Paris, 5 janvier 1810.
_Réponse de Sa Majesté à l'adresse du collège électoral du département
de la Drôme._
Messieurs les députés du collège du département de la Drôme, j'agrée les
sentimens que vous m'exprimez au nom de votre collège; je connais le
bon esprit des citoyens de votre département et leur attachement à ma
personne.
_Réponse de Sa Majesté à l'adresse du collège électoral du département
du Rhône._
Messieurs les députés du collège du département du Rhône, j'aime à vous
entendre; il me semble être dans ma bonne ville de Lyon. Dans toutes les
occasions, ses habitans se sont distingués par leur attachement à ma
personne. Ils doivent compter constamment sur mon amour.
_Réponse de Sa Majesté à l'adresse du collège électoral du département
de Saône-et-Loire._
Messieurs les députes du collège du département de Saône-et-Loire, tout
ce que le président de votre assemblée m'a dit sur le bon esprit qui y
a régné, m'a fait plaisir; soyez unis entre vous et avec les villes
voisines; il ne faut conserver le souvenir du passé, que pour connaître
la grandeur du danger que la patrie a couru. La monarchie et le trône
sont aussi nécessaires à l'existence et au bonheur de la France, que
le soleil qui nous éclaire: sans eux tout est trouble, anarchie et
confusion.
_A celle de la Sarthe._
Messieurs les députés du collège du département de la Sarthe, je
viendrai avec plaisir dans vos cités; je me félicite des bons sentimens
qui les animent. C'est aux collèges à donner l'exemple de l'union. Tous
les Français, de quelque classes qu'ils aient été, quelque conduite
qu'ils aient tenue dans des temps de discorde et de guerre civile, sont
également mes enfans.
Paris, 5 février 1810.
_Réponse de Sa Majesté à l'adresse du collège électoral du département
de la Dordogne._
Messieurs les députes du collège électoral du département de la
Dordogne, moi et mon allié l'empereur de Russie, nous avons tout
fait pour pacifier le monde, nous n'avons pu y réussir. Le roi de
l'Angleterre, vieilli dans sa haine contre la France, veut la guerre...
Son état l'empêche d'en sentir les maux pour le monde et d'en calculer
les résultats pour sa famille. Toutefois la guerre doit avoir un terme,
et alors nous serons plus grands, plus puissans et plus forts que nous
n'avons jamais été. L'empire français a la vie de la jeunesse; il ne
peut que croître et se consolider; celui de mes ennemis est à son
arrière-raison; tout en présage la décroissance. Chaque année dont ils
retarderont la paix du monde, ne fera qu'augmenter sa puissance.
_Réponse de Sa Majesté à l'adresse du collège électoral du département
du Doubs._
Messieurs les députés du collège du département du Doubs, j'ai eu
souvent occasion de distinguer vos citoyens sur le champ d'honneur.
Ce sera avec plaisir que je verrai vos campagnes; mais ma famille est
devenue bien grande. Cependant j'irai vous voir quand le canal qui doit
joindre le Rhin au Rhône passera par votre ville.
_Réponse de Sa Majesté à l'adresse du collège électoral du département
de l'Indre._
Messieurs les députés du collège du département de l'Indre, je vous
remercie des sentimens que vous m'exprimez; je les mérite de mes peuples
par la sollicitude que je porte constamment à tout ce qui les intéresse.
_Réponse de Sa Majesté à l'adresse du collège électoral du département
du Léman._
J'agrée vos sentimens; moi et ceux de mes descendans qui occuperont ce
trône, nous protégerons toute religion fondée sur l'évangile, puisque
toutes en prêchent la morale et en respirent la charité.
Ce n'est pas que je ne déplore l'ignorance et l'ambition de ceux qui,
voulant, sous le masque de la religion, dominer sur l'univers et y
lever des tributs à leur profit, ont donné un si précieux prétexte aux
discordes qui ont divisé la famille chrétienne.
