de Metz, amusantes par

leur vert pistache et leur rose turc, peu usités dans les arts du feu,

mais peintes comme de la peinture ordinaire, avec des couleurs si peu

adhérentes, si mal cuites qu’ils s’éraillent à fleur de vitre et

laissent pénétrer, ainsi que de vulgaires carreaux, le jour. Ce sont des

aquarelles diaphanes, des peintures vitrifiées, c’est tout ce que l’on

voudra, sauf des vitraux.

Plus réelles, seraient les imitations de la sainte Chapelle œuvrées par

Didron dans la chapelle du Tombeau; celles-là on les adule aussi, mais

personne ne parle de ce Thévenot qui a décoré les fenêtres des Chapelles

des Saints-Patrons et de la Bonne-Mort.

Dans la première, le tableau du milieu qui a je l’ai dit, la forme d’un

triptyque ouvert, les volets poussés sur leurs gonds en avant, comprend

une Vierge couronnée et le Christ entre deux anges; le volet de gauche,

un saint Vincent, celui de droite un saint Germain. Ce sont de hautes

figures très hiératiques, et pourtant d’un modernisme un tantinet

campagnard, car elles ont dans la tournure, dans la mine, d’abord

presque déplaisantes, quelque chose d’agreste et de très simple. Les

couleurs sont profondes, d’une ardeur tempérée, quasi sombre. Le rouge

est rouge cerise; les violets et les verts, très nourris de bleu

discret, sont graves; les ors sont saurés; mais la plus belle teinte, en

dehors d’un chamois clair, est celle du manteau de saint Germain, une

teinte qui tient du brun violi de la robe du carme et de ce brun

rougeâtre connu dans la céramique sous le nom de foie de mulet; il est à

la fois somptueux et austère; les grands verriers du moyen âge n’ont pas

fait mieux.

Ces mêmes couleurs, nous les retrouvons dans la chapelle de la

Bonne-Mort, mais là, en plus de la personnalité singulière de ses

figures, Thévenot se décèle comme un homme très au courant de cette

vieille science de la symbolique chrétienne, si parfaitement omise par

les vitriers et les architectes de nos jours. Il s’agissait d’historier

les lueurs qui doivent éclairer une chapelle funéraire et il disposait,

sur le panneau de face, de quatre places et sur chacun des panneaux de

côté, d’une; il a ordonnancé l’ensemble de la sorte: au milieu, il a

peint dans les quatre compartiments sur un fond de gris perle strié,

dans une bordure de chardons emblèmes de la pénitence, saint Joseph avec

un lys, la Vierge couronnée d’étoiles, le Christ bénissant le monde,

saint Michel arborant un étendard et une balance, le pied sur le démon.

Dans le volet de gauche, un être barbu, étrange, coiffé d’une espèce de

turban déroulé, nimbé d’une auréole orange, fastueusement vêtu d’une

robe grenat brodée de ramages d’or, chaussé de violet, tient d’une main

un vase de parfums et s’appuie de l’autre sur une bêche.

Dans le volet de droite, un saint Pierre, pieds nus, la tête cerclée

d’un halo, croise sur sa poitrine ses deux clefs.

Et la phrase figurée sur ce triptyque de vitraux est facile à lire. Cet

être à l’allure bizarrement héraldique, qui porte, tel que Magdeleine

dans les tableaux des primitifs flamands, un pot d’aromates et est muni

d’une bêche, c’est saint Tobie, tout à fait inconnu de nos jours, mais

célèbre au moyen âge, car il était alors le saint des sépultures, le

patron des fossoyeurs qui l’avaient choisi à cause des paroles que, dans

la Bible, l’ange Raphaël lui adresse: «... Lorsqu’à minuit tu enterrais

les morts... c’est moi qui présentais tes prières au Seigneur...»

Il est préposé aux soins de la dernière heure; il s’occupe du corps,

tandis que, de l’autre côté du Christ, saint Michel pèse dans sa balance

le poids des vertus et des fautes et présente la pauvre âme désincarnée

au Seigneur, auprès duquel intercèdent saint Joseph et la Vierge, alors

que, plus loin, saint Pierre attend, pour ouvrir les portes du ciel, que

le sort de la pécheresse soit résolu.

