Cette couleur, appelée par le dix-huitième siècle _bleu céleste_, et
dont la base est un ivoire fossile coloré par l'oxyde de cuivre, est
la couleur par excellence de la Chine, qui en a fait ces vases d'un
bleu pâle si charmant et si inimitable, que les Japonais eux-mêmes,
avec toute leur habileté, n'ont jamais pu imiter qu'avec un bleu dur,
un bleu de verre. Il est reconnaissable, le beau bleu turquoise,
indépendamment de la qualité de sa nuance, à un truité très fin, que
les Européens ne sont jamais arrivés à contre-façonner, à un truité
ressemblant au chagrin écrasé des étuis de galuchat de nos grand'mères.
VASE à quatre pans carrés et évidés au pied, d'une forme sveltement
élancée. Anses formées d'anneaux attachés à des mufles. Pièce de bleu
turquoise, du bleu le plus célestement bleu, sans mélange d'aucune
nuance verdâtre.
PETITE THÉIÈRE en forme d'une petite caisse allant en se rétrécissant,
avec un goulot d'arrosoir, et surmontée d'une poignée entre deux anses
à oreilles. Pièce de la forme la plus originale, et d'une qualité de
turquoise exceptionnelle.
PLATEAU aux bords recroquevillés et festonnés. C'est l'imitation d'une
molle feuille de nénuphar, et sur laquelle sont modelés en plein relief
un escargot, une sauterelle, un crabe. Bleu qui semble l'eau vertement
azurée que, sous les cieux du Midi, gardent les creux de rocher, quand
la mer s'est retirée.
ARRÊTE-PINCEAUX, appelé en Chine _py-tia_. Bleu turquoise. Un
morceau de porcelaine à l'extrémité supérieure mamelonnée et ayant
les saillants et les rentrants d'un poignet fermé. Dans la partie
inférieure, une bordure à jour formée de ronds évidés entrant l'un
dans l'autre.