A la suite de l'explosion du 11 Janvier, qui a répandu le malheur et la
dévastation sur toute une partie de Lille, le Comité américain a pris
une initiative, qui paraît avoir été mal comprise par quelques-uns.
Le Comité a estimé de son devoir de secourir, sans aucun retard, ceux
des sinistrés qui étaient dans le dénûment. C'est pourquoi il a fait,
aussi rapidement que possible, des distributions de vivres, de
vêtements et d'argent, qui ont commencé le 12 Janvier. Sans doute, ces
distributions auraient pu être autrement organisées. Mais cela
aurait nécessité, sur chaque cas signalé, des enquêtes plus ou moins
approfondies, qui auraient retardé le secours. Le Comité s'excuse donc
des erreurs inévitables qui ont dû être commises. Il est allé au plus
urgent, se rappelant que le mieux est parfois l'ennemi du bien, et, tout
en ne disposant que de moyens de contrôle fort imparfaits, il croit
pouvoir affirmer qu'il a soulagé les misères les plus pressantes et
qu'il a apporté une aide, efficace, à cause de sa rapidité même, à ceux
qui n'avaient plus ni logement, ni vivres, ni vêtements, ni argent.
C'était là notre but et notre unique intention. Il ne peut pas entrer
dans notre programme de distribuer, à chaque sinistré, une indemnité
équivalente aux dommages qu'il a subis, et nous sortirions tout à fait
de notre rôle, si nous payions aux intéressés la valeur des montres
ou des bijoux de famille que la catastrophe leur a fait perdre. Nous
espérons que la population le comprendra. Le Comité, quant à lui, estime
que son rôle est terminé, sachant que, pour le reste, les sinistrés
peuvent compter sur le dévouement et le zèle des Administrations
publiques.
Le Comité.
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Une petite Poésie, illustrée d'un joli dessin, dont la conception est
due à un de nos artistes lillois, a été éditée, et vient d'être mise en
vente, au prix de 10 centimes, au profit des enfants malheureux, que les
circonstances privent de vêtements. Il s'agit d'un souvenir modeste et
touchant, que les âmes charitables voudront garder, comme marque de leur
participation au soulagement des misères, des infortunes qui ont ému
tous les coeurs lillois. Ce souvenir artistique, vraiment digne d'être
conservé, aura place dans toutes les familles, et nous espérons qu'il
sera très favorablement accueilli par la population.
Les personnes qui désirent, contribuer à la vente de la Poésie-Souvenir,
peuvent s'en procurer, 53, rue de l'Hôpital-Militaire.
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