CHAPTER I.

_Facts in confirmation of the Theory of Elevating Land above the Surface

of the Sea._

The first object now to be examined, in confirmation of the theory, is

that change of posture and of shape which is so frequently found in

mountainous countries, among the strata which had been originally almost

plain and horizontal. Here it is also that an opportunity is presented

of having sections of those objects, by which the internal construction

of the earth is to be known. It is our business to lay before the reader

examples of this kind, examples which are clearly described, and which

may be examined at pleasure.

No person has had better opportunities of examining the structure of

mountains than M. de Saussure, and no body more capable of taking those

comprehensive views that are so necessary for the proper execution of

such a task. We shall therefore give some examples from this author,

who has every where described nature with a fidelity which even

inconsistency with his system could not warp. Speaking of the general

situation of the beds of the Saleve, (p. 179.)

«Dans quelques endroits, et même presque partout, les couches descendent

tout droit du haut de la montagne jusques à son pied: mais au dessus

de Collonge le sommet arrondi en dos d'âne présente des couches qui

descendent de part et d'autre, au sud-est vers les Alpes, et au

nord-ouest vers notre vallée; avec cette difference, que celles qui

descendent vers les Alpes parviennent jusques au bas; au lieu que celles

qui nous regardent sont coupées à pic, à une grande hauteur.

«Ces deux inclinaisons ne sont pas les seules que l'on observe dans le

bancs du mont Saleve, ils en ont encore une troisième; ils sont relevés

vers le milieu de la longueur de la montagne, et descendent de là vers

ses extrémités. Cette pente, qui sur le Grand Saleve n'est pas bien

sensible, devient très remarquable au Petit Saleve, et même très rapide

à son extrémité. Les dernières couches au nord au dessus d'Étrembières

descendent vers le nord-nord-est, sous un angle de 40 au 50 degrés.

«On verra, dans le cours de cet ouvrage, combien le montagnes calcaires

ont fréquemment cette forme.

«§ 235. Outre ces grandes couches qui constituent le corps de la

montagne, et qui peuvent en général être mises dans la classe des

couches horizontales, on en trouve d'autres dont l'inclinaison est

absolument différente. Elles sont situés au bas de Grande Saleve du coté

qui regarde notre vallée; on les voit appliquées contre les tranches

inférieures des bancs horizontaux ou très-inclinées en appui contre la

montagne.

«Ces couches s'élèvent en quelques endroits, par exemple, entre Veiry et

Crévin, à peu-près à la moitié de la hauteur du Grande Saleve. Celles

qui touchent immédiatement la montagne, sont le plus inclinées; on

en voit là de verticales et même quelque fois de renversées en sens

contraire, qui sont soutenues par le plus extérieures. Celle ci font

avec l'horizon un angle de 60 à 65 degrés. Ces couches sont souvent très

étendues, bien suivies, et continues à de très-grandes distances. Leur

assemblage forme une épaisseur considérable au pied de la montagne.

Elles ont cependant été rompues, et manquent même totalement dans

quelques places. Cela même donne la facilité de les bien observer, parce

qu'en se postant dans ces intervalles, on peut les prendre en flanc, et

voir distinctement leurs tranches, et tout leur structure.

«On observe ces couches non-seulement au pied de rocs nuds du Grand

Saleve, mais encore dans la partie de sa pente qui est boisée par

exemple au dessous de la croisette, le chemin qui de ce hameau descend

au village de Collonge, passe sur les couches inclinées, comme celles

que je viens de décrire.»

In § 237, the description is continued.

«En suivant le pied de la montagne entre le Coin et Crévin, on voit

reparaître nos couches verticales ou très inclinées qui vis à vis du

Coin, ont été détruites comme je viens de le dire. Ces couches là ou

elles sorte que l'on peut comparer toutes les couches de la montagne à

celles d'un jeu de cartes ployé en deux suivant sa longueur.»

In considering the chains of the Jura, on the west side of that

which looks to the lake, our author has the following interesting

observations, p. 275.

«Les chaînes dont il est composé, à mesure qu'ils s'éloignent de la

haute ligne orientale perdent graduellement de leur hauteur et de leur

continuité; le plus occidentales ne forment pas, comme la premiere, des

chaînes de montagnes élevée et non interrompues; ce sont des monticules

allongés il est vrai, mais isolés ou qui du moins ne sont unis que par

leurs bases.

«§ 338. Leur structure n'est pas la même dans toute l'étendue du Jura.

La forme primitive la plus générale ressemble cependant à celles de la

haute chaîne; c'est-à-dire, que ce sont de voûtes, composées et remplies

d'arcs concentriques.

«C'est surtout entre Pontarlier et Besançon, que l'on rencontre des

collines qui ont régulièrement cette structure. La grande route traverse

de larges vallées, dans lesquelles les couches sont horizontales; mais

ces vallées sont séparées par des chaînes peu élevées dont le couches

arquées montent jusques au haut de la montagne, et descendent ensuite

du coté opposé. On en voit aussi de la même forme dans la Prévôté de

Moutier Grand Val. La birs traverse des rochers qui offrent à découvert

la construction intérieure des montagnes; les couches de roc forment

dans cet endroit des voûtes élevées l'une sur l'autre en suivant le

contour extérieur de la montagne.--_Dict. Géog. de la Suisse, tom._ 2.

_p._ 150.

«D'autres fois le sommet de la montagne est plus aigu que n'est celui

d'une voûte, et les couches paralelles entr'elles, mais inclinées à

l'horizon en sens contraire, présentent dans leur section, la form d'un

chevron ou d'un lambda [Greek: L].

«§ 339. Mais cette même structure presente fréquemment une singularité

remarquable. Ce sont des bancs perpendiculaires à l'horizon qui occupent

à-peu-pres le milieu ou le coeur de la montagne et qui séparent les

couches d'une des faces de celles de la face opposée.

«J'ai observé plusieurs montagnes secondaires, et du Jura et d'ailleurs,

et surtout un grande nombre de montagne primitive, dont la structure est

la même[1].»

[Footnote 1: This correspondency in the shape of the primitive and

secondary mountains of our author, of which the structure is the same,

is an important observation for our theory, which makes the origin of

those two different things to be similar; it is inconsistent, however,

with the notion of primitive parts, which some philosophers have

entertained.]

«§ 340. Les couches perpendiculaires à l'horizon, que l'on rencontre

fréquemment dans le Jura ont presque toutes leurs plans dirigés du

nord-nord-est au sud-sud-ouest, suivant la direction générale de cette

chaîne de montagne. Cette observation est d'une assez grande importance

parce qu'elle exclut ou rend du moins improbable l'idée d'un

bouleversement.

