Baïonne, le 25 mai 1808.
_Proclamation._
Napoléon, empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la
confédération du Rhin, etc., etc., etc.
A tous ceux qui les présentes verront, salut.
Espagnols!
Après une longue agonie, votre nation périssait; j'ai vu vos maux, je
vais y porter remède; votre grandeur, votre puissance fait partie de la
mienne.
Vos princes m'ont cédé tous leurs droits à la couronne des Espagnes. Je
ne veux point régner sur vos provinces, mais je veux acquérir des titres
éternels à l'amour et à la reconnaissance de votre postérité.
Votre monarchie est vieille: ma mission est de la rajeunir.
J'améliorerai toutes vos institutions, et je vous ferai jouir, si
vous me secondez, des bienfaits d'une réforme, sans froissemens, sans
désordre, sans convulsions.
Espagnols, j'ai fait convoquer une assemblée générale des députations
des provinces et des villes. Je veux m'assurer par moi-même de vos
désirs et de vos besoins.
Je déposerai alors tous mes droits et je placerai votre glorieuse
couronne sur la tête d'un autre moi-même, en vous garantissant une
constitution qui concilie la sainte et salutaire autorité du souverain
avec les libertés et les priviléges du peuple.
Espagnols, souvenez-vous de ce qu'ont été vos pères: voyez ce que
vous êtes devenus. La faute n'en est pas à vous, mais à la mauvaise
administration qui vous a régis. Soyez pleins d'espérance et de
confiance dans les circonstances actuelles; car je veux que vos derniers
neveux conservent mon souvenir et disent; _Il est le régénérateur de
notre patrie._