"Villefranche, which is about an hour's drive from Ars, is on our
way to Lyons. If the road is not a heavy one, Auntie and I shall
spend the Feast of the Immaculate Conception there next Thursday,
and then proceed on our journey. The mistress of the hotel here has
been backwards and forwards to Ars for upwards of twenty-five
years, and constantly talked to the Curé d'Ars and heard him
preach. 'Vous ne pouvez pas vous imaginer,' she says, 'ce que
c'était que d'entendre le Curé d'Ars en chair; on fondait en
larmes, on croyait entendre les paroles de notre Seigneur quand il
enseignait le peuple. C'était peu de paroles, mais cela remuait
jusqu'à fond de l'âme. "Oh, mes enfants," disait le Curé, "_si_
vous pouviez voir le bon Dieu comme je le vois, combien peu de
chose seraient à vos yeux les choses de cette terre. Ah! si vous
connaissiez l'amour de Dieu!" Et puis les larmes coulaient le long
de ses joues. Il pleurait toujours quand il parlait de l'amour de
Dieu. Ce n'était pas un grand orateur que l'on écoutait. Oh! non,
Mademoiselle, c'étaient seulement quelques paroles qui allaient
droit au cœur. Vous deviez l'entendre quand il faisait son
catéchisme à midi, à chaque jour un sujet nouveau. L'église était
toujours pleine. Il y'a vingt-cinq ans, il y a même trente ans,
l'on parlait du Curé d'Ars et on allait à Ars. Le Curé restait dans
son confessional jusqu'à minuit, quelquefois jusqu'à une heure de
matin. Alors il sortait de l'église pour prendre deux heures de
repos. Quatre femmes de la campagne se mettaient aux quatre coins
pour empêcher le monde de passer, car, au moindre bruit, M. le Curé
se levait et sortait de suite: ces femmes de la campagne étaient
bien dévouées.
"'Un jour que j'étais dans l'église d'Ars, le Curé s'écriait,
"Laissez passer cette dame," designant du doigt une dame au chapeau
verte--"laissez la passer." Un jour une autrefois il me vit; il dit
à la foule qui se pressait autour de lui, "Laissez passer cette
dame, car elle n'est pas d'ici, il faut qu'elle parte,"--et ainsi
j'ai pu m'approcher et lui parler. J'allais voir le Curé d'Ars bien
malade d'une maladie des nerfs à la suite de la maladie de ma
fille. "Vous êtes bien souffrante," dit le Curé, "vous ne voulez
pas encore mourir; c'est pour vos enfants que vous desirez vivre:
c'est bien," dit il, "c'est bien; vous serez encore malade aussi
longtemps que vous l'avez été, et puis vous serez bien." En effet,
il y'avait huit mois que je souffrais, et huit mois après je fus
guérie--tel que M. le Curé d'Ars m'avait dit.'
"'Le Vicaire-Général,' said the mistress,'m'a raconté ceci
lui-même, avec des larmes aux yeux. Il a logé ici une nuit: c'est
alors qu'il me l'a raconté. "Madame," dit il, "je ne pouvais croire
à tout ce que j'entendis d'Ars. Je croyais que ces paysans étaient
exaltés. Je voulus donc voir en personne: je me rendis à Ars.
J'arrivai donc à Ars. Il y'avait beaucoup de monde. J'y suis resté
deux jours. Voici ce qui est arrivé. Je quittais l'église avec M.
le Curé. J'allais avec lui vers sa petite maison. En arrivant, la
vieille cuisinière ou bonne du Curé vient à notre rencontre. 'Ah!
M. le Curé,' dit elle, 'nous n'avons plus rien, nous ne pouvons
plus donner.'--'Donnez,' répondit M. le Curé, 'donnez
toujours.'--'Mais nous ne pouvons pas,' dit encore la vieille
femme, 'il n'y a rien, _rien_,' répetait elle. M. le Curé était
vif. Combien il lui a couté pour pouvoir se modérer--'Donnez,
donnez toujours par poignées,' dit il encore. 'Comment,' répondit
la vieille, 'comment voulez-vous que je donne: il n'y a rien?'
"C'est alors," dit M. le Vicaire-Général, "que j'ai dit au Curé,
'Je ferai un rapport à Monseigneur l'Evêque, je suis sûr qu'il vous
enverra pour vos pauvres.' Le Curé ne répondit pas; il fit comme un
mouvement d'impatience. 'Montez au grénier,' dit il à la vieille
cuisinière, 'et donnez, donnez toujours aux pauvres.' Cette fois
elle obéit. Elle court, elle ouvre la porte du grénier. Elle
descende aussi vite; le grénier était tout plein. 'Ah, M. le Curé,
si c'est ainsi,' dit elle, 'nous pouvons toujours donner.' Ce
fait," dit M. le Vicaire, "je l'ai vu de mes yeux, et les larmes
remplissaient ses yeux en me le racontant."'
"Miraculous cures are still constantly occurring. Clémence is going
to-morrow to find out for me a boy whose limbs were distorted and
who was made whole. I wish to hear from his own lips about the
wonderful cure; but here people are accustomed to all this, and any
particular miraculous cure does not strike them as extraordinary.
The facts in this case are that the boy was the son of a baker,
eight years old, who, with limbs all distorted and suffering
acutely, was carried by his parents to Ars. The Vicar-General and
several of the clergy were at the church-door when the carriage
drove up with this poor cripple in it. His mother carried him to
the altar-rail and endeavoured to place him on his knees, but the
boy could hardly keep himself in a kneeling posture owing to his
distorted limbs, and seemed to swing first to the right and then to
the left. When mass was ended he said, 'I am better,' and was led,
being supported, to the hotel, where he was laid upon a bed. His
mother, remaining in the room, after a while saw him looking
upwards intently, and for a long time he continued as if gazing at
something above him. She called her husband and said, 'Come and see
our child looking upwards; what is he looking at?' Suddenly the boy
turned towards his mother and said, 'Lift me off the bed; I think
that I am well and that I can walk,'--and so it was: she lifted him
on to the floor, and the boy was cured, and has been well from that
hour, and lives opposite this hotel at the baker's shop.
"The mistress told me--'Un jour le Curé d'Ars alla voir un curé de
Lyon qu'on dit être saint. "Vous prendrez ma place," dit il. "Vous
ferez encore plus de conversions."' I am going to Lyons to try to
find out this curé. At Maçon also there is a certain 'Curé de S.
Pierre,' who is greatly beloved, and of whom many beautiful stories
are told.
"I think of you at different times in the day, and try to picture
you, sometimes in the study, sometimes reading to Aunt Augustus,
sometimes late in the evening sitting on the large sofa, with all
your manuscripts on the table, and good Lea coming in to put up the
curtains. When I think of all the late family troubles, I try to
remember that God never allows anything to happen, however painful,
unless it is for our good. It depends on ourselves to make use of
every trial, so I trust that you may be able to forgive and
forget--the last is the more difficult.
" ... You expect too much good from---- Do not expect too much. We
must leave those to flutter like sparrows who cannot soar like
eagles. It is S. Ambrose who says so."
[Illustration: ARS.[242]]