Tous les célestes acteurs du drame qui commence à la descente de la

dépouille mortelle dans la terre, pour finir à l’entrée de l’âme dans le

paradis, sont réunis en ce lieu et font, en quelque sorte, le récit du

jugement, après la mort.

[Illustration]

Parmi ces personnages, en sus du Tobie si curieux, il en est deux

remarquables par leur aspect rigide et familier, la Vierge et le Christ.

Ils ont dans les mouvements, dans les traits surtout, quelque chose de

juste et de net qui fait songer aux types de certaines de ces admirables

illustrations des «Misérables» d’Hugo que dessina Brion. C’est un peu le

même art, sobre et éloquent dans sa simplesse même.

Qu’est ce Thévenot, si délibérément oublié par la critique de notre

époque? O. Merson, dans son livre sur les vitraux, le représente comme

ayant vécu à Clermont-Ferrand et ayant restauré les verrières de

Bourges. Ottin, dans son «Histoire du Vitrail», lui consacre juste trois

mots: «Thévenot--Clermont--1834». J’ai trouvé, d’autre part, une

brochure signée de son nom suivi de ce titre: «chef d’escadron», un

essai historique sur le vitrail paru, en 1837, à Clermont. Il s’y révèle

tel qu’un homme épris de son art et plein d’enthousiasme pour les

verriers des grands siècles.

Et c’est tout ce que j’ai pu recueillir sur son compte.

De ces deux chapelles ainsi parées de vitres intelligentes, la plus

quiète, la plus douce, est, selon moi, celle de la Bonne-Mort. De vagues

peintures et des inscriptions gothiques tracées en lettres d’un or qui

s’efface, s’aperçoivent confusément dans l’obscurité lorsqu’on allume un

petit cierge; l’autel est surmonté d’un intéressant bas-relief de

pierre, racontant la scène d’une mise en tombeau, mais ce qui évoque la

senteur d’une chapelle de village dans ce petit coin, c’est le

délabrement de la pierre rongée par l’humidité, la tristesse du tapis

qui se décolore, la poussière amoncelée dans les deux niches de côté,

sur une Pieta de Bonnardel et une moderne statue de saint Joseph; c’est

la misère même des vieux prie-dieu de paille accumulés devant la rampe.

Les types rustiques adoptés par Thévenot sont vraiment en accord avec

les alentours.

Ah! s’il est un endroit propice pour s’écheniller la conscience, c’est

bien celui-là! Aucun bruit dans les ténèbres qui vous entourent, c’est à

peine si, de temps à autre, une ombre de vieille femme vient s’abattre

sur une chaise ou s’accouder contre un pilier. Il y a si peu de

visiteurs!

Moins intéressante est la dernière chapelle de l’abside, celle qui

confine à la porte de la sacristie et qui est dédiée à saint Landry;

elle a été récemment nettoyée; on y a planté les monuments funéraires du

chancelier Etienne d’Aligre et de son fils, et sorti de la nuit où elles

dormaient des fresques du sieur Guichard, dont le réveil ne suscite

aucun réconfort: celles brossées par le même peinturlureur sur les murs

du transept suffisaient.

Et le tour de l’église est accompli.

Il reste pourtant une très ancienne salle dans laquelle le Chapitre

déposait naguère ses archives. On y monte par un escalier en colimaçon,

situé près de la chapelle de la Vierge, à l’entrée du grand portail et

l’on débouche, après avoir tourné dans la spirale qui s’éclaire par des

fentes de jour, sur le seuil d’une grande pièce carrée, demeurée, depuis

des siècles, intacte, avec son pavé aux losanges rouges, vernissés,

formant, en trompe-l’œil, un carrelage de dés, son plafond aux caissons

sculptés d’où pend un lustre à becs de cuivre, ses vieilles crédences,

ses armoires dont les pentures de fer s’ajourent en des lettres

gothiques inscrivant les noms de saint Vincent et de saint Germain sur

les panneaux de chêne.