«J'ai cru pendant long-temps que toutes les couches dévoient avoir été

formées dans une situation horizontale, ou peu inclinée à l'horizon, et

que celles que l'on rencontre dans une situation perpendiculaire, ou

très-inclinées, avoient été mises dans cet état par quelque révolution;

mais à force de rencontrer des couches dans cette situation, de les voir

dans de montagnes bien conservées, et qui ne paroissoient point avoir

subi de bouleversement, et d'observer une grande régularité dans la

forme et dans la direction de ces couches; je suis venu à penser que la

nature peut bien avoir aussi formé de ces bancs très-inclinés, et même

perpendiculaire à la surface de la terre.»

Here the reasoning of our author is sufficiently just; he sees too much

order in the effect to ascribe it to a cause merely fortuitous. But

surely nothing in those appearances hinders the conclusion, that

the strata now found in ail possible positions, had been originally

horizontal when at the bottom of the sea, and that they had been

afterwards regularly bent and broken, by the same cause which operated

in placing them above the level of the ocean. The force of this argument

will appear, by considering the various regular and irregular positions

in which they are found.

«§ 242. Dans quelques endroits du Jura, on voit des espèces de

demi-cirques formés par des rochers dont le couches sont de portions de

la surface d'un même cône et tendent à un centre commun élevé au dessus

de l'horizon.

«Ainsi auprès de Pontarlier, etc.

«§ 343. Mais il est bien plus fréquent de voir des montagnes dont les

couches ont la forme d'une demi-voûte, et qui vues de profil présentent,

comme notre montagne de Saleve, un pente douce d'une coté, et des

escarpemens de l'autre.

«Plusieurs vallées du Jura sont situées entre deux chaine de montagnes

qui ont cette forme, et qui se presentent réciproquement leur faces

escarpées. On croit même apercevoir quelque correspondance, entre les

couches de ces montagnes opposées, et l'on diroit qu'elles furent

anciennement unies, et que la partie intermédiaire a été détruite, ou

que la montagne s'est fendue du haut en bas, et que ses deux moitiés se

sont écartées pour faire place à la vallée qu'elles renferment.

«§ 346. Pour résumer en peu de mots les idées que je me forme de

la structure du Jura; je dirai que je crois qu'il est composé de

différentes chaînes à-peu-près paralleles entr'elles, et à celles des

Alpes, mais tirant un peu plus du nord au midi: que la chaine la plus

élevée et la plus voisine des Alpes, a eu originairement la forme d'une

dos d'âne dont les pentes partent du faite, recouvrent les flancs, et

descendent jusques au pieds de la montagne: que les chaînes suivantes du

coté de l'ouest, sont composées de montagnes graduellement moins élevées

et moins étendues; que les couches de ces montagnes ont généralement la

forme de voûtes entières ou de moitié de voûtes; et qu'elles viennent

mourir dans des plaines, qui ont pour base des bancs calcaires tout à

fait horizontaux de la même nature que ceux du mont Jura, et qui furent

peut-être anciennement continus avec eux.»

Our author has here described most accurately, not only the present

shape and positions of particular strata, but the general shape and

structure of the land him the Saleve and Jura, which are not in the

Alps, to the plains of France, where the strata are generally in a more

horizontal situation.

Having thus seen the structure of what are commonly termed the secondary

mountains, a structure which prevails generally in all parts of the

land, at least in all that which is not primitive in the estimation of

naturalists, who suppose a different origin to different parts, it

will now be thought a most interesting view of nature, to see the same

accurate examination of the structure of the earth, from those secondary

mountains of Geneva to the center of the Alps, where we find such a

variety of mountains of different materials, (whether they shall be

called primitive or secondary) and where such opportunity is found for

seeing the structure of those mountains. For, if we shall find the same

principles, here prevailing in the formation of those supposed primitive

mountains as are found over all the earth in general, and as are

employed in fashioning or shaping every species of material, it will be

allowed us to conclude, that, in this situation of things, we have

what is general in the formation of land, notwithstanding imaginary

distinctions of certain parts which had been formed one way, and of

others which are supposed to be operations of an opposite nature.

This question therefore will be properly decided in our author's journey

to the Alps; for, if we shall there find calcareous strata perfectly

consolidated, as they should be by the extreme operation of subterranean

heat and fusion; if we find materials of every species formed after the

manner of stratification; and if all those different strata variously

consolidated shall be found in all positions, similar to those which

we have now seen in the examination of the Jura and Saleve, with this

difference, that the deplacement and contorsion may be more violent in

those highly consolidated strata, we shall then generalise an operation

by which the present state of things must have been produced; and in

those regular appearances, we shall acknowledge the operation of an

internal heat, and of an elevating power.

«§ 287. Les pentes rapides des bancs dont est formé le mole, les

directions variées de ces mêmes bancs sont aussi conformes à une

observation générale et importante, que le montagnes secondaires sont

d'autant plus irrégulières et plus inclinées qu'elles s'approchent plus

des primitives.

«A la verité, quelque montagnes calcaires même à de grandes distances

des primitives ont ça et là des couches inclinées et même quelquefois

verticales; mais ces exception locales n'empêchent pas qu'il ne soit

vrai qu'en general, les bancs calcaires, que l'on trouve dans les

plaines qui sont éloignées des hautes montagnes, ont leurs bancs ou

horizontaux ou peu inclinés; tandis, qu'au contraire, les montagnes qui

s'approchent, du centre des grands chaînes, n'ont que très-rarement

des couches horizontales, et presentent presque par-tout des couches

fortement et diversement inclinées.»

That is to say, that there is no place of the earth, however plain and

horizontal in general may be the strata, in which examples are not found

of this manner of disordering or displacing strata; at the same

time they are more crested and more disordered in proportion to the

mountainous nature of the country. Here is the proposition contained in

that general observation of natural history; and this is a proposition

which either naturally flows from the theory, or is perfectly consistent

with it.

«§ 360, a. Le rocher dont j'ai parlé (§ 354) qui touche celui de la

Dole, et qui porte le nom de Vouarne, est d'une structure singulière.

Les bancs dont il est composé sont escarpés, les uns en montant contre

le nord-est sous un angle de 40 à 50 degrés; les autres en s'élevant

contre le sud-est.

«§ 361. En avant de ce rocher, du coté l'est, on en voit un autre d'une

structure très remarquable. Il a la forme d'un chevron aigu ou d'un

lambda [Greek: L]. on le nomme, sans doute à cause de sa forme, le

Rocher de fin Château. Les bancs dont il est composé sont très inclinés

à l'horizon, et s'appuient réciproquement contre leurs sommités

respectives. Les planches que l'on dresse en appui les unes contre les

autres pour les faire secher, peuvent donner une idée de la situation de

les bancs. Cette forme n'est pas rare dans ces rochers calcaires; mais

elle est bien plus fréquente encore, et plus décidée dans le rochers

primitifs, comme nous le verrons dans la suite.

