sentencieusement ces mots que je fus une bonne minute à comprendre:
--«Voilà ce que c'est que d'avoir fréquenté les petites courtisanes de
Toulon.»
Il ajouta, voyant mon air étonné:
--«Satyros s'éloigne de la nature. On en fera peut-être quelque chose.»
La perspicacité de Diogène me surprit et m'enchanta en même temps. Comme
les deux propositions se rejoignaient bien et comme elles traduisaient
bien mon propre sentiment! Mais que voulait dire le dernier mot: «On en
fera peut-être quelque chose?» Ne suis-je donc rien, rien de sérieux,
rien de vrai?
--«Diogène, répondis-je, j'entends votre première pensée, elle répond à
la mienne; mais que vous proposez-vous de faire de moi? Ceci est obscur.
--Un philosophe, Satyros, rien de plus, rien de moins, un philosophe
comme moi-même, c'est-à-dire un homme qui n'est dupe de rien ou qui,
quand il est dupe, le sait et jouit de sa duperie; c'est un état très
rare et qui surpasse celui même des Dieux, lesquels, si j'en juge par
toi-même, sont fort ignorants et presque toujours à la merci des
impressions du moment. J'ai été content de voir de quel oeil tu as
considéré les deux rustaudes qui t'ont fait leurs meilleures agaceries.
C'est le premier stade. Il faut savoir résister à ses passions. Le
second est de leur céder. Ni au-dessus ni au-dessous des faiblesses
humaines, auxquelles les faiblesses divines ressemblent beaucoup, si
j'en juge encore par toi-même, voilà une bonne position. Sois toujours à
leur niveau, toujours prêt à leur répondre, les yeux dans les yeux.
--Si je les avais rencontrées le long d'un sentier, dans la montagne,
malgré ma répulsion du premier moment, je n'aurais pas été maître de mon
désir.
--C'est bien comme cela que j'entends le second stade, reprit Diogène,
mais il en est un troisième, encore plus avantageux. C'est quand on
s'aime assez soi-même, pour s'aimer plus que les désirs qui nous font
sortir de notre égoïsme. Je m'achemine vers cet état, où je ne crois pas
que tu parviennes jamais, Satyros.
--Je ne le crois pas non plus, Diogène. Si la nature des dieux ne
s'éloigne guère de celle des hommes, elle en diffère pourtant par un
point essentiel, que leur égoïsme est si vaste que toute poésie s'agrège
aussitôt à sa substance, sans effort et par le jeu même du désir. Je
m'enrichis là où tu t'appauvris, Diogène.»
Ce fut à son tour de méditer la profondeur de mes paroles. Il ne sut
quoi répondre, sans doute, car je vis sur son visage de l'ennui et de la
tristesse et peut-être de l'envie. Diogène n'est plus très jeune, j'ai
peur que sa philosophie ne soit une sorte de résignation insouciante à
la fatalité qui pèse sur les hommes. Je m'aperçois, les livres me l'ont
déjà enseigné, qu'il y a autant de philosophies qu'il y a d'âges et de
tempéraments. Il me l'a assez bien esquissé par sa théorie des trois
stades; on désire résister à ses passions, quand elles sont si faibles
qu'un peu d'attention suffit à les dominer. On y cède, quand elles sont
si puissantes que la lutte est douloureuse. On les dédaigne, du jour où
elles sont redevenues sans force, et on n'ose plus regretter le temps de
leur pouvoir, de peur de paraître avec l'attitude d'un vaincu. C'est le
moment de la vertu. Selon que des jeunes hommes ou des vieillards, des
débiles ou des forts régissent la société, l'un ou l'autre esprit domine
le monde. Et je crois bien qu'il en est ainsi de tous les penchants
humains. Les Etats oscillent selon que l'action ou le rêve sont le plus
applaudis sur la scène. Ah! je comprends pourquoi on rit dans l'Olympe.
ANTIPHILOS.
XIII
L'INCONNUE
Cannes, 1er décembre.
Cher ami, je ne vous ai pas conté ce qui nous advint à Monte-Carlo et
c'est à peine si je m'en souviens maintenant. Dans le premier moment,
cela me semblait considérable, mais je vois bien que les événements
n'ont guère d'intérêt que dans leur nouveauté: cela doit nous apprendre
à les considérer avec philosophie au moment même qu'ils nous sont le
plus douloureux. Il me semble bien que l'aventure arrivée à Diogène, et
qui nous atteignait tous les deux, aurait pu mal tourner, du moins il me
l'a dit, mais mon insouciance ne s'y est pas arrêtée longtemps et la vie
m'a donné raison.