Mais la partie vraiment séduisante de ce logis, c’est le mur du fond qui

fait face à la croisée géminée, ouverte sur la place. Il est occupé tout

entier par un retable sculpté du seizième siècle, un triptyque

représentant les scènes de la vie de la Vierge et de sainte Anne. On y

retrouve la légende des Apocryphes, la rencontre d’Anne et de Joachim, à

la porte Dorée; on y voit un amusant escalier du Temple, gravi par une

figurine, toute une série de personnages autrefois teints et dont le

bois, maintenant décoloré, pèle; des personnages aux gestes exacts à la

fois et élargis, semblables à ceux que taillèrent presque tous les

imagiers, si savoureusement réalistes, de ce temps. Les volets qui

forment ce retable furent autrefois des tableaux peints à la détrempe,

mais ils sont tellement écaillés que l’on ne discerne plus que de

fantomatiques apparences de bouts de visages et de vagues fragments de

corps.

Ce local poudreux est infiniment doux. L’on s’imagine très bien l’un des

treize chanoines qui composèrent le Chapitre desservant jadis la

paroisse de Saint-Germain, assis devant la table placée au milieu de la

pièce, dépouillant les archives, relevant les dates des obits, extrayant

des manuscrits les miracles des saints fondateurs de son église.

Et l’on se prend, à ce dégoût d’un début de siècle, à envier ce bon

prêtre qui s’interrompt de son travail, pour essuyer ses besicles de

corne, dans le grand silence de ces murs de pierres sourdes, seulement

rompu par les soupirs fatigués du bois.

Comme tout cela nous met loin!

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Ce pauvre Saint-Germain-l’Auxerrois, quand on songe qu’il fut un des

sanctuaires les plus opulents et les plus renommés de Paris! Paroisse

des rois de France, logés en face de lui, au Louvre, il prêta, le 24

août 1572, ses cloches pour sonner l’hallali de la partie de chasse de

la Saint-Barthélemy et, le dimanche de l’an 1594, Henri IV y donna le

pain bénit et suivit, une palme au poing, la procession qui se déroulait

dans les bas-côtés de la nef et du chœur.

C’est dans cette même église, devant ce même roi, assis, cette fois, au

banc d’œuvre, que le grotesque P. Valladier, dont les sermons sur

l’avent, prêchés à Saint-Germain-l’Auxerrois, furent publiés sous le

titre de la «Sainte philosophie de l’âme», osa prononcer l’indécent

panégyrique des appas de Marie de Médicis.

[Illustration]

Il les divise en trois étages. Après avoir parlé du premier,

c’est-à-dire du visage qu’il compare à toutes les fleurs et à toutes les

gemmes, il passe au second, à la gorge de la reine qu’il traite de deux

fontaines cristallines de lait, deux magasins de mannes, deux sources

d’ambroisie, deux fontaines de nectar, deux cannes de sucre, deux

cruches de miel, deux plantes de baume, deux montres de l’horloge

intérieure, deux bastions et remparts du cœur, puis il descend...

Encore qu’il fût épris des gaudrioles, l’on se demande vraiment ce que

le Vert-Galant dut penser de ce genre de prêche...

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Après ces deux dates de 1572 et 1594, glorieuses si l’on veut, d’autres

se succèdent moins carillonnées par la bienveillance de l’Histoire.

1617, année pendant laquelle une populace furieuse déterre le cadavre du

maréchal d’Ancre inhumé dans un caveau de l’église sous la tribune de

l’orgue et le coupe en petits morceaux. Le cœur fut rôti sur des

charbons et mangé publiquement par un homme; les entrailles furent

jetées dans la Seine et les restes brûlés sur le pont-neuf devant la

statue d’Henri IV. Le lendemain, l’on vendit les cendres un quart d’écu,

l’once; et les oreilles, que l’on avait mises à part furent payées fort

cher par un amateur.

1665, année où eut lieu l’ostension des reliques de sainte Reine sur le

maître-autel de Saint-Germain-l’Auxerrois.