«Le rocher de fin château presente dans cette forme même une

circonstance très-remarquable; c'est que l'intervalle que les jambes

du lambda [Greek: L] laissent entr'elles, est rempli par des couches

perpendiculaires à l'horizon. On diroit que ces couches chassées en haut

par une force souterraine, ou soulevé de part et d'autre, des bancs qui

sont demeurés appuyés contre elles. Nous avons déjà vu des rochers de

cette forme, § 339.»

Here the truth of our theory is so evident, that this philosopher

naturally acknowledges it without intention.

In his Journey to Mont Blanc, he observes, page 364,

«Un peu au delà de Contamine on passe sous les ruines du château de

Faucigny, bâti sur le sommet d'un rocher escarpé, qui fait partie de la

base du môle. Tant qu'on est immédiatement au dessous de ce rocher on ne

démêle pas bien sa structure; mais après l'avoir passe, on peut voir à

l'aide d'une lunette, qu'il est composé de couches perpendiculaires à

l'horizon, et dirigées du nord-est au sud-ouest. Au dessous de ce rocher

au sud-est, on voit d'autres couches verticales, mais dont les plans

coupent à l'angle droits ceux des premiers.

«A une bonne demi-lieue de ce château on observe, comme au pied du

Mont Saleve, une masse de rochers, dont les couches minces, presque

perpendiculaires à l'horizon, sont adossées aux escarpemens de couches

épaisses et bien suivies, qui paroissent horizontales.»

Speaking of the Mont Brezon, our author says, page 369,

«Mais le pied de cette montagne est encore, comme celui de Saleve,

couvert de grandes couches presque perpendiculaires à l'horizon et

appuyées contre le corps même de la montagne. Et quoique le Brezon se

termine â une petite demi-lieue de la Bonne Ville, cependant ses couches

qui sont appuyées contre le pied de la chaîne méridionale, et qui

tournent ainsi le dos à l'Arve, continuent de régner jusques au village

de Siongy pendant l'espace de prés de deux lieues. Elles sont à la

verite coupées par une petite vallée à l'extrémité du pied du Brezon,

mais elles recommencent au de là de cette coupure.

«§ 446. Cette petite vallée, qui s'ouvre au pied du Brezon, est étroite

et tortueuse; les angles saillans engrenées dans les angles rentrans y

sont extrêmement sensibles. Elle conduit au village de Brezon, qui est

situé derrière la montagne de ce nom.

«Au dessus de ce village sont de grands et beaux pâturages avec des

chalets qui ne sont habités qu'en été, et que l'on nomme les Granges de

Solaison. C'est là que j'allois coucher quand je visitois le Brezon

et les montagnes voisines. Les granges de Solaison sont dominées, au

sud-est par le monts Vergi, chaîne calcaire très élevée, dont j'ai aussi

parcouru les sommets qui se voyent des environs de Genève, sur la droite

du môle.

«Cette chaîne court du nord-est au sud-ouest, et vient se terminer

derrière les montagnes qui bordent notre route à droite.

«§ 447. On peut, des environs de Siongy, observer la structure de la

dernière montagne de cette chaine; elle est très remarquable. Les

couches horizontales au sommet se courbent presqu'à angles droits, et

descendent de là perpendiculairement du coté du nord-ouest. On diroit

qu'elles ont été ployées par une violent effort; on les voit séparées et

éclatées en divers endroits.

«§ 449. Le mole se termine à la jonction du Giffre avec l'Arve; ses

dernières couches descendent avec rapidité dans le lit de cette petite

riviere,

«Les montagnes qui suivent le môle, et qui forment après lui le coté

septentrional de la vallée de l'Arve, sont basses et indifférentes, une

seule est remarquable par sa forme pyramidale, et par ses couches qui

convergent á son sommet, et lui donnent la forme d'un chevron.

«§ 450. La ville même de Cluse est bâtie sur le pied d'une montagne,

dont la structure est très extraordinaire; on en juge mieux à une

certain distance que de la ville même.

«Cette montagne de forme conique émoussée, ou plutôt parabolique, est

pour ainsi dire coiffée d'une bande de rochers, qui du haut de sa tête

descendent à droite et à gauche jusques à son pied. Ces rochers nuds

sont relevées par le fond de verdure dont le reste de montagne est

couverte. Ils sont composés de plusieurs bandes parallèles entr'elles;

les extérieures sont blanches et épaisses, les intérieures sont brunes

et plus minces. Le corps même de la montagne, dont on apperçoit çà et là

les rochers au travers du bois, qui les couvre, paroi composé de couches

irrégulières et diversement inclinées. On pourroit soupçonner que cette

bande n'est que le reste d'une espèce de callote qui vraisemblablement

couvroit autrefois toute la montagne.

«§ 463. Des que l'on est sorti de la ville de Cluse, on voit en se

retournant sur la droite, les rochers en surplomb sous lesquels on

a passé avant de traverser l'Arve. On distingue d'ici le profil

des couches de ces rochers; et on reconnoit qu'elles sont presque

perpendiculaires à l'horizon.

«Ces couches sont adossées à d'autres couches calcaires et verticales

comme elles, mais qui sont la continuation de couches à-peu-près

horizontales: on diroit qu'une force inconnue a ployé à angles droits

l'extrémité de ces couches, et les a ainsi contrainte à prendre une

situation verticale.

«§ 467. Si du grande chemin qui est au pied de la caverne, on jette les

yeux sur le rocher dans lequel est son ouverture, on observera que les

bancs de ce rocher sont très épais, et composés d'une pierre calcaire

grise; qu'au dessus cette pierre grise on en voit une autre de couleur

brune, dont les couches font très minces; mais qui par leur répétition

forment une épaisseur considérable.

«Ces couches de pierres à feuillets minces, continuent jusques à

Sallanches et au de là; et sont renfermées par dessus et par dessous

entre des bancs de pierre grise compacte et à couches épaisses.

Quelquefois la pierre grise qui sert de base, ou comme disent les

mineurs, de plancher à la brune, s'enfonce et alors celle-ci paroit à

fleur de terre; ailleurs cette pierre grise se relève et porte la brune

à une grande hauteur.

«Cette pierre brune et feuilletée est comme la grise de nature calcaire;

mais un mélange d'argile, et peut-être un peu de matière grasse ou

phlogistique lui donnent sa couleur brune et la disposent à se rompre en

fragmens angulaires et à cotés plans.