--«Heureux Antiphilos! disait Diogène, en me contemplant avec une
admiration mêlée de colère, nous sommes perdus et il est calme comme un
dieu! Es-tu capable au moins de me donner un conseil? Animal divin, sois
oraculaire, sois dodonique, profère un nombre!»
Il est probable que j'obéis, car Diogène manifesta soudain un grand
contentement et disparut, me laissant un peu effaré par ses manières sur
un des bancs du jardin, à l'ombre indécise des palmiers. Je ne tardai
pas à me remettre, car le lieu était propice à la paix. Des jeunes
femmes passaient accompagnées d'hommes vénérables et les mêmes pensées
certes n'habitaient pas leurs têtes, car ils avaient des regards
dissemblables. Celui des hommes était morne et celui des femmes était
stupide, et quoique plusieurs d'entre elles fussent assez jolies, elles
ne m'inspiraient aucun désir.
D'ailleurs, je ne dispute jamais une femme à un mâle. Il n'y a que les
béliers, les boucs et taureaux qui entremêlent leurs cornes et luttent
pour la conquête des femelles. Moi, dont les moeurs sont pacifiques, je
ne m'attaque jamais qu'aux femmes seules, c'est plus sûr. Même, à moins
que cela ne soit la nuit, autour des maisons, j'attends d'avoir vu dans
leurs yeux la petite flamme provocatrice que ma présence manque rarement
d'allumer à leurs prunelles. Ainsi, je ne me mets pas en frais, à moins
d'être sûr de plaire. Diogène m'a dit que les hommes ne sont pas ainsi
et que ce qui les excite dans une femme, c'est sa froideur, souvent, non
moins que les obstacles qui la protègent. Ils emploient dans leur
langage à ce sujet toutes sortes d'images guerrières qui font de leurs
livres sur l'amour de véritables traités de stratégie. Il y est question
de siège, de stratagèmes, d'escarmouches, d'attaque, de défaite, de
résistance, de victoire, de conquête. Je ne comprends rien à tout cela.
L'amour n'est rien, quand il n'est pas le jaillissement d'un double
désir. Cependant, je ne serais pas digne du nom de Satyros si je
n'admettais l'assaut et l'enlèvement, la surprise qui satisfait le désir
endormi avant qu'il n'ait eu le temps de s'éveiller. Ce n'est peut-être
pas le plus beau côté de ma nature, mais elle est telle que les dieux
l'ont faite et d'ailleurs ni femmes ni filles ne s'en sont jamais
plaintes. Il faut dire que j'ai tout à fait refréné ces manières, depuis
que je vis dans les villes une vie pareille à celle des autres hommes.
Si je n'ai pas encore compris que l'on assiège la femme, comme Alexandre
assiégea la ville de Tyr, c'est peut-être que je tiens plus encore à
l'ingénuité de ses désirs qu'à une possession que, dans le système
stratégique, on ne doit le plus souvent qu'à la lassitude de l'assiégée,
à la science poliorcétique de l'assiégeant.
--«Satyros, cria tout à coup la voix de Diogène, Satyros! Tu es le vrai
Dieu ou du moins un dieu véritable!»
Et, plongeant une main dans sa poche, il la retira pleine d'or.
--«Mais, soyons prudents, continua-t-il. Il ne faut plus interroger le
destin. Il a fort bien répondu. Fuyons cette ville. Prends mon bras du
côté de l'or et partons sans retourner la tête.
--Vous avez tort, monsieur, reprit une autre voix derrière nous. On ne
rompt pas ainsi sa veine...»
C'était une fort jolie femme, non sans élégance ni sans distinction.
Diogène l'apostropha avec emphase:
--«Es-tu le dragon qui garde ces portes et qui doit reprendre aux
mortels l'or que leur octroya le destin? Es-tu...
--Je ne suis même pas un dragon de vertu, répondit la jeune femme, en
souriant agréablement. Tu as raison. Il est temps d'aller déjeuner. Je
te montre le chemin.»
