NAPOLÉON.

Milan, le 21 décembre 1807.

_Discours de l'empereur et roi au corps législatif italien, après la

lecture des lettres-patentes gui précèdent._

«Messieurs les possidenti, dotti et commercianti,

«Je vous vois avec plaisir environner mon trône.

«De retour, après trois ans d'absence, je me plais à remarquer les

progrès qu'ont faits mes peuples; mais que de choses il reste encore à

faire pour effacer les fautes de nos pères, et vous rendre dignes des

destins que je vous prépare!

«Les divisions intestines de nos ancêtres, leur misérable égoïsme de

ville, préparèrent la perte de tous nos droits. La patrie fut déshéritée

de son rang et de sa dignité, elle qui, dans des siècles plus éloignés,

avait porté si loin l'honneur de ses armes et l'éclat de ses vertus. Cet

éclat, ces vertus, je fais consister ma gloire à les reconquérir.

«Citoyens d'Italie, j'ai beaucoup fait pour vous; je ferai, plus encore.

Mais de vôtre côté, unis de coeur comme vous l'êtes d'intérêt avec

mes peuples de France, considérez-les comme des frères aînés. Voyez

constamment la source de notre prospérité, la garantie de nos

institutions, celle de notre indépendance, dans l'union de cette

couronne de fer avec ma couronne impériale.»

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome IV. · 第 54 / 96 题