d'y faire entrer de l'air et du jour parce que «la femme opprimée,
humiliée, dégradée, étouffe dans la prison morne et que le mariage ne
doit pas être une cellule de forçats, un cabanon de fous furieux»,
les autres prophétisent que, quand la haine aura disparu du foyer
domestique par l'émancipation totale de la femme, elle disparaîtra
bien vite du milieu des nations. Entre hommes et femmes il n'y a que
des relations de maîtres à esclaves. L'idée n'est pas encore venue à
l'homme de trouver dans le mariage «l'âme loyale» dont, toute sa vie,
il poursuit la recherche en dehors du mariage.
Mais, l'épouse-servante que le mari s'obstine à regarder de l'œil
méprisant du maître à vie, a des retours offensifs de bête blessée et
de terribles chocs, où sont utilisés le fer et le poison, résultant
du contact des enchaînés antipathiques. C'est l'incessant combat en
l'enfer conjugal, qui engendre les guerres, civiles et étrangères.
Toutes tentatives de conciliation entre les individus et les nations
échoueront tant que ne sera pas réglée la condition des sexes, dont les
dissensions étayent la discorde universelle.
Et il faut que cette situation de sexes soit légalement établie, pour
devenir coutumière, car, bien mieux que l'invitation, la force de la
loi opère la transformation des esprits, le redressement des mœurs.
Comment obtenir une loi équitable, différente de celle d'aujourd'hui,
où les hommes courtois se sont dégagés des responsabilités et se sont
assurés toutes sortes de garanties contre de faibles petites femmes
écrasées par le poids des fautes masculines?
On obtiendra une loi équitable, en chargeant les deux parties qui sont
assujetties à cette loi--les hommes et les femmes--de la faire.
Actuellement, c'est parce que la législation est exclusivement
masculine que les intérêts de la femme ne sont pas sauvegardés et que
l'homme use envers celle-ci de tant de mauvais procédés.
Le mari croit que son rôle comporte la brutalité. Il s'imagine qu'il
est dans ses attributions de crier, de menacer, de frapper. Son parti
pris de trouver répréhensibles les actes les plus simples, épouvante la
sincérité et fait se dissimuler, ainsi que l'oiseau durant l'orage, la
franchise féminine pendant les scènes.
C'est en s'exerçant sur les femmes que la barbarie s'est perpétuée, en
notre siècle civilisé.
Les cruautés commises envers elles, sont si fréquentes, qu'on les note
en faits-divers, où tous les jours, en frissonnant, on peut lire: qu'un
mari a ouvert le crâne de sa femme en lui cassant un balai sur la tête,
qu'un autre a éventré la sienne à coups de canne à épée, que celui-ci,
après une discussion futile, a frappé sa compagne de coups de poing et
de pied, lui a enlevé un œil, arraché le nez.
En faisant l'autopsie des femmes victimes de brutalités maritales, on
trouve parfois des tessons de bouteilles et d'assiettes, dans leurs
plaies. Cela prouve que tous les objets que les maris assassins ont
sous la main leur servent de projectiles.
Sur le simple soupçon d'être trompé, un homme se fait un point
d'honneur d'exterminer son épouse. Tout le monde l'approuve, et, s'il
va devant les juges, ce n'est qu'afin d'être absous.
Cette tolérance de tuer la femme donnée au mari par l'article 324 du
Code pénal s'est tout naturellement propagée hors du mariage. Les
amants croient qu'ils ont le droit d'agir ainsi que les maris. Aussitôt
que leur compagne, qu'ils se font un jeu d'abandonner, parle de cesser
la vie commune, ils courent sur elle le couteau à la main.
On décore du nom de crime passionnel, leur sauvage agression, et il
leur suffit de dire «J'étais jaloux!» pour être acquittés.
Les peines dérisoires infligées aux amants et aux maris assassins
permettent aux hommes de penser qu'ils ont le droit de vie et de mort
sur les femmes.
Le sexe féminin ne serait point autant victime de violences, s'il ne se
laissait pas tout de suite terroriser pas le sexe masculin.
Un jour un gros propriétaire, point méchant, mais qui, élevé à l'école
de la brutalité, se croyait obligé de continuer son père, menaça sa
femme de la battre. Déjà il avait sur elle la main levée quand, au lieu
de s'effrayer, celle-ci saisit courageusement une forte canne et en
donna de violents coups à son mari stupéfait. La leçon fut bonne; plus
jamais le battu ne parla de battre.