Déjà elle prenait mon bras, et je me laissais faire innocemment, quand
Diogène s'élança:
--«Laissez mon ami, je vous prie. Il ne désire pas vous suivre.»
J'avais l'air d'un collégien que son grand frère arrache aux périls
d'une aventure et je trouvais que Diogène protégeait vraiment un peu
trop ma vertu, car cette femme me plaisait décidément. J'ai vraiment
honte de vous l'avouer, mais je luttai un instant encore contre mon
désir, je me vis sur le point d'obéir à Diogène, mon bras allait se
dégager, je me sentais le fils docile de la civilisation la plus morne,
de celle qui s'assied au bord de la route et qui regarde passer ses
rêves, sans oser leur mettre la main sur l'épaule. Mais elle tourna vers
moi sa tête blonde aux yeux clairs, nos regards se pénétrèrent et je me
sentis soudain redevenir le faune des forêts, le faune jovial et
hennissant que peuvent vaincre les coups de fourche, mais non les
raisonnements.
J'eus un éclat de rire strident, par quoi je raillais mes hésitations.
Ma compagne en trembla et serra davantage mon bras. Elle m'emmena et je
croyais l'emporter, tant je sentais déjà ses membres palpiter sous mon
effort.
Quand Diogène nous rejoignit dans les chambres, dont il avait comme moi
la clef, elle se recoiffait déjà dans la glace en me regardant de coin
et en murmurant:
--«Quel homme! c'est prodigieux!»
Il eut l'insolence de venir nous considérer, puis il haussa les épaules
et dit:
--«Autant celle-là qu'une autre. Elle est d'ailleurs jolie, quoique
douée de cheveux blonds. Satyros ne pouvait rester plus longtemps sage.
D'ailleurs il faut bien égayer la route. Nous allons loin, madame, et
les caprices des dieux sont brefs. Je vous laisse, à moins que vous ne
m'invitiez à partager votre repas.»
La nymphe se recoiffait toujours. Je pensai que les femmes sont bien
heureuses d'avoir à manier leur chevelure dans les circonstances
délicates. Moi, je ne savais que faire et je ne savais que dire.
--«Quel repas? demanda la dame. Il est fini, ajouta-t-elle avec un joli
rire. Du moins, je le crois.
--Et vous êtes recoiffée? fit Diogène.
--Qui êtes-vous donc, vous? dit-elle, presque en colère, qui venez vous
mêler...
--Je suis, madame, le secrétaire de Satyros, et comme je crains qu'il ne
connaisse pas bien les usages...
--Je comprends. Vous me croyez vénale? Je suis esclave de la vie, voilà
tout. Je sais goûter, sous ma chaîne et selon sa longueur, les
enchantements de la minute présente et en accepter les déboires.
Laissez-moi avec mon ami d'une heure, afin que j'amasse sous mes
paupières les larmes pour le moment où il me quittera... Souvent, j'ai
vu naître l'amour, dans les yeux qui me suivaient, mais je n'ai pas su
comment faire croître la fleur, comment au moins la garder fraîche comme
une rose dans un verre d'eau. Quand mes amants s'en vont, ils écrasent
la rose en ricanant, et la jettent à terre et la piétinent. As-tu, toi
aussi, honte de ton plaisir?
--Comme elle parle bien! dit Diogène, qui aime l'éloquence. Que j'aime
cette joueuse de flûte! Tu ne dis rien, Satyros?»
Mais je parlai et elle resta.
ANTIPHILOS.
XIV
FUITE
Cannes.
Mon cher ami, Diogène me dit que c'est l'usage entre civilisés de se
faire force compliments hypocrites quand arrivent les derniers jours de
l'année, mais cette coutume ne me convient pas pour plusieurs raisons.
La première est que je connais les saisons, mais non pas les années, qui
ont déjà tombé sur ma tête en nombre tel que je devrais en être
enseveli. Tantôt il fait chaud, tantôt il fait froid. Les saisons
alternent et ne s'accumulent pas. La seconde, la troisième et les autres
sont que j'ai un dégoût profond des hommes et que je ne veux plus leur
ressembler en rien. Je m'en vais, je retourne aux vieux bois sacrés et
au hasard des routes. J'ai retenu mon passage sur une nef qui regagne le
pays de Théocrite, veuve des citrons qu'elle apporta. Diogène m'a
représenté que sans doute je serai très malade, aussi que je ferai
peut-être naufrage, mais je crois que c'est pour m'effrayer, et
d'ailleurs j'aime mieux me livrer à tous les périls que de risquer de
devenir à la fin un homme pareil à ce que vous êtes. Je m'en vais, je
m'en vais! Rien ne me retiendra.