«Ce genre de pierre est fort sujet à avoir ses couches fléchies ou

ondées en forme de S de Z ou de C. Près de la caverne, on, voit une

lacune dans le milieu des bancs du roc gris; les couches minces ont

rempli cette lacune, mais elles sont dans cet espace extrêmement

tourmentées. On comprend que ce vide et ce remplacement, se sont faits

dans le temps même de la formation de ces rochers.»

We have the following description of the Cascade Mountain, p. 396.

«Les couches de cette montagne sont la continuation des couches

supérieures du rocher de la cascade, et forment des arcs concentriques,

tournés en sens contraire; en sorte que la totalité de ces couches a la

forme d'une S, dont la partie supérieure se recourbe fort en arrière.

«Le rocher de la cascade, représenté par la planche IV. est tout

calcaire; les couches, qui sont au dessous des lettres d et e, sont

composées de ce roc gris compact dont les bancs, comme nous l'avons vu

plus haut, sont ordinairement épais, mais les couches extérieures entre

e et f, sont du roc brun à couches minces, dont nous avons aussi

parlé. Ces même couches minces se voyent encore à l'intersection de

perpendiculaire qui passent par lettres a et e.

«Ici dont c'est le roc gris qui est renfermé entre deux bancs de roc

brun au lieu qu'auprès de la caverne, c'étoit le roc brun, qui étoit

resserré entre deux bancs de roc gris; mais cette différence n'est pas

ce qu'il y a de plus difficile à expliquer; c'est la forme arquée de ces

grandes couches dont il faudroit rendre raison.»

Having measured this rock geometrically, the result is as follows:

«Le plus grand des arcs de cercle que forment ces couches extérieures de

ce rocher, a donc pour corde une ligne d'environ 800 pieds: dans toute

cette étendue, ces couches de même que les intérieures sont suivies sans

interruption.

«Je dois cependant avertir, qu'en avant du rocher de la cascade à la

hauteur de la lettre a, et au dessous, on voit des couches détachées

des circulaires, et indépendantes d'elles; ce sont de plans inclinés en

appui contre le corps de la montagne, semblables à ceux que j'ai observé

au pied du mont Saleve, et d'une formation vraisemblablement plus

récente que le corps même de la montagne.

«Mais derrière ces plans, on voit les couches arquées, qui sont

horizontales dans le bas, servir de base au rocher, se relever ensuite

sur la droite, et venir en tournant former le faite de ce même rocher.»

«It may be interesting to hear our author's reasoning upon this subject,

more especially as it will give more faith or light, if it were

possible, to his descriptions, which are irreproachable.

«§ 473. Il s'agiroit à present de dire quelle force a pu donner à ces

couches cette situation; comment elles out pu être retroussées de façon

que les plus basses soient devenues les plus élevées?

«La première idée qui se présente est celle des eaux souterrains. Ce

qui pourroit même faire soupçonner que ces couches ont été réellement

relevées par une force souterraine c'est que, sur la droite du rocher

qu'elles forment, il y à un vide ou il manque à peu-pres ce qu'il

faudroit pour former la hauteur de la cascade; car la montagne que l'on

voit sous les lettres g et h, est sur une ligne beaucoup plus reculée.

Sur la droite de ce vide ces couches recommencent sur la ligne de celles

qui sont recourbées; on les voit coupées à pic de leur coté, avec les

mêmes couleurs, la même épaisseur, mais dans une situation horizontale.

«J'ai observé dans plus d'une montagne des couches ainsi retroussées,

aupres desquelles on voit le vide qu'elles paroissent avoir laissé en se

repliant sur elles mêmes.

«Dans l'ober Hasli la vallée de Meiringen au dessus du village de Stein.

«Dans le canton de Uri, sur le bords du lac de Lucerne, on en voit aussi

plusieurs exemples bien distincts.

«Une montagne plus rapprochée de notre cascade, et qui presente aussi ce

phénomène, est située derrière elle au nord-est entre le village de Seiz

et les granges des Fonds. Cette montagne porte le nom d'Anterne. Elle

est plus élevée que celle du Nant d'Arpenaz, ses couches forment des

arcs concentriques plus grands et plus recourbés encore, et l'on voit de

même à leur droite un vide qu'elles semblent avoir laissé en se levant

et se repliant sur la gauche.

«Mais malgré ces observations, ce n'est pas sans peine que j'ai recours

à ces agens presque sur-naturelles, sur-tout quand je n'aperçois aucun

de leurs vestiges; car cette montagne et celle d'alentour ne laissent

apercevoir aucune trace du feu. Je laissé donc cette question en

suspens; j'y reviendrai plus d'une fois, et même avant la fin de ce

chapitre.

«Il faut à present jetter un coup-d'oeil sur les montagnes de l'autre

coté de l'Arve.

«§ 474. Vis-à-vis de la cascade de l'autre coté de la rivière, on

voit un chaine de montagnes extrêmement élevées, qui présentent leurs

escarpemens au dessus de Sallenche, et contre le Mont Blanc. Leurs

couches descendent par conséquent vers la vallée du Reposoir, située à

leur pied au nord-ouest.

«Mais au pied des escarpemens de cette même chaine, on voit une rangée

de bases montagnes paralleles à sa direction, inclinées en appui contre

ses escarpemens et qui descendent en pente douce vers Sallenche; de même

encore une fois qu'au mont Saleve.

«§ 475. De la cascade jusques à St Martin, on voit fréquemment à sa

gauche des couches singulièrement contournées, et toujours dans cette

espèce de pierre calcaire brune que nous suivons depuis si long-tems.

Quelques-unes de ces couches forment presqu'un cercle entier, les plus

remarquables sont à une demi-lieue de la cascade. Elles représentent des

arcs dont les convexités se regardent à peu près comme dans un X; mais

avec des plans situes obliquement entre les deux convexités, et des

couches planes et horizontales immédiatement au-dessus de l'arc de la

gauche.

«Ces diverses couches sont si bien suivies dans tous leurs contours, et

si singulièrement entrelacées que j'ai peine à croire qu'elles ayent été

formées dans une situation horizontale, et qu'ensuite des bouleversemens

leur ayent donné ces positions bizarres.

«Déjà il faudroit supposer que ces bouleversemens se sont faits dans un

tems ou ces couches étoient encore molles et parfaitement flexibles, car

on n'y voit rien de rompu, leurs courbures, même les plus angulaires,

sont absolument entières.