On croit généralement que la brutalité masculine ne s'exerce que parmi
les ouvriers. C'est une erreur. Des comtes, des marquis, des ministres
autant que des charretiers injurient et frappent leurs femmes. Ils
leur enfoncent à coup de talons de bottes, comme à la vicomtesse de
T... leurs peignes dans la tête. Ils tirent dessus ainsi que sur des
chiens enragés. Les divorces des riches ont très souvent pour cause les
sévices du mari.
Quiconque n'a point pour les brutalisées de suprêmes apitoiements, n'a
pas entendu, dans le silence de la nuit, les hurlements féroces d'un
homme que la colère a rendu fou et, en même temps que les plaintes
étranglées et les râlements de sa victime, les coups sourds semblables
à ceux d'une porte que l'on brise, produits par un mari qui casse les
reins à sa femme.
Les suppliciées qui ne succombent pas cachent leurs blessures. Elles
étanchent loin des regards le sang de leurs plaies, attribuant à la
maladie, l'obligation où elles sont de garder trois semaines le lit,
après chaque accès de fureur maritale. Si le chirurgien vient réparer
leurs membres brisés, elles affirment qu'elles ont été victimes d'un
accident.
Quand on est trop chargée d'enfants, pour pouvoir divorcer, à quoi bon
se plaindre?
Le nombre est grand des malheureuses mariées, ou non, qui vivent avec
la pointe d'un couteau sur le sein gauche ou le canon d'un revolver sur
le front. Tôt ou tard le couteau s'enfonce, l'arme part. Il n'est point
de jours, où en France, un homme ne poignarde ou n'abatte à coups de
pistolet une femme.
On conçoit les transes de ces condamnées qui se meuvent dans la vie en
éprouvant toutes les affres de la mort. Valides, elles ne peuvent se
soustraire à leur agonie, car, si elles essayent d'y échapper, elles
avancent leur dernière heure. D'ailleurs, où iraient-elles? Elles
portent avec elles la terreur qui fait se refroidir les cœurs et se
fermer les portes. On ne veut point, pour les protéger, être sujet à
représailles. La peur qui rend lâche, laisse les martyres à la merci de
leurs bourreaux.
La férocité envers les femmes stimule en l'humanité les instincts
sanguinaires et rend sauvages les foules.
Pour les motifs les plus futiles, les humains finiraient par
mutuellement s'exterminer, si l'on ne mettait un frein à la cruauté
envers la femme, qui engendre toutes les autres cruautés et fait de
l'homme un fauve pour ses semblables.
Puisque les députés ne se préoccupent point d'assurer la sécurité des
femmes, qu'ils leur donnent le pouvoir de se protéger elles-mêmes en
faisant des lois qui leur permettent d'opposer le droit à la force
brutale, de frapper sans pitié ceux qui se font un jeu de les tuer. La
loi équitable ramènera l'homme, qui sait avoir quand il le veut tant
de circonspection, à être après le mariage, pour l'associée qu'il a
intérêt à conserver, ce qu'il était avant les noces pour la fiancée
qu'il s'agissait de conquérir.
Devant son égale, l'homme réprimera la férocité que la loi a développée
en lui et du loyer pacifié sortiront des êtres doux qui feront succéder
à la discorde l'entente et l'harmonie.
La passion des hommes pour les querelles et les batailles ne sera
maîtrisée que par la femme ayant le pouvoir d'opposer à l'emportement
masculin sa douceur native, sa volonté pacificatrice.
Puisque la justice envers les femmes procurera l'apaisement entre les
individus et entre les peuples, pourquoi les Français sont-ils assez
ennemis d'eux-mêmes pour en ajourner l'avènement? Et pour pouvoir se
conserver, le mariage devra faire s'asseoir égaux l'époux et l'épouse
au foyer conjugal.
Au moment où la loi a consacré l'autorité maritale, tout découlait
du principe d'autorité, tout y remontait; tandis qu'aujourd'hui ce
principe a été partout culbuté. Dans l'Etat, il n'y a plus qu'une
autorité temporaire, que le peuple à son gré octroie. Dans la famille,
le petit enfant a plus d'autorité que l'ancêtre.