Je fuis un mal affreux, qui diminue mes forces, qui brise mes jambes,
qui pourrait faire blanchir mon poil. Diogène, qui en est atteint comme
moi, moins peut-être, le supporte gaillardement, se moque de moi et me
jure que c'est le lot commun des hommes et qu'il faut apprendre à vivre
avec lui. J'en eus déjà une crise, dont je vous fis part, je crois,
mais, cette fois, c'est intolérable. C'est l'ennui. Tout me semble
inutile, je n'ai aucun désir et la vie est pour moi sans goût. Diogène
me dit que cette crise passera comme la première, mais elle est beaucoup
plus forte et j'y succombe. Je sens que seule la solitude peut me guérir
et il faut que je mette à la chercher la dernière énergie qui me reste
encore.
Cydalise m'a décidément oublié. Cela m'a fait du chagrin, et voilà déjà
un mauvais sentiment et dont j'ai honte. Diogène le trouvait honorable,
mais je ne suis pas (heureusement) construit comme vous et elle me fait
horreur, l'idée qu'une femme aurait pu me réduire en esclavage au point
de me rendre son oubli douloureux. Le pis, c'est qu'il y a une partie de
moi-même qui pense comme Diogène. Il est allé faire un tour à Toulon.
Elle n'est revenue à aucun moment. Elle n'a pas écrit. Enfin il a su par
une de ses camarades qu'elle n'était jamais allée à Turin; elle ajoutait
que nous aurions peut-être de ses nouvelles un jour ou l'autre. Je
voudrais ne jamais plus connaître que des femmes sans nom, comme celle
que je ramassai dans les jardins de Monte-Carlo. Il ne faut pas qu'un
être sorte de sa nature. Celles-là me conviennent, qui viennent menées
par le hasard, et qui passent.
Je m'en vais! Il y a tout de même une consolation dans ces syllabes que
je répète souvent, et qui me mesurent mes derniers jours parmi les
hommes. Diogène ne cherche pas beaucoup à me retenir. Il voit mon
abattement et a renoncé à le vaincre. D'ailleurs, je crois qu'il a la
nostalgie de sa vie libidineuse; le voyage de Toulon a réveillé ses
souvenirs. Je le regretterai peut-être. Il n'ignore rien des moeurs des
femmes de son pays et moi, qui en ignore presque tout, j'aimais ses
discours amers et pourtant pleins de jovialité:
--«Tu nous reviendras, Satyros, quand la solitude, ou plutôt la
barbarie, aura retrempé ton coeur. Tu as encore bien des expériences à
faire parmi nous, je veux dire parmi les femmes qui aiment l'amour, et
c'est toutes, si on compte celles qui le fuient parce qu'elles croient
en avoir peur. Tu n'as connu que celles qui se jettent à la tête des
hommes, mais il y a celles qu'il faut conquérir. C'est l'infini,
Satyros. C'est notre infini à nous et généralement notre tombeau. Nous y
descendons, en rêvant encore à l'énigme de leur sourire dont on ne saura
jamais s'il est une propriété naturelle ou une condescendance de leur
visage. Tu ne peux pas comprendre cela, je le crains, Satyros, mais, ces
femmes-là, on les aime en proportion de ce que l'on doute de leur amour,
dont on n'est jamais sûr. Elles ne sont jamais tout à fait conquises, et
c'est ce qui donne tant de prix à leurs moindres faveurs. C'est un monde
bien différent. Tu n'en as point la moindre idée, Satyros. Tu en es
resté à Phryné, chez laquelle on avait toujours accès, précédé d'un sac
d'or...
--L'or, qu'est-ce que c'est que ça?
--Ou d'une belle réputation faunesque.
--A la bonne heure!
--Je ne dis pas que ce dernier mérite, qui est le tien, ne puisse encore
t'ouvrir quelques coeurs où l'orgueil n'a pas tué la curiosité, mais il
faut aussi pour cela une qualité de diplomatie qui ne t'appartient pas
encore.
--Cela m'ennuie d'avance!
