Je n’ai pas la présomption de prétendre que tout se passera de la sorte.

Que les hommes comprennent seulement qu’il leur est désormais nécessaire

de veiller et de se prémunir.

Mais il y a mieux à faire. Nous devons à notre orgueil humain de prendre

l’offensive: nous devons au passé souverain de notre race de ne pas

accepter qu’une part de la Terre, si petite soit-elle, reste insoumise à

sa domination. Évidemment il est impossible que les sauriens polaires

nous enlèvent l’empire d’un monde dont nous avons poursuivi la conquête

durant des milliers et des milliers d’années, d’un monde où nous ne

pouvons plus faire un pas sans fouler les os ou la cendre d’un de nos

morts, d’un sol dont toutes les parcelles sont mélangées de poussière

humaine. Mais, qu’ils nous causent le moindre dommage, cela même ne

saurait se souffrir, et c’est assez qu’ils aient fait périr deux de nos

semblables par leur volonté entêtée, sournoise et incompréhensible de

les garder captifs dans leur pays pour provoquer notre vengeance et leur

asservissement.

Au reste, cet asservissement ne fait aucun doute, même pour un avenir

prochain. Le récit de ces aventures, divulgué dans le grand public, ne

peut manquer d’y susciter des sentiments pareils à ceux que j’exprime.

Nous possédons, grâce à la précaution de Dupont, les plans d’un

excellent ballon dirigeable, et demain les aéroplanes sillonneront

définitivement les routes du ciel. Nous savons, d’autre part, à quelles

embûches il faut nous attendre de la part des monstres et il nous est

par conséquent facile de les éviter. Une nouvelle expédition s’impose.

Que toutes les nations y participent, que toutes, oubliant pour la

première fois leurs discordes, unissent leurs aspirations et leurs

efforts contre la race rivale, et qu’une flotte aérienne frétée par

elles aille planter sur la terre du Pôle, non pas le drapeau de tel ou

tel peuple, mais celui même de l’Empire humain.

FIN

TABLE

PROLOGUE 7

I.--DEUX HOMMES, DEUX CHIMÈRES 23

II.--LES CAVALIERS... 34

III.--... ET LEUR MONTURE 55

IV.--PROPOS ENTRE CIEL ET TERRE 64

V.--LE JOUR VIOLET 77

VI.--SUR LA PIERRE BRUNE 91

VII.--CEINTRAS ÉGARE SON OMBRE ET SA RAISON 101

VIII.--LA FACE AURÉOLÉE D’ÉTOILES 118

IX.--HEURES D’ATTENTE 130

X.--L’ÊTRE SE MONTRE 143

XI.--EXCURSIONS SOUTERRAINES 163

XII.--FAUX DÉPART 189

XIII.--L’AGONIE DE LA LUMIÈRE 206

XIV.--ÉCRIT SOUS LA DICTÉE DE LA MORT 226

ÉPILOGUE 233

ACHEVÉ D’IMPRIMER

Le vingt-sept mai mil neuf cent sept

PAR

ARRAULT ET Cie

A TOURS

pour le

MERCVRE

DE

FRANCE

Le peuple du Pôle · 第 12 / 12 段