Sur l'amoncellement des sceptres brisés, le mari ne peut cependant
pas avoir la prétention de tenir haut le sien et ainsi d'échapper à
l'universelle destruction des choses usées.
Avant qu'on ne l'ait éloquemment proclamé, tous ceux qui connaissent
la femme, savaient qu'elle était dans ses différentes conditions
sociales, malheureuse. Personne n'ignore que l'hétaïre a des nausées,
que l'épouse, souvent, de s'être mariée, se mord les doigts, que la
célibataire, morte-vivante, aspire à l'anéantissement libérateur.
Toutefois, il faut reconnaître, que, si la femme est malheureuse,
l'homme ne trouve guère, lui non plus, le bonheur sur la terre
où, chacun étant comme muré, il est impossible à l'être humain de
satisfaire le plus impérieux de ses instincts, celui de la sociabilité.
Avant que Guy de Maupassant n'ait jeté ce cri désespéré: «L'être moral
de chacun de nous, reste éternellement seul par la vie!» Flaubert
avait constaté qu'on ne se rencontre qu'en se heurtant et que chacun
portant dans ses mains ses entrailles déchirées «accuse l'autre qui
ramasse les siennes!»
La souffrance morale qui nous enveloppe tous, résulte surtout de
malentendus. Elle pourrait être supprimée. Mais, quand les Français,
qui s'efforcent en tant de choses vaines, s'occuperont-ils de
substituer dans les relations humaines la franchise à l'hypocrisie,
la liberté à la compression, en changeant avec une législation
anti-naturelle, des mœurs qui oppriment les faibles, et empêchent les
femmes instigatrices de tout bien-être, d'édifier le bonheur dans la
société?
La civilisation, ce grattage de la rugosité barbare qui a pour résultat
la mise à vif de l'épiderme moral, rend les rapports humains déjà
difficiles.
Plus les êtres sont délicats et sensibles, plus ils ont besoin de
s'adapter au milieu social ne les meurtrissant pas, et de prévenir les
heurts individuels.
Or, après avoir élevé l'homme et la femme très différemment et armé
légalement, celui-ci contre celle-là, on les unit ou plutôt on les
projette l'un contre l'autre. Le choc est violent, la lutte est courte.
D'un tour de main l'homme terrasse la femme et lui dit: «Maintenant,
obéis!»
Les individus les plus ignares, en venant de se marier, sont «de
mauvaises bêtes dressées à terroriser les autres»; dressées non par
l'éducation, par la loi qui leur dit: «Tu es tout, la femme n'est rien.
Elle a le devoir de t'obéir comme à un maître, tu as le droit de la
tuer comme un chien!»
Comment veut-on, que le mari ainsi stylé ait de bons procédés envers sa
compagne! Ne serait-ce pas bien plus naturel que la loi dise à l'homme:
«Ton épouse et toi, vous êtes devant moi, égaux. Votre devoir est de
vous aimer, mutuellement, beaucoup et de vous rendre heureux le plus
possible».
Le mariage est un coupe-gorge où très légalement l'homme dépouille sa
femme de son argent et de sa part de bonheur.
Pour que la loi soit équitable et impartiale pour toute l'espèce
humaine, il faut qu'elle soit faite par toute l'espèce humaine, par la
femme comme par l'homme; alors, au lieu d'être impitoyable elle aura la
douceur des lisières dont les mères se servent pour prévenir les faux
pas des enfants.
XXXII
Le vote des femmes à l'étranger
Amérique du Nord (105.000.000 habitants, 44.639.189 femmes).
Depuis 1869, les femmes jouissent de leurs droits politiques dans
l'Etat de Wyoming. «Relativement au suffrage féminin, dit un gouverneur
de cet Etat, une once d'expérience vaut une tonne de conjectures. Or
l'application par notre constitution de notre système de suffrage égal
accordé aux deux sexes est un succès incontestable. Sous l'empire
de cette disposition, nous avons de meilleures lois, de meilleurs
magistrats, de meilleures institutions et le niveau de notre condition
sociale est plus élevé que partout ailleurs.
«Aucun des maux que l'on nous annonçait, tels que la perte de la
délicatesse féminine et le trouble de nos relations domestiques ne
s'est montré».