--Tu ne peux pas savoir. Ah! Satyros, malgré ta petite aventure avec
Cydalise, tu es d'une belle ignorance sentimentale. Que d'échelons tu as
encore à monter, ou peut-être à descendre, pour être au niveau de la
belle humanité délicate!
--A descendre, Diogène, à descendre. Mais je ne désire plus ressembler
aux hommes. Je désire m'en aller.
--Tu le diras aussi quand tu seras tout seul avec tes frères les arbres
et les ombres fuyantes de tes désirs. Patience! Tu reviendras. Et pour
cela il faut partir. La nostalgie est le commencement de la vie
spirituelle. L'ennui est la noblesse de l'âme.
--J'aurais plutôt cru que ce fût la joie.
--Non, une âme joyeuse ne sera jamais tout à fait distinguée. Si tu fais
des cabrioles, au moins que cela soit avec mélancolie. Regarde-moi bien.
L'infini commence à poindre dans tes yeux. Satyros, je crois découvrir
en toi un Faune chrétien à son aurore.
--Je sens obscurément, Diogène, que tu me railles. N'importe, je te
regretterai peut-être.
--Je l'espère bien. Mais je ne te raille pas. Je constate qu'une
certaine tristesse t'a touché le coeur. Si tu restais, tu serais bientôt
malheureux avec délices. En effet, cet état ne convient pas à un dieu.
C'est bon pour nous, c'est bon pour moi qui n'ai plus que ce moyen de
vivre les dernières années de ma pauvre vie. Elle m'échappe et je ne la
retiens qu'en feignant l'indifférence, car il y a une ironie dans les
choses et elles aiment la malice de la contradiction. Mais moi je sais
que j'ai encore de l'amour pour elles et que cet amour est inutile.
Alors tu vois ce qui se passe en moi?
--Je ne le vois nullement, mon cher Diogène, malgré toute mon
application, mais je désire que tu sois heureux et qu'Erèbe te soit
favorable.
--C'est entendu. Adieu. Je retourne à ma turpitude.»
Ah! je ne comprendrai jamais les hommes! Mais mon bateau part demain au
lever du jour et je dois aller coucher à bord. Je ne sais si j'aurai
encore l'occasion ni même le désir de vous écrire.
Votre ami,
ANTIPHILOS.
FAC-SIMILÉ DU MANUSCRIT DE l'AUTEUR
[Fac-similé du manuscrit de la lettre 9, sur 9 pages.]
TABLE
DES LETTRES D'UN SATYRE
_A L'Amazone_ 7
I. Apparition 23
II. La Fosca 38
III. L'après-midi d'un Faune 51
IV. Cydalise 63
V. Métamorphose 73
VI. La Cellule 83
VII. Le Satyre! Le Satyre! 93
VIII. L'eau de fenouil 105
IX. Erèbe 118
X. Diogène 126
XI. Déidamie 141
XII. La grappe de raisin 153
XIII. L'Inconnue 165
XIV. Fuite 177
_Fac-similé du manuscrit de l'auteur_ 187
CE LIVRE, LE VINGTIÈME DE LA COLLECTION DES MAITRES DU LIVRE, A ÉTÉ
ÉTABLI PAR AD. VAN BEVER. TIRÉ A MILLE SOIXANTE EXEMPLAIRES; SOIT: 5
EXEMPLAIRES SUR VIEUX JAPON IMPÉRIAL, NUMÉROTÉS DE 1 A 5; 5 EXEMPLAIRES
SUR CHINE, NUMÉROTÉS DE 6 A 10; 50 EXEMPLAIRES SUR JAPON IMPÉRIAL (DONT
8 HORS-COMMERCE), NUMÉROTÉS DE 11 A 52 ET DE 53 A 60; ET 1000
EXEMPLAIRES SUR PAPIER DES MANUFACTURES DE RIVES (DONT 50
HORS-COMMERCE), NUMÉROTÉS DE 61 A 1010 ET DE 1011 A 1060, LE PRÉSENT
OUVRAGE A ÉTÉ ACHEVÉ D'IMPRIMER PAR PAUL HÉRISSET, A ÉVREUX, LE 10
FÉVRIER MCMXIII. LES ORNEMENTS TYPOGRAPHIQUES ONT ÉTÉ DESSINÉS ET GRAVÉS
SUR BOIS PAR PIERRE-EUGÈNE VIBERT.