Fait à Versaille le 30 décembre 1743._

—«Mémoire pour le sieur de Lanoue, la demoiselle Gaussin et consorts,

opposants à la réception de la demoiselle Clairon.»

Ironie moquant les effarouchements de pudeur des vertus de la

Comédie-Française: «Quelle humiliante rivalité pour la demoiselle

Gaussin! L'innocence de ses mœurs n'aurait-elle pas dû la soustraire

à de pareils accidents?» Et la brochurette rappelle l'humaine parole

qu'elle avait souvent à la bouche: «Et comment en effet est-il possible

de refuser un galant homme, qui se présente de bonne grâce et nous

presse avec instance!»

—Histoire de mademoiselle Cronel, dite Fretillon, actrice de la

Comédie de Rouen, écrite par elle-même. La Haye, 1758.

Roman allusif aux commencements de la tragédienne.

—«Mémoires de mademoiselle Clairon, actrice du Théâtre-Français,

publiés par elle-même, 1822.»

Mademoiselle DANGEVILLE.—«Lycée des arts. Éloge de la

citoyenne Dangeville, ancienne artiste du Théâtre-Français. Fait et

prononcé par le citoyen Molé, artiste du même théâtre, et membre du

Directoire du Lycée des Arts, le 20 fructidor an II de la République

Française une et indivisible. De l'imprimerie de Lenormant.»

Mademoiselle DE LA MOTTE.—«Éloge de mademoiselle de la Motte,

de la Comédie-Française.» (Tiré du Nécrologe.)

Mademoiselle DUCLOS.—«Mémoire pour Marie-Anne de

Chasteauneuf-Duclos. Demanderesse. Contre Pierre Chemin, tuteur de

Pierre-Jacques Chemin, son fils, défendeur.»

C'est une pièce du procès de la vieille Duclos, demandant la nullité

de son mariage avec un jeune mari de dix-sept ans, tombé, un jour

d'incendie, dans sa chambre, en chemise.

—«Réponse au mémoire intitulé: Accusation de bigamie par une seconde

femme contre un mari, dont la première femme a esté enlevée et déguisée

pendant sept ans sous l'habillement d'homme, et est morte chez

demoiselle Duclos, comédienne, et a été inhumée à Saint-Sulpice sous le

nom de Chevalier de Morsan. Paris, 1734.»

Trouble et mystérieux procès, qui laisse indécise la question du sexe

de l'individu mâle ou femelle, qui se cachait sous le lit ou dans la

ruelle de la comédienne, quand quelqu'un entrait.

Mademoiselle DUMESNIL.—«Lettre d'un négociant de Marseille à

un de ses amis de Paris.»

A propos des représentations de la Dumesnil, au mois d'août 1753, à

Marseille, pendant lesquelles le duc de Villars, gouverneur de la

province, avait fait doubler les places, au profit de la tragédienne.

—«Mémoires de mademoiselle Dumesnil en réponse aux Mémoires

d'Hippolyte Clairon par Dussault. Paris, 1829.»

Mademoiselle DURANCY.—«Notice sur Mademoiselle Durancy.»

(Tirée du Nécrologe.)

Mademoiselle GAUSSIN.—«Éloge de mademoiselle Gaussem», qui

serait le vrai nom de l'actrice. (Tiré du Nécrologe.)

—«Réponse pour mademoiselle Gaussin à Mademoiselle d'Arimath, de

l'Opéra-Comique, en forme d'une lettre, adressée à M. Fagon, sur sa

nouvelle pièce, intitulée «l'Heureux Retour».

Madame JOLY.—«Aux Mânes de Marie-Élisabeth Joly, artiste

célèbre du Théâtre-Français, par Dulomboy, ancien capitaine de

cavalerie, Paris, an VII de la République.»

Joli petit monument typographique, avec les deux figures dessinées

par Dugoure, et la musique gravée de ses tristes romances, par l'ami,

l'amant, l'époux de l'actrice.