Dans l'Utah les femmes ont leurs droits politiques. Comme elles les ont
dans le Colorado depuis 1893. Dans l'Idaho depuis 1911. Le gouverneur
de l'Idaho écrit: «Politiquement, l'effet du suffrage des femmes a été
considérable, relevant et profitable. L'administration des affaires
gouvernementales a été confiée à des mains plus honnêtes et les
affaires de la République en ont bénéficié».
Dans l'Etat de Washington en 1911. Arizona, Kansas, New-York, Michigan,
Orégon 1911-1912. La Californie 1912. L'Illinois, le Territoire de
l'Alaska 1913, les femmes ont leurs droits politiques.
En 1916, l'Etat de Montana a élu une femme comme députée au Congrès.
C'est la première femme siégeant au Parlement.
12 janvier 1918, adoption du nouvel article de la Constitution qui
accorde le droit de vote aux femmes.
1920. Cet article est adopté par les Etats dont la majorité des trois
quarts était nécessaire pour rendre la mesure applicable à tout le
pays.
Canada
En 1916, l'Etat de Manitoba donna le suffrage universel et
l'éligibilité aux femmes par un vote unanime de son Parlement de
province, ce qui leur donna des droits également dans le Parlement de
tout le Canada, à Montréal.
En 1919, la Chambre des communes d'Ottawa a accordé aux femmes le droit
de voter et de siéger au Parlement.
Amérique du Sud
République de l'Equateur, 1.272.000 habitants. Depuis 1861, les femmes
jouissent de leurs droits politiques.
République de Costa-Rica, 400.000 habitants. Les femmes jouissent de
leurs droits civils.
Asie
INDE (315.156.000 habitants, 119.393.851 femmes).
Diverses provinces des Indes ont accordé le droit de suffrage politique
aux Femmes.
CANTON (CHINE) (900.000 habitants).
Dans la province de Canton, les Femmes ont le droit de suffrage
politique.
Europe
ANGLETERRE (41.074.090 habitants).
Comme en France avant 1789, en Angleterre avant 1832, des catégories de
femmes avaient le droit de vote.
Le terme usité dans la législation anglaise désignait comme devant
voter «les personnes».
Le statut de 1832 fit ajouter au mot «personnes» l'adjectif mâles.
L'agitation en faveur du libre échange favorisa le mouvement féministe
en Angleterre et fit comprendre aux femmes, combien la politique avait
de répercussion dans leur vie.
Stuart Mill, premier défenseur du vote des femmes en Angleterre,
comprit l'immense portée du mal que se fait la société en frappant les
femmes d'exclusion politique.
En 1865, dans sa profession de foi, Stuart Mill réclama pour les
femmes le droit d'être représentées au Parlement. Elu représentant de
Westminster à la Chambre des Communes, il présenta en 1865 la première
pétition des femmes couverte de 1499 signatures. En 1868, Stuart Mill
ne fut pas réélu.
La chambre des communes avait remplacé «personnes mâles» par «Man»
«homme» pris dans le sens «d'individu».
5.347 femmes se firent inscrire sur les listes électorales de
Manchester. Leur cause fut soutenue par D. Pankhurst. Les juges leur
donnèrent tort.
Joseph Bright fit obtenir par un projet de loi le suffrage municipal
aux femmes en 1869.
Les femmes votaient encore dans 78 agglomérations, non érigées en
municipe, où chaque contribuable vote.
En 1870, Joseph Bright présenta un bill pour l'affranchissement
politique des femmes. En 1871-1872-1873 Jacob Bright présenta son bill
pour le suffrage parlementaire des femmes, qui fut repoussé par des
majorités variant de 67 à 79 voix.
En 1876-1877-1879, M. Forsyth fit à la chambre des communes, des
propositions en faveur du vote des femmes, sans résultats.
C'est avec une ardeur infatigable que tous les ans fut défendue au
Parlement la cause des femmes.
En 1888, les femmes Anglaises obtinrent l'électorat aux Conseils de
Comté (analogues à nos Conseils généraux).
En 1907, les femmes devinrent éligibles aux County Councils, comme
conseillères, alderman, présidentes ou maires.
Ces efforts de propagande au Parlement ont formé des générations de
féministes anglaises qui ont réussi à placer la question du vote
parlementaire, au premier plan des préoccupations nationales.
Un groupe, le Women Social and Political Union a recouru à l'action
directe. Sous le nom de suffragettes, ses membres ont fait entrer le
conflit dans une période aiguë.
