Nous avons reçu, à diverses reprises, des réclamations de gens qui se
plaignent du _temps passé à faire la queue_. Non seulement, nous dit on,
c'est beaucoup de temps perdu, mais la longueur des stations à la porte
des bureaux ou locaux de distribution est souvent la cause, pour les
personnes faibles ou âgées, de maladies.
Nous avons communiqué l'une de ces lettres à M. Labbé, Secrétaire
général du Comité d'alimentation du Nord de la France et nous en avons
reçu la réponse suivante:
Lille, le 9 août 1916.
A Monsieur Brackers d'Hugo,
Adjoint au Maire de Lille.
Nous recevons bien votre lettre du 7 août et la lettre jointe de Mme W.
Ceux qui ont à organiser les distributions, ont fait tous leurs efforts
pour supprimer les «queues». Ils y ont réussi dans la plupart des cas,
en particulier pour les distributions régulières (pain, denrées). Il
peut néanmoins arriver, dans des circonstances exceptionnelles, que les
consommateurs attendent quelque peu; nous ne voyons pas le moyen d'y
remédier d'une façon absolue, surtout quand il s'agit d'un service
irrégulier, à établir à l'improviste.
La situation de Mme W. est, sans doute, très intéressante à son point de
vue personnel; mais nous n'avons pas plus de motif de lui donner un
coupe-file, qu'à des milliers d'autres personnes qui voudraient bien,
comme elle, être servies sans attendre.
Nous continuerons à chercher à améliorer nos services, sans être
certains toutefois d'arriver à satisfaire tout le monde.
Veuillez recevoir, Monsieur l'Adjoint, l'assurance de notre
considération très distinguée.
_Le Secrétaire Général_, E. LABBÉ.
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