La porcelaine ambitieuse de ressembler au jade, la porcelaine
collectionnée par Mme de Pompadour—et dont le tendre ou le blafard
vert d'eau serait, au dire de M. Jacquemart, obtenu par la coloration
d'une pierre ferrugineuse inconnue de l'Europe.
GRAND FLACON carré à quatre pans. Céladon olivâtre. Sur les quatre
pans est répété le même dragon. Travail grossier et rudimentaire qui a
quelque chose de l'ornementation lourde d'un bronze primitif. Est-ce
bien là un de ces vieux céladons à la pâte de grès? Ne serait-ce pas
plutôt une imitation assez moderne, soit chinoise, soit japonaise?
PETITE POTICHE côtelée. Céladon à émaux verts. Coloré d'une très légère
teinte vert d'eau de mer, plus apparente dans les rentrants des côtes,
ce vase est décoré au col d'une première bordure vert foncé, où court
une grecque, d'une seconde bordure encastrant dans de petits hexagones
des rosaces rouges, d'une troisième bordure violette à lambrequins. Ces
trois bordures sont répétées en bas par un dessin qui en reproduit les
couleurs. Sur la panse renflée jouent, avec des sphères attachées par
de longs cordons, trois chiens de Corée, dont l'un est vert, l'autre
jaune, le dernier violet. Cette pièce à la douce harmonie des émaux
porte le _nien-hao_ de l'empereur Hiouan-tsoung, de la dynastie des
Ming (1426-1436).
GRAND VASE au long col évasé, à la panse sphérique. Céladon ciselé. Ce
vase est entièrement incisé de fleurs de pivoines dans des feuillages,
dont les rinceaux couvrent le col et la panse. Voici ce que disent les
annales de Feou-liang à propos de cette fabrication: «Sur toute espèce
de porcelaine crue, on cisèle, avec une longue pointe, des dragons,
des phénix, des fleurs, des plantes. On y ajoute par dessus de l'eau
d'émail et une couche de chaux épurée, et on met le vase au four.» Ce
vase porte le _nien-hao_ de l'empereur Siouan-te, de la dynastie des
Ming (1426-1436).
BOUTEILLE à la panse orbiculaire, au pied carré, au col cylindrique,
aux anses dont le bout se relève en forme d'un pétale de fleur.
Céladon bleu d'empois, où se voient, sur chaque face, trois pêches de
longévité, entourées du vol de cinq chauves-souris.
PETITE ÉCUELLE carrée aux angles arrondis et rentrants. Céladon fleuri.
Décor extérieur, une grecque lignée d'or et dont les compartiments
gaufrés forment des dessins géométriques à têtes de dragons. Décor
intérieur, bâtonnets de bambous en relief et dorés, se coupant à angles
droits. Cette écuelle porte imprimé en or le _nien-hao_ de l'empereur
Kien-long.
GRAND VASE au renflement cylindrique commençant au col. Céladon vert
d'eau. Un de ces vases que le dix-huitième siècle appelait _porcelaines
à modèles_, et qui représente, dans un relief blanc doré, des potiches,
des brûle-parfums, des pitong, des rouleaux d'écriture. Il porte le
_nien-hao_ de l'empereur Kien-long. Ce _nien-hao_, imprimé en or
gaufré, comme celui de la petite écuelle, semble annoncer que c'est une
porcelaine sortant d'une manufacture impériale.
GRANDE BOUTEILLE de forme persane, au long col évasé, à la large panse.
Céladon fleuri. Porcelaine toute gaufrée d'ornements géométriques
terminée par une grecque à têtes d'animaux chimériques, une décoration
qui revient souvent dans les céladons. Cette bouteille porte, imprimée
en bleu, le _nien-hao_ de l'empereur Kien-long.
PETITE BOUTEILLE formée de l'enroulement d'une feuille de nénuphar
autour de laquelle commencent à s'ouvrir deux autres feuilles. Céladon
vert d'eau présumé japonais.
GOURDE aplatie à double renflement. Céladon bleu d'empois. Céladon
d'un uni de ton et d'une glaçure de pierre précieuse réalisant presque
le jade, dans une des plus élégantes montures de bronze doré du
dix-huitième siècle.