Les socialistes anglais sont divisés sur la question du suffrage des
femmes. Keir Hardie est le leader des suffragettes.
En février 1908, proposition de M. Stanger à la chambre des communes,
en faveur du vote des femmes. Il combat éloquemment les objections
faites.
En 1914, les obligations _de la Grande guerre_ ayant fait voter la
Conscription, obligea les femmes à remplacer les hommes dans leurs
divers métiers ou fonctions: «Leur effort, dit le premier ministre
Lloyd Georges, a permis de libérer plus d'hommes pour renforcer nos
armées que celles-ci n'en comportaient au début de la guerre.»
Le 14 novembre 1918, la chambre des lords a adopté, sans discussion, le
projet de loi permettant aux femmes contribuables à partir de l'âge de
30 ans, de siéger à la Chambre des Communes.
La Chambre des Communes avait voté sans discussion ce projet qui
accordait le droit de vote à six millions de femmes, parce que les
femmes avaient prouvé par leur conduite pendant la guerre qu'elles
étaient dignes de voter et de légiférer.
FINLANDE (3.329.146 habitants).
En Finlande depuis 1906 les femmes jouissent de leurs droits politiques.
En 1907, 19 finlandaises ont été élues députées à la Diète. En 1908, 25
finlandaises furent élues à la Diète. En 1909, 21 femmes furent élues à
la Diète qui compte 200 députés.
En Finlande, depuis que les femmes sont membres du Parlement, la
police des mœurs a été supprimée. La situation des ouvrières a été
améliorée et relevée. Toutes les carrières sont ouvertes aux femmes, et
quand elles perpétuent l'espèce, des garanties leur sont données par
l'assurance d'accouchement et l'assurance en cas de maladie.
Les femmes firent diminuer l'alcoolisme. L'ivrognerie était en
Finlande un vice national. Les femmes, par leur influence dans les
assemblées locales firent dès 1896 prohiber la vente de l'alcool dans
les campagnes et dans les villes et restreindre cette vente aux seuls
établissements qui débitent des aliments chauds.
Quand les femmes entrèrent à la Diète, elles firent voter, que la
fabrication et la vente de l'alcool, autorisée seulement dans un but
médical, industriel ou scientifique, constituerait un monopole pour
l'Etat et serait rigoureusement interdit aux particuliers pour la
consommation publique.
Les protestations des producteurs n'ont pas empêché d'appliquer ce
remède énergique qui a fait disparaître à peu près l'alcoolisme.
DANEMARK (3.289.195 habitants).
En 1908, les droits municipaux ont été accordés aux femmes. En 1915,
elles ont obtenu les droits politiques pour les femmes âgées de plus de
25 ans.
TCHÉCO-SLOVAQUIE (13.914.336 habitants).
Les femmes ont le droit de vote et d'éligibilité à la Diète depuis 1920.
ISLANDE (85.183 habitants, 44.078 femmes).
Les femmes ont les droits politiques.
IRLANDE (4.390.219 habitants, 2.198.171 femmes).
La Constitution Républicaine a accordé le droit de vote politique aux
femmes et l'éligibilité.
ILE DE MAN (52.000 habitants, 28.000 femmes).
Petite île Anglaise de la mer d'Irlande. Les femmes jouissent de leurs
droits politiques depuis 1881. La grandeur de l'île est de 2.781.000
kilomètres carrés.
FRANCE (41.475.523 habitants).
En 1900, les femmes peuvent ester en justice et servir de témoins.
En 1907, les femmes ont obtenu de rester maîtresses de leur salaire par
la loi du 13 juillet 1907. Les femmes ayant les conditions requises
sont électrices aux Conseils des prud'hommes.
En 1908, elles sont éligibles à ce même Conseil.
1917, le 22 février, les femmes sont admises aux fonctions de tutrices,
avec l'autorisation de leur mari, si elles sont mariées. Le mari sera
co-tuteur de sa femme et responsable solidairement avec elle.
La femme peut être membre d'un Conseil de famille. La femme mariée ne
pourra siéger dans le même Conseil que son mari.
RÉPUBLIQUE DE TAVOLERA
Côté Nord-Ouest de la Sardaigne à l'entrée du golfe de Terranova,
baignée par la mer Tyrrhénienne, peuplée de quelques centaines
d'habitants. Les femmes jouissent du droit électoral comme les hommes.
RUSSIE (182.000.000 habitants).