Ma doctrine comme mes principes sont invariables. Quelles que puissent
être les clameurs du fanatisme et de l'ignorance, tolérance et
protection pour toutes les religions chrétiennes, garantie et
indépendance pour ma religion et celle de la majorité de mes peuples,
contre les attentats des Grégoire, des Jules, des Boniface. En
rétablissant en France, par un concordat, mes relations avec les papes,
je n'ai entendu le faire que sous l'égide des quatre propositions
de l'église gallicane, sans quoi j'aurais sacrifié l'honneur et
l'indépendance de l'empire aux plus absurdes prétentions.
_Réponse de Sa Majesté à l'adresse du collège électoral du département
de la Loire-Inférieure._
Messieurs les députés du collège du département de la Loire-Inférieure,
c'est en entrant dans vos murs que je reçus l'avis que des Français
avaient rendu mes aigles sans combattre, et avaient préféré la vie et
le déshonneur aux dangers et à la gloire. Il n'a fallu rien moins que
l'expression des sentimens des citoyens de ma bonne ville de Nantes pour
me rendre des momens de joie et de plaisir. J'ai éprouvé au milieu de
vous ce qu'on éprouve au milieu de ses vrais amis: c'est vous dire
combien ces sentimens sont profondément gravés dans mon coeur.
_Réponse de Sa Majesté à l'adresse du collège électoral du département
du Lot._
Messieurs les députés du collège du département du Lot, j'ai pensé à
ce que vous me demandez; le Lot sera rendu navigable aussitôt que les
canaux de l'Escaut au Rhin, du Rhin au Rhône, du Rhône à la Seine, et de
la Rance à la Vilaine, seront terminés. Ce sera dans six ans. Je connais
l'attachement de votre département a ma personne.
_Réponse de Sa Majesté à l'adresse du collège électoral du département
de la Roër._
Messieurs les députés du collège du département de la Roër, j'agrée vos
sentimens. Votre pays est celui de Charlemagne; vous faites aujourd'hui,
comme alors, partie du grand empire. J'apprends avec plaisir le bon
esprit qui anime vos habitans. Je désire que ceux de vos concitoyens
qui ont leurs enfans au service étranger, les rappellent en France. Un
Français ne doit verser son sang que pour son prince et pour sa patrie.
_Réponse de fa Majesté à la députation de la ville de Lyon, qui
sollicitait la permission d'élever dans ses murs une statue à Napoléon._
J'approuve la délibération du conseil municipal. Je verrai avec plaisir
une statue au milieu de ma bonne ville de Lyon; mais je désire qu'avant
de travailler à ce monument, vous ayez fait disparaître toutes ces
ruines, restes de nos malheureuses guerres civiles. J'apprends que
déjà la place de Bellecour est rétablie. Ne commencez le piédestal que
lorsque tout sera entièrement achevé.
Au palais des Tuileries, le 27 février 1810.
_Message au sénat._
Sénateurs,
Nous avons fait partir pour Vienne, comme notre ambassadeur
extraordinaire, notre cousin le prince de Neufchâtel, pour faire la
demande de la main de l'archiduchesse Marie-Louise, fille de l'empereur
d'Autriche.
Nous ordonnons à notre ministre des relations extérieures de vous
communiquer les articles de la convention de mariage entre nous et
l'archiduchesse Marie-Louise, laquelle a été conclue, signée et
ratifiée.
Nous avons voulu contribuer éminemment au bonheur de la présente
génération. Les ennemis du continent ont fondé leur prospérité sur ses
dissensions et son déchirement. Ils ne pourront plus alimenter la guerre
en nous supposant des projets incompatibles avec les liens et les
devoirs de parenté que nous venons de contracter avec la maison
impériale régnante en Autriche.
Les brillantes qualités qui distinguent l'archiduchesse Marie-Louise
lui ont acquis l'amour des peuples de l'Autriche. Elles ont fixé nos
regards. Nos peuples aimeront cette princesse pour l'amour de nous,
jusqu'à ce que, témoins de toutes les vertus qui l'ont placée si haut
dans notre pensée, ils l'aiment pour elle-même.