Mademoiselle LANGE.—Lettre autographe signée de son nom de

femme mariée: Simon.

_De Meudon, 18 fructidor._

_Combien vous devez m'en vouloir! et combien vous avez raison. Je

n'ai pas d'excuses à mes yeux, jugez aux vôtres. Je ne conçois

pas ma négligence; elle ne vient pas cependant de mon cœur, je

puis vous l'assurer._

_Papa se porte à merveille, il est d'une égalité tout à fait

aimable, pas un moment d'humeur, grâces vous soient rendues! Il

me parle beaucoup de vous, ce n'est pas le moment où, à mon

avis, il parle le moins bien. Je comptois beaucoup sur le plaisir

de vous voir cette année, je n'y ai pas encore renoncé, mais je

crains que ce ne soit pas tout de suite. Les plaisirs de Paris

sont bien monotones: quelques concerts donnés dans des cafés en

plein air, exécutés par de malheureux artistes si honteux ou si

tristes d'en être réduits là, qu'ils se sont faits mettre en cage

pour n'être pas vus. Plus de société, tout le monde est retiré

à la campagne. Moi je suis triste, mais je ne m'ennuie pas, je

travaille, je chante, Michel m'aime, je le lui rends, et le temps

passe. Envoyez-moi donc, en parlant chanson, une petite romance

dont l'accompagnement soit bien facile, afin que je vous montre,

quand j'aurai le plaisir de vous voir, combien je suis savante.

Parlez de moi à Pierre, et faites-moi le plaisir de lui dire pour

moi mille choses. Adieu, Jules. Je ne vous recommande pas de ne

pas m'en vouloir. Je connais votre cœur et je suis sûre que

l'exorde serait inutile. Je vous embrasse de toute mon âme._

_F. Simon._

Mademoiselle LECOUVREUR.—«Lettre à mylord D*** sur Baron

et la demoiselle Lecouvreur où l'on trouve plusieurs particularités

théâtrales, par Georges Wink. Paris, 1730.»

—Notice sur Adrienne Lecouvreur, par Lemontey, in-4°, sans date;

composée pour la Galerie française.

Mademoiselle MEZERAY.—Lettre d'amour autographe de Mezeray

avec son original cachet l'annonçant ainsi: _C'est de moi_.

_Si je ne réponds pas à votre lettre aussi bien que je le

voudrois, c'est à mon esprit qu'il faut le reprocher et non à mon

cœur qui, je vous jure, n'en mérite aucun. Il ne recèle rien

que je ne puisse vous ouvrir avec plaisir et franchise, et cela

dans tous les temps de ma vie._

_Votre lettre m'afflige, je vous dirai en quoi. Je remets à jeudi

à vous dire ce que j'en pense. J'ai trop d'amitié pour vous, pour

me plaindre du peu de justice que vous rendez à votre amie._

_Bonjour, je ne puis vous en dire plus, ce qui me fâche..... Mais

à jeudi à dîner, peut-être vous verrai-je avant, je l'espère et

le désire toujours._

Mademoiselle QUINAULT.—Lettre autographe (sans date) à madame

de Graffigny, qui commence ainsi: _Je ne sais pas si c'est de trop

manger, mais j'ai la valeur de quatre indigestions_, et elle termine en

disant: _Mes chats et moi nous vous baisons les pattes_.

Mademoiselle RAUCOURT[18].—«LA LIBERTÉ, OU MADEMOISELLE

RAUCOURT. _A toute la secte anandrine assemblée au foyer de la

Comédie-Française. Se trouve dans les coulisses de tous les théâtres,

1791_», avec une figure libre. Texte différent de celui publié dans

«l'Espion anglais» sous le titre: «Apologie de la secte anandryne, ou

Exhortation à une jeune tribade par mademoiselle de Raucourt, prononcée

le 28 mars 1778»[19].