Anne d’Autriche avait commandé à un orfèvre de Paris un reliquaire

d’argent pour y déposer l’os du métacarpe de cette sainte, dont elle

désirait faire présent à l’hôpital d’Alise. Quand le travail fut

terminé, la reine voulut que son église paroissiale profitât, la

première, des grâces dévolues à ces glorieux détriments et elle en

ordonna l’exhibition pendant la durée de trois neuvaines.

«Une infinité de personnes de toutes conditions», disent les textes, se

rendit à Saint-Germain, pour prier devant ce reliquaire.

Or, la spécialité de sainte Reine,--qui fut celle aussi de saint

Job--était la guérison des maladies secrètes. Comment et pourquoi? Un

vieil auteur, au nom prédestiné de Méat, tente de nous l’expliquer dans

un livre intitulé «La fille héroïque».

«Deux contraires, raconte-t-il, ne sauraient souffrir dans un mesme

sujet et ils sont tellement opposez qu’ils se persécutent

continuellement et ne cessent jamais leur combat, qu’après que l’un

d’eux a obtenu la victoire sur son ennemy. C’est pourquoy je cesse mon

étonnement quand je considère l’opposition qu’il y a entre la chasteté

et ce vilain vice. Sainte Reine, qui avait eu très grand soin de

conserver sa pureté pendant sa vie, n’a pas voulu après sa mort, que les

impurs s’approchassent de sa fontaine sans estre nestoyez de leurs

ordures. De là vient que, quand ils boivent de cette eau, avec

confiance, ils s’en retournent avec joye de ce qu’ils sont délivrés de

ces maux estranges qui, sans ce divin remède, dureraient aussi longtemps

que leur vie.»

L’Histoire ne nous narre pas si les malades qui vinrent implorer la

sainte à Saint-Germain-l’Auxerrois, guérirent. La fontaine, il est vrai,

dont parle Méat et qui servait et qui sert encore, dans le village

d’Alise, d’excipient aux cures, n’y coulait point, mais à défaut de

l’eau miraculeuse, les Parisiens avaient la ressource d’invoquer, en sus

de la bonne Déicole de la Bourgogne, le grand thaumaturge, Bourguignon,

lui aussi, guérisseur de tous les maux, le patron du sanctuaire où ils

priaient, saint Germain d’Auxerre.

1831. L’église fut, le 14 février, envahie par le peuple, sous le

prétexte que l’on y célébrait une messe anniversaire pour le repos de

l’âme du duc de Berry.

Ce fut une très ridicule aventure. Le service funèbre s’était terminé

vers midi et demi. Après l’absoute, le curé s’était retiré, lorsque

quelques royalistes échauffés s’avisèrent d’attacher sur le catafalque

une lithographie du duc de Bordeaux, une croix de Saint-Louis et une

couronne d’immortelles jaunes et noires.

Le bruit se répandit aussitôt au dehors que les Henriquinquistes

préparaient un coup d’état, promenaient dans l’église un buste du prince

et y déployaient des drapeaux blancs; et sans en demander plus, la plèbe

se rua dans le sanctuaire et y saccagea tous les objets du culte.

Cette équipée finit devant les tribunaux où tous les accusés furent

acquittés. Une brochure parue, en 1831, chez Dentu, nous relate ces

hauts faits et nous fournit ce spécimen de proclamation royaliste dont

le comique me paraît sûr.

Elle est adressée à MM. les Charbonniers de Paris.

«Messieurs, l’attachement que vous avez toujours montré pour la branche

aînée des Bourbons, la douleur que vous avez témoignée à la mort du duc

de Berry, ce prince bienfaisant qui vous a été ravi par un horrible

crime qui vous prive du digne père de notre Henri V, et l’horreur que

les Auvergnats ont ressentie de cet affreux assassinat, nous donnent

lieu de croire que vous vous ferez un devoir d’assister au service

anniversaire qui sera célébré à Saint-Germain-l’Auxerrois. D’après les

vrais sentiments qui vous ont toujours dirigés, nous avons l’espoir de

vous y trouver réunis en corps.»