«Ensuite il faudroit, que ces couches, dans cet état de mollesse,

eussent été froissées et contournées d'une maniere tout-à-fait étrange,

et presqu'impossible à expliquer en détail. D'ailleurs des explosions

souterraines rompent, déchirent, et ne soulèvent pas avec le ménagement

qu'exigeroit la conservation de continuité de toutes ces parties.

«La crystallization peut seul, à mon avis, rendre raison de ces

bizarreries; nous voyons, comme je l'ai déjà dit, des albâtres formés

pour ainsi dire sous nos yeux par de vrayes crystallizations dans les

crevasses, et dans les cavernes des montagnes, presenter des couches

dans lesquelles on observe des jeux tout aussi singuliers[2].»

[Footnote 2: M. de Saussure would explain the various shape and

contortions of strata upon the principles of crystallization; but

surely he has not adverted to the distinction of crystallization as an

operation giving form or shape, and as giving only solidity or hardness,

which last, it is apprehended, is the only sense in which our author

here considers crystallization, although, from the way in which he has

employed this principle, it would seem that it is the figure which is

to be explained by it. This conjecture is supported by the example of

alabaster or _stalactites_, with which he compares the section of those

mountains; for, in the example of implicated figures of the

stalactite marble, similar to those of the present distorted strata,

crystallization has nothing to do with that part of the figure which

corresponds to the case now under consideration; it forms indeed certain

figures of crystals in the mass by which also the configuration of some

minute parts, affected by those crystals, is determined; but the figure

of those alabasters, which is to be compared with the present subject,

arises solely from the current of petrifying water along the surface of

the mass. This mass, therefore, being formed by succession from that

water, crystallising calcareous earth, and carrying colouring parts of

other earth, gives an appearance of stratification to a figure which

is absolutely inconsistent with stratification; an operation which is

performed by depositing materials at the bottom of the sea, and which

the marine bodies contained in some of the strata sufficiently attest.]

«Je ne repugnerois donc pas à croire que le rocher de la cascade a pu

être formé dans la situation dans laquelle il se presente; si ce vuide à

sa droite, ses couches qui, bien que suivies, montrent pourtant quelques

ruptures dans les flexions un peu fortes, et ses grands bancs de cette

pierre grise compacte, qui n'est point si sujette à ces formes bizarres,

n'éstablissoient pas une difference sensible entr'elles et celles que

nous venons examiner.»

It is impossible to be more impartial than M. de Saussure has proved

himself to be on this occasion, or to reason more in the manner in which

every philosopher ought to reason on all occasions.

But to see the full value of this author's impartiality, notwithstanding

of his system, let us follow him in the second volume of Voyages dans

les Alpes. It is in chap. XX. entitled, Poudingues de Valorsine, that we

find the following description, with his reasoning upon that appearance.

«On voit la (page 99.) que la base de cette montagne est un vrai granit

gris à grains médiocres, et dont la structure n'a rien de distinct; mais

au-dessus de ces granits on trouve des roches feuilletées quartzeuses

mélangées de mica et de feldspath genre moyenne entre le granit veiné

et la roche feuilletée ordinaire. Leurs couches courent du nord au sud,

comme la vallée de Valorsine, et font avec l'horizon un angle de 60

degrés, en s'appuyant au couchant contre cette même vallée. Ces roches

continuent dans la même situation jusques à ce qu'apres une demi-heure

de marche, on les perd de vue sous la verdure qui tapisse une petite

plaine, située au milieu des bois, et qui se nomme le _plan des

Cebianes_.

«§ 689. De-là, en montant obliquement du coté du sud, on rencontre de

grands blocs d'un schiste gris ou de couleur de lie-de-vin, quelquefois

même d'un violet decidé, qui renferment une grande quantite de cailloux

étrangers, les uns angulaires, les autres arrondis, et de différentes

grosseurs, depuis celle d'un grain de sable jusqu'à celle de la tête. Je

fus curieux de voir ces poudingues dans leur lieu natal; je montai

droit en haut pour y arriver; mais là quel ne fut pas mon étonnement de

trouver leur couches dans une situation verticale!

«§ 690. On comprendra sans peine la raison de cet étonnement si l'on

consideré qu'il est impossible que ces poudingues aient été formées dans

cette situation.

«Que des particules de la plus extrême ténuité, suspendues dans un

liquide, puissent s'agglutiner entr'elles et former des couches

verticales, c'est ce que nous avons la preuve en fait dans les albâtres,

les agathes, et même dans les crystallizations artificielles. Mais

qu'une pierre toute formée, de la grosseur de la tête, se soit arrêtée

au milieu d'une parois verticale, et ait attendu là que les petites

particules de la pierre vinssent l'envelopper, la souder et la fixer

dans cette place, c'est une supposition absurde et impossible. Il faut

donc regarder comme une chose démontrée, que ces poudingues ont été

formés dans une position horizontale, ou à peu-près telle, et redressés,

ensuite après leurs endurcissement. Quelle est la cause qui les a

redressés? c'est ce que nous ignorons encore; mais c'est déjà un pas,

et un pas important, au milieu de la quantité prodigieuse de couches

verticales que nous rencontrons dans nos Alpes, que d'en avoir trouvé

quelques-unes dont on soit parfaitement sûr qu'elles ont été formées

dans une situation horizontale.

«§ 691. La nature même de la matière qu'enveloppe les cailloux de ces

poudingues rend ce fait plus curieux et plus décisif. Car si c'étoit une

pâte informe et grossière, on pourroit croire que ces cailloux et

la pâte qui les lie ont été jetés pêle-mêle dans quelques crevasses

verticales, où la partie liquide c'est endurcie par le dessèchement.

Mais bien loin de-là, le tissu de cette pâte est d'une finesse

admirables; c'est une schiste, dont les feuillets élémentaires sont

excessivement minces, mêlés de mica, et parfaitement parallèles aux

plans qui divisent les couches de la pierre. Ces couches mêmes sont

très-régulières, bien suives et de différentes épaisseurs, depuis une

demi pouce jusques à plusieurs pieds. Celles qui sont minces contiennent

peu et quelquefois point de cailloux étrangers, et on observe quelques

alternatives de ces couches minces sans cailloux et des couches épaisses

qui en contiennent. La couleur du fond de ce schiste varie beaucoup; il

est ici gris, là verdâtre, le plus souvent violet ou rougeâtre; on en

voit aussi qui est marbré de ces différentes couleurs. Ses couches sont

dirigées du nord au sud exactement comme celles des roches granitoïdes

qui sont au-dessous, § 688. mais l'inclinaison du schiste est beaucoup

plus grande, ses couches sont souvent tout-à-fait verticales, et

lorsqu'elles ne le sont pas, elles montent de quelques degrés du même

coté que les roches dont je viens de parler; c'est-à-dire, du coté de

l'ouest.