[18] La notice la plus complète sur Mlle Raucourt se trouve

dans un recueil bien inconnu. Ce sont LES DIX MÉLANGES, _ou

Mémoires secrets_, par A. Châteauneuf. Premier cahier. Paris,

chez Ponthieu, 1809.

[19] Mlle Raucourt n'a point été calomniée. Vignères a vendu,

il y a une quinzaine d'années, une collection de lettres de la

Raucourt adressées à des femmes, qui avaient la tendresse et la

passion des lettres d'un amant.

Mademoiselle SAINVAL cadette.—«Lettres de madame la comtesse

de Mal..... à madame la marquise d'A..... Paris, 10 mai 1779.»

—«Lettre de mademoiselle Sainval cadette à la Comédie-Françoise,

du 14 janvier 1784.»

Deux brochures concernant la querelle de mademoiselle Sainval, soutenue

par le public contre madame Vestris, protégée par le maréchal duc de

Duras et les gentilshommes de la chambre.

—Lettre autographe signée, à la date du 11 août 1785, relative au duel

entre les deux femmes qui dure jusqu'à la Révolution.

_Monseigneur,

Je suis si touchée, si pénétrée de la manière pleine de bonté

dont vous m'avez reçue que je ne puis taire tout le plaisir que

j'ai eu, que j'ai encore, et que je dis à tout le monde.

Si les personnes, Monseigneur, qui vous indisposoient sans

cesse contre moi, qui grossissoient mes torts, m'en donnoient

toujours et mettoient un voile épais sur mes foibles qualités,

m'avoient abandonné à votre bonté naturelle, les méchants qu'ils

sont, m'auroient épargné bien des chagrins: puissent-ils être les

derniers, et je leur pardonne de bon cœur.

Vous avez daigné, Monseigneur, écouter des détails, que j'ai

abrégés, parce que je ne les faisois pas pour vous apprendre les

torts de mes ennemis, mais je vous ai supplié, Monseigneur, de

me permettre de vous rappeler ma conduite à la Comédie, celle

que l'on a tenue avec moi, pour vous bien convaincre que je ne

suis ni folle, ni méchante. Madame Vestris par des procédés et

des vexations insupportables, pendant huit ans, étoit parvenue

à me dégoûter de mon état, à me faire désirer de quitter Paris,

préférant ma tranquillité à tout. Elle y a mis le comble en

faisant à mon insçu imprimer une lettre écrite, dans un moment de

douleur, à mes camarades, et qui ne devoit être connue que d'eux.

Le libelle qu'elle y joignit, les mensonges qu'il contenoit,

la cour, la ville, les provinces qui en ont été assaillies!

Jugez-la, Monseigneur, et jugez-nous. Vous désirés maintenant

pour le bien général, pour l'intérêt particulier, que je sacrifie

mon juste ressentiment, que je regarde madame Vestris comme une

femme ordinaire pour moi; je ne la hais plus, Monseigneur, mais

je me rappelle, malgré moi, tout ce qu'elle m'a fait, tout ce

qu'elle peut faire, et j'ai toujours peur..... Je vous ai promis,

Monseigneur, de jouer avec elle, puisque vous le désirés, et je

ferai, pour vous seul, ce que la crainte ne pourroit obtenir de

moi; mais, Monseigneur, que je puisse au moins dire au public:

J'ai été vaincue par les bienfaits de monsieur le Maréchal de

Duras..._

Mademoiselle DE SEINE.—«Lettre de mademoiselle de Seine,

comédienne ordinaire du Roy, à Messieurs de l'Académie françoise au

sujet de la lettre de cachet décernée contre elle, sur la réquisition

de messieurs les premiers gentilshommes de la chambre, 1735.» (Copie

manuscrite du temps.)

Pamphlet dans lequel est surtout maltraité le marquis de Nesle, le père

des sœurs maîtresses de Louis XV.

La maison d'un artiste, Tome 2 · 第 22 / 53 题