Ni en corps, ni en personne, les ingrats auverpins, si respectueusement

traités pourtant, ne vinrent.

[Illustration]

Si nous sautons maintenant de l’année 1831 à l’an 1871, nous voyons

encore l’église pleine; seulement, cette fois, ce ne sont plus des

partisans de la royauté mais bien les membres d’un club de

libres-penseurs qui s’entassent dans son vaisseau, sous la présidence

d’un sieur Pierre et d’une certaine Lodoïska, accoutrée d’une veste de

hussard, culottée d’un pantalon de turco, coiffée d’une toque à cocarde

rouge, et chaussée de bottines à glands d’or.

Et tandis que, du haut de la chaire, un pochard pérore, un autre troue

d’un coup de baïonnette la bouche de la statue de la Vierge et y plante

une pipe; puis il arrache l’Enfant-Jésus et de toute l’église qui

trépigne de joie, des lazzis, exactement notés, s’échangent:

--Passe le gosse par ici, pour qu’on l’embrasse!

--Ouvrez-y la gueule pour voir s’il a fait ses dents!

Et l’on promène l’Enfant que l’on finit par jeter, brisé, dans un coin.

Mais, pour dire vrai, les fédérés se bornèrent à ces aménités sacrilèges

et à ces farces impies et, moins féroces que d’autres ivrognes qui,

après avoir maltraité les prêtres, pillèrent les églises, ceux-ci se

contentèrent de voler quelques vêtements d’enfants de chœur et

d’emporter deux pianos qui, l’on ne sait trop pourquoi, stationnaient

là.

Les temps sont changés; si Saint-Germain a vu les pieuses affluences et

les cohues irritées ou gouailleuses, s’il a même aussi connu, pendant la

Convention, les hilares assemblées de légères muscadines et de pesantes

commères, réunies, devant sa porte, pour applaudir aux audacieuses et

aux piètres chansons d’Ange Pitou, il ne connaît plus de foule d’aucune

sorte maintenant. Ses abords sont rapidement longés par des gens en rut

d’affaires et quant à son intérieur il est un des plus délaissés qui

soient à Paris; sa nef ne peut même, le dimanche, à la grand’messe,

malgré tous les enfants des écoles qu’on y parque, se remplir.

La paroisse des rois est devenue la paroisse de la Mode; l’église est

enserrée par les magasins de la Belle-Jardinière, du Pont-Neuf et de la

Samaritaine. Ce dernier la touche presque, car la livrée bleue de ses

devantures s’étend dans la rue de l’Arbre-Sec et un ignoble bâtiment de

fer qu’il vient d’ériger, se dresse, surmonté, en guise de clocher, d’un

chapeau chinois, devant l’abside, là où le brave bourgeois qui alloua

des fonds pour la faire rebâtir, messire Jehan Tronson, drapier de

Paris, fit apposer sa signature, dans une frise, sous le toit, en

adoptant la forme d’un rébus figuré par des tronçons de carpes.

Même au temps où les rois habitaient le Palais du Louvre, le commerce

des draps aidait à embellir l’église; il venait en aide aux bourses des

souverains, souvent sèches; cette affection des drapiers pour leur

sanctuaire explique la présence, sous le narthex, de la statue de sainte

Marie l’Egyptienne, leur sainte de prédilection et leur patronne, sans

doute parce que saint Zozime qui la rencontra dans le désert, vêtue

seulement de ses longs cheveux, donna son manteau pour la couvrir.

Maintenant, il n’y a plus de monarques, mais je crois bien que les

grands industriels des draperies s’occupent moins que leur ancêtre

Tronson des besoins du culte; cette observation n’est pas un reproche,

car il est certainement très heureux qu’il en soit ainsi. S’ils

désiraient, en effet, faire réparer ou orner leurs chapelles, ils

seraient bien forcés de s’adresser, comme l’Etat dont ils prendraient la

place, à de dangereux architectes et à de nuisibles peintres, et que

resterait-il du charme dolent et désuet de cette très douce église?

Trois Églises Eaux-fortes originales de Ch. Jouas · 第 6 / 8 题