«§ 692. Les cailloux enclavés dans ce schiste sont, comme je l'ai dite,

de différentes grandeurs, depuis celle du grain de sable, jusques à 6 ou

7 pouces de diamètre; ils appartiennent tous à la classe des roches que

j'appelle primitives; je n'y ai cependant pas vu de granit en masse;

seulement des granits feuilletés, des roches feuilletées, mélangées de

quartz et de mica; des fragmens même de quartz pur; mais absolument

aucun schiste purement argileux, ni aucune pierre calcaire, rien qui

fît effervescence avec l'eau-forte, et la pâte même qui renferme ces

cailloux n'en fait aucune. Leur forme varie; les uns sont arrondis et

ont manifestement perdu leurs angles par le frottement; d'autres ont

tous leurs angles vifs, quelques uns même ont la forme rhomboïdale

qu'affectent si fréquemment les roches de ce genre. Dans les parties de

la pierre ou ces cailloux étrangers sont entassés en très-grand nombre,

les élémens du schiste n'ont pas eu la liberté de s'arranger et de

former des feuillets parallèles; mais par-tout où les cailloux laissent

entr'eux des intervalles sensibles, les feuillets reparoissent, et

sont constamment paralleles, et entr'eux et aux plans qui divisent les

couches.

«§ 693. Les bancs de ces schistes poudingues forment dans la montagne

une épaisseur d'environ cent toises, comptées de l'est à l'ouest

transversalement aux couches, et je l'ai suivie dans le sens de la

longueur l'espace de plus d'une lieue; on ne peut pas la suivre plus

long-temps, parce que les bancs se cachent et s'enfoncent sous la

terre.»

Here M. de Saussure, who is always more anxious to establish truth,

than preserve theory, gives up the formation of the alpine strata by

crystallization. Let us now see how he acknowledges the evidence of

softness in those strata. It is in his description of the Val de Mont

Joye, Tom. 2d. page 173.

«Ce sont des roches dures à fond de quartz, ou de feldspath blanc,

confusément cristallisé, avec des veines noires de mica ou de schorl en

petites lames. Ces veines, qui pénètrent tout au travers de la pierre,

sont la section des couches dont elle est composée; on les voit, ici

planes et parallèles, entr'elles; la en zig-zags, renfermés entre de

plans parfaitement parallèles; accident dont les étoffes tout-à-la-fois

rayées et chinées donnent encore le dessin. Ces anfractuosités des

couches sont-elles un effect de la crystallization, ou bien d'un

mouvement de pression qui a refoulé des couches planes lorsqu'elles

étoient encore flexibles, après quoi d'autres couches planes sont venues

se former sur elles.»

M. de Saussure has no idea of strata formed at the bottom of the sea,

being afterwards softened by means of heat and fusion. He had already

given up the supposition of those vertical or highly inclined strata

having been formed in their present position; but had this geologist

seen that it was the same cause by which those strata had both been

raised in their place and softened in their substance, I am persuaded

that he would have freely acknowledged, in this zig-zag shape, which is

so common in the alpine strata, the fullest evidence of the softening

and the elevating power.

At the _Tour de Fols_, near St Bernard, M. de Saussure found an

appearance the most distinct of its kind, and worthy to be recorded as a

leading fact in matters of geology. _Voyages dans les Alpes_, Tome 2d.

pag. 454.

«La direction général des couches de ces rochers et des ardoises qui les

séparent, est donc du midi au nord, ou plus exactement du sud-sud-ouest

au nord-nord-est; mais cette direction est coupée à angles droits par

des couches d'ardoises et de feuillet quartzeux, qui passent du levant

au couchant par le milieu des couches qui courent du midi au nord.»

Clearly as this fact must demonstrate, to a reasoning person, the

fracture and dislocation of strata, our author, who knows so well the

reasoning of naturalists on such an occasion, gives us his opinion

as follows: «Quant à la raison de ce fait, on peut l'attribuer à de

boulversemens, et c'est ce qui me paroît le plus vraisemblable. On

pourroit cependant supposer qu'il existoit au milieu de ces couches une

grande fissure, qui a été remplie par des couches transversales. Mais il

faudroit pour cela que ce remplissage se fût fait dans le temps même

de la formation de ce montagne, puisque les ardoises et les pyramides

quartzeuses, donc la direction est transversales, sont précisément de la

même nature que les autres; et il faudrait encore supposer, qu'elles ont

été formées dans la situation très-inclinée qu'on leur voit aujourd'hui;

supposition que l'on aura quelque peine à admettre.»

In this second volume, M. de Saussure gives us a general view with

regard to the mountains which border the valley of the Rhône, p. 543.

«§ 1095. Cette suite de montagnes calcaire que nous avons côtoyée depuis

St Maurice jusques à Chillon, ne presente presque nulle part des couches

régulières et horizontales: elles sont presque par-tout inclinées,

fléchies, et paroissent avoir été tourmentées par des causes violentes:

car de simples affaissemens ne suffisent pas à mon gré pour rendre

raison de toutes leurs formes. Leurs escarpemens sont aussi assez

irrégulièrement situés; la plus grande partie d'entr'eux paroît

cependant tournée du côté de la vallée du Rhône.

«La suite des montagnes qui correspond à celle-ci sur la rive gauche du

Rhône et du lac est aussi calcaire, et à-peu-pres aussi irrégulière. La

plupart de ces montagnes, celles surtout qui sont les plus voisines du

lac, sont escarpées, et du coté du lac et de celui du Rhône. Les vallées

qui les séparent paroissent les diviser en chaînes paralleles au lac,

qui courent du nord-est au sud-ouest. Les plus voisines du lac sont

escarpées contre lui, comme je viens de le dire, tandis que les plus

éloignées du lac, ou les plus proches du centre des Alpes, sont

inclinées contre ces mêmes Alpes. _Le Val de lie_ sépare ces deux ordres

de montagnes: cette vallée riche et fertile a la forme d'un berceau; les

deux chaînes qui la bordent s'élèvent en pente douce de son côté, et

tournent leurs escarpemens, l'une contre le lac, l'autre contre les

Alpes; au reste je n'ai point parcouru ces montagnes, je n'ai pu en

juger qu'en les observant de loin.

«Mais ce dont on peut être certain, c'est que, si les montagnes qui

bordent ces deux rives de la vallée du Rhône, se ressemblent par leur

nature, qui est calcaire de part et d'autre elles ne se ressemblent

point par leur structure. On n'y voit aucune correspondance, ni dans

les positions, ni dans les formes: Les vallées qui les séparent ne se

correspondent pas non plus. Ce défaut de correspondance me paroît encore

réveiller l'idée des bouleversemens.»