La République des Soviets proclamée en 1916 accorde le droit de vote et
d'éligibilité aux Russes des deux sexes ayant atteint l'âge de vingt
ans.
ALLEMAGNE (55.000.000 habitants).
Les Allemands, après leur défaite écrasante de 1918 et la fuite
de Guillaume II en Hollande, élurent un Directoire pour préparer
l'élection d'une Assemblée Nationale qui serait chargée de faire la
Constitution. La loi électorale donne les droits politiques à tous
les Allemands des deux sexes au-dessus de vingt ans. L'éligibilité
au-dessus de 25 ans.
AUTRICHE (6.067.430 habitants).
En 1919, un décret confère le droit de vote à tous les citoyens hommes
et femmes ayant vingt-quatre ans, ainsi que l'éligibilité.
HONGRIE (15.541.000 habitants).
31 août 1919. Décret conférant le droit de vote à tous les hommes et
femmes ayant 24 ans et l'éligibilité.
Jusqu'à cette date les femmes de la caste des grands propriétaires
avaient le droit de vote en Autriche-Hongrie, mais elles ne pouvaient
l'exercer que par procuration.
HOLLANDE (6.279.000 habitants).
Novembre 1916. La Chambre des députés adopte un article décrétant
l'éligibilité des femmes aux Etats-généraux. Avril 1921. Le vote
obligatoire municipal.
LUXEMBOURG (263.800 habitants, 133.310 femmes).
Depuis 1919, les hommes et les femmes ont les droits politiques
lorsqu'ils sont âgés d'au moins 21 ans.
BELGIQUE (7.555.596 habitants, 3.835.837 femmes).
1919. Le droit de vote est accordé aux femmes de soldats tués au front
ou de civils victimes de l'ennemi, ou à leur défaut, aux mères, pour
l'élection de la Constituante chargée de réviser la Constitution.
Le suffrage direct a été également accordé aux femmes condamnées ou
emprisonnées par les Allemands pour faits patriotiques.
1920. Le droit de vote communal est accordé aux femmes. Il est
obligatoire.
1921 (2 août). Les femmes peuvent exercer les fonctions de Bourgmestre,
d'échevin, de receveur ou de secrétaire communal.
TERRITOIRE DE WILNA (732.000 habitants).
1922 (8 janvier). Les habitants, sans distinction de sexe, qui habitent
le pays depuis trois ans, ont reçu les droits politiques.
ROUMANIE (17.393.149 habitants, 8.631.057 femmes).
1921 (2 juillet). Une loi établit le suffrage obligatoire des femmes
aux élections municipales.
UKRAINE (46.000.000 habitants).
Les Femmes ont les droits politiques.
NORVÈGE (2.240.000 habitants, 1.236.109 femmes).
Les Norvégiennes ont depuis 1909 le droit de vote et l'éligibilité
parlementaire, à base censitaire.
Le 12 juin 1913, le Storting a voté un projet de loi, accordant
aux femmes le droit de vote pour les élections générales aux mêmes
conditions qu'aux hommes.
En 1917, les femmes purent être nommées ministres.
SUÈDE (5.222.000 habitants, 2.964.645 femmes).
En 1916. Le suffrage parlementaire est accordé aux femmes dans les
mêmes conditions qu'aux hommes.
NATION POLONAISE (30.000.000 habitants).
1921. Les femmes ont le vote et l'éligibilité dans la Constitution
nouvelle, à partir de 21 ans, au Sénat à 30 ans.
LITHUANIE (4.651.000 habitants).
1918. Les femmes ont le droit de vote et l'éligibilité dans la
Constitution nouvelle, à partir de 24 ans.
ESTHONIE (1.750.000 habitants).
Les femmes, dans la nouvelle Constitution ont le droit de vote, à
partir de 24 ans et l'éligibilité.
LETTONIE (2.500.000 habitants).
Les femmes ont les Droits politiques.
Océanie
NOUVELLE-ZÉLANDE (1.099.449 habitants, 547.974 femmes).
Les femmes ont les droits politiques depuis 1895.
Le vote des femmes a eu pour effet d'augmenter l'activité politique et
d'empêcher les hommes de s'abstenir d'exercer leurs droits électoraux.
AUSTRALIE (4.400.000 habitants, 2.147.790 femmes).
Depuis 1899 les femmes jouissent de leurs droits politiques.