The general result, from these observations of our author, is this.

First, there is no distinction to be made of what is termed primary and

secondary mountains, with regard to the position of their strata; every

different species of stratum, from the stratified granite and quartzy

_schistus_ of the Alps to the _oolites_ of the Jura and Saleve, being

found in every respect the same; whether this shall be supposed as

arising from their original formation, or, according to the present

theory, from a subsequent deplacement of strata formed originally in a

horizontal situation.

Secondly, it appears that, in all those alpine regions, the vertical

position of strata prevails; and that this appearance, which seems to

be as general in the alpine regions of the globe as it is here in the

mountainous regions of the Alps, has been brought about both by the

fracture and flexure of those masses, which, if properly strata, must

have been originally extended in planes nearly horizontal. Whereas, in

descending from that mountainous region towards the more level country

of France, the same changes in the natural position of strata are

observed, with this difference, that here they are in a less degree. Now

that those vertical strata had been originally formed at the bottom

of the sea is evident from this author's observation, which has been

already referred to (vol. 1st, page 23).

Thirdly, in all those accurate observations of a naturalist, so well

qualified for this purpose, there appears nothing but what is perfectly

consistent with such a cause as had operated by slow degrees, and

softened the bodies of rocks at the same time that it bended them into

shapes and positions inconsistent with their original formation, and

often almost diametrically opposite to it; although there appeared to

our author an insurmountable difficulty in ascribing those changes to

the operation of subterranean fire, according to the idea hitherto

conceived of that agent.

This grand mineral view of so large a tract of country is the more

interesting, in that there has not occurred the least appearance of

volcanic matter, nor basaltic rock, in all that space, where so great

manifestation is made of those internal operations of the globe by

which strata had been consolidated in their substance, and erected into

positions the most distant from that in which they had been formed.

It is peculiarly satisfactory to me, and I hope also to my readers,

to have the observations of so able a philosopher and so diligent a

naturalist to offer in confirmation of a theory which had been formed

from appearances of the same kind in a country so far distant from those

of our author now described, as are the Alps of Savoy from those of

Scotland. It gives me a singular pleasure, in thus collecting facts for

the support of my opinion, to contribute all I can to recommend the

study of a work in natural history the most exemplary of its kind; and

a work which will remain the unalterable conveyance of precious

information when theories making a temporary figure may be changed.

To a person who understands the present theory, there can be no occasion

here to give the particular applications which will naturally occur in

reading those various descriptions. In these examples are contained

every species of bending, twisting, and displacement of the strata, from

the horizontal state in which they had been originally formed to the

vertical, or even to their being doubled back; and although M. de

Saussure had endeavoured to reason himself into a belief of those

inverted strata having been formed in their present place, it is evident

that he had only founded this opinion upon a principle which,

however just, may here perhaps be found misplaced; it is that of not

endeavouring to explain appearances from any supposition of which we

have not full conviction. I flatter myself, that when he shall have

considered the arguments which have here been employed for the manifold,

the general operations of subterranean fire, as well as for the long

continued operations of water on the surface of the erected land, he

will not seek after any other explanation than that which had naturally

occurred to himself upon the occasion, and which he most ingenuously

declares to have great weight, although not sufficient to persuade him

of its truth.

CHAP. II.

_The same Subject continued, with examples

from different Countries._

Our theory, it must be remembered, has for principle, that all the

alpine as well as horizontal strata had their origin at the bottom of

the sea, from the deposits of sand, gravel, calcareous and other bodies,

the materials of the land which was then going into ruin; it must also

be observed, that all those strata of various materials, although

originally uniform in their structure and appearance as a collection

of stratified materials, have acquired appearances which often are

difficult to reconcile with that of their original, and is only to be

understood by an examination of a series in those objects, or that

gradation which is sometimes to be perceived from the one extreme state

to the other, that is from their natural to their most changed state. M.

de Saussure who will not be suspected of having any such theory in his

view, will be found giving the most exemplary confirmation to that

system of things.

I would therefore beg leave farther to transcribe what he has observed

most interesting with regard to that gradation of changed strata. It is

in the high passage of the Bon-Homme, tom. 2. p. 179.

«Depuis le col, dont je viens de parler, jusqu'a la croix, qui suivant

l'usage, est placée au point le plus élevé du passage, on a trois quarts

de lieue, ou une petite heure de route, dans laquelle on traverse des

grès, des brèches calcaires, des pierres calcaires simples de couleur

grise, d'autres calcaires bleuâtres et des ardoises: ces alternatives

se répètent à plusieurs reprises. Parmi ces grès on en trouve qui

renferment des cailloux roulés, et qui font effervescence avec les

acides; d'autres qui ne renferment point de cailloux, et qui ne font

point d'effervescence.

«Quelques-uns de ces grès m'out paru remarquables par leur ressemblance

avec des roches feuilletées; ils sont compactes mêlés de mica; un suc

quartzeux remplit tous les interstices de leurs grains, et leur donne

une dureté et une solidité singuliers; il n'y a personne, qui en voyant

des morceaux détachés de cette pierre, ne la prît pour une roche

feuilletée; mais quand on la trouve dans le lieu de sa formation, et

qu'on voit les gradations qui la lient avec des grès indubitables, par

exemple avec ceux qui renferment des cailloux roulés, on ne peut plus

douter de sa nature. Ces couches sont en général inclinées de 30 degrés

en descendant au sud-est.»

Our author would here make a distinction of the _roche feuilletée_ and

the _grès_; the one he considers as primitive, and as having had an

origin of which we are extremely ignorant; the other he considers as

a secondary thing, and as having been formed of sand deposited at the

bottom of moving water, and afterwards becoming stone. This great

resemblance, therefore, of those two things so different in the opinion

of naturalists, struck him in that forcible manner. Nothing can be a

stronger confirmation of the present theory, which gives a similar

origin to those two different things, than is the observation of so good

a naturalist, finding those two things in a manner undistinguishable.

He thus proceeds: «J'ai vu dans les Vosges de très-beaux grès du

même genre; ils ne ressembloient cependant pas autant à des roches

primitives, parce qu'ils ne contenoient pas de mica. Mais ce qu'il y

a ici de plus digne d'attention, et que l'on ne voit point dans les

Vosges, c'est de trouver des grès de cette nature renfermés entre des

bancs de pierre calcaire. Cependant plus ces grès s'éloignent de la

roche primitive, qui forme la base de la montagne, et moins ils

sont solides et quartzeux jusqu'à ce qu'enfin les plus élevés font

effervescence avec l'eau-forte.»

Here again the alpine lime-stones, which, according to the present

naturalists, should be primitive, are plainly homologated in their

origin with strata formed of sand.

Our author proceeds, (p. 181,) § 765, «Le haut du passage du Bon-Homme,

au pied de la croix est d'ardoises minces mêlées de feuillets de quartz.

En descendant au Chapiu, on trouve ces mêmes ardoises alternant avec

des couches de grès mince feuilleté, mêlé de mica, puis des calcaires

simples, puis des brèches calcaires qui renferment des fragmens

calcaires à angles vifs. Toutes ces couches descendent au sud-est

suivant la pente de la montagne, mais avec un peu plus de rapidité.

«Comme cette montagne est absolument dégarnie d'arbres, on y voit d'un

coup-d'oeil les progrès de l'action des eaux. Des sillons à peine

visibles dans le haut, s'élargissent et s'approfondissent graduellement

vers le bas, où ils forment enfin des ravines profondes, que l'on

pourrait presque nommer des vallées. Ces sillons ramifies sur toute

la pente de la montagne et remplis encore de neige, tandis que leurs

intervalles sont couverts de gazon, forment sur ce fond verd une

broderie blanche, dont l'effet est extrêmement singulier. Lorsque je

passai là, le 13 Juillet 1774, tous les enfoncemens de ces neiges

étoient couverts de la poudre rouge que j'ai décrite § 646.

«Vers la bas de la descente, on trouve des chalets que je m'étonnai de

voir construits en pierres de taille, d'une forme très régulière; je

demandai la raison de cette recherche, peu commune dans les montagnes,

et j'appris que c'étoit la nature qui avoit fait tous les frais de cette

taille. Effectivement je trouvai un peu plus bas une profonde ravine,

creusée par les eaux dans des couches d'un beau grés qui se divise de

lui-même, et que l'on voit dans sa position originelle actuellement

divise en grands parallélépipèdes rectangles. Est-ce une retraite opérée

par le dessèchement, ou n'est-ce pas plutôt l'affaissement successif

des couches qui les a divisées de cette manière? C'est ce que je ne

déciderai pas dans ce cas particulier.»

The only thing which, in this particular case, makes our author express

his wonder, is the extreme regularity of these natural divisions of

stone; for, the same appearances are to be found in every case of

consolidated strata, though not always with such extreme regularity. But

this is one of the most irrefragable arguments for those various bodies

having been consolidated by means of heat and fusion. The contraction of

the mass, consolidated by fusion or the effect of fire, is the cause

of those natural divisions in the strata; and the regularity, which

is always to be observed more or less, depends upon the proper

circumstances of the case, and the uniform nature of the mass.

(Page 184.) «Le matin avant de partir du Chapiu, j'allai voir si les

beaux grès rectangulaires, que j'avois observés la veille descendoient

jusqu'au bas de la montagne; j'y trouvai effectivement des grès mais

à couches minces, et qui ne se divisoient point avec régularité;

en revanche, je vis des couches de ce grés ployées et reployées en

zig-zags, comme celles que j'avois rencontrées aux contamines, § 755, et

ces couches ondées étoient aussi renfermées entre de couches planes et

parallèles. Ce phénomène est bien plus rare dans les grès, que dans les

roches feuilletées proprement dites.»

Thus every appearance is found by which the primitive _schisti_ are

perfectly resembled, both as to their original formation and their

accidents, with the strata, which are acknowledged by naturalists as

being the common operation of the sea.

Our author then gives an account of the _Passage de Fours_, in which he

makes the following observations:

«§ 776. Tout près du sommet du Col, on rencontre de beaux bancs de grès

jaunâtre qui sortent de dessous la pierre calcaire, et qui pourtant ne

font aucune effervescence avec les acides.

«§ 777. Je mis deux heures et trois quarts à monter depuis le hameau du

Glacier jusqu'au haut du Col, d'où l'on descend à la croix du Bon-Homme.

J'envoyai mes mulets m'attendre à cette croix, et je m'acheminai avec

Pierre Balme sur ma droite, pour atteindre le faite de la montagne dont

la cime arrondie me paroissoit devoir dominer sur toutes les montagnes

d'alentour. J'ai donné à cette sommité, qui n'avoit point de nom, celui

de _Cime des Fours_, à cause du passage qu'elle domine. De grandes

plaques de neige couvroient en divers endroits la route que j'avois à

faire pour y aller; le roc se montroit cependant assez pour que l'on pût

reconnoître sa nature.

«§ 778. Je traversai d'abord des couches des grès qui étoient la

continuation de celles dont je viens de parler, § 776. Je trouvai

ensuite des bancs d'une espèce de poudingue grossier, dont le fond étoit

ce même grès rempli de cailloux arrondis. Quelques uns de ces bancs

se sont décomposés, et les eaux out entraîné les parties de sable qui

lioient les cailloux, en sorte que ceux-ci sont demeurés libres et

entassés exactement comme au bord d'un lac ou d'une rivière. Il étoit si

étrange de marcher à cette hauteur sur des cailloux roulés, que Pierre

Balme en témoigna son étonnement, même avant, que j'en parlasse. On

auroit été tenté de croire qu'une cascade tombant anciennement de

quelque rocher plus élevé, détruit dès-lors par le temps, avoit arrondi

ces cailloux, si on n'en trouvoit pas de semblables encore enclavés dans

les couches régulières du grès qui compose le haut de cette montagne.

«§ 779. Quoique depuis long-temps je ne doute plus que les eaux n'aient

couvert et même formé ces montagnes, et qu'il y en ait même des preuves

plus fortes que l'existence de ces cailloux roulés, cependant leur

accumulation sur cette cime avoit quelque chose de si extraordinaire,

et qui parloit aux sens un langage si persuasif, que je ne pouvois pas

revenir de mon étonnement. Si en marchant sur ces cailloux, et en les

observant, j'oubliois pour un moment le lieu où j'étois, je me croyois

au bord de notre lac; mais, pour peu que mes yeux s'écartassent à droite

ou à gauche, je voyois au-dessous de moi des profondeurs immenses; et ce

contraste avoit quelque chose qui tenoit d'un rêve; je me représentois

alors avec une extrême vivacité les eaux remplissant toutes ces

profondeurs, et venant battre et arrondir à mes pieds ces cailloux sur

lesquels je marchois, tandis que les hautes aiguilles formoient seules

des isles au-dessus de cette mer immense; je me demandois ensuite quand

et comment ces eaux s'étoient retirées. Mais il fallut m'arracher à ces

grandes spéculations et employer plus utilement mon temps à l'exacte

observation de ces singuliers phénomènes.»

The fact here worthy of observation is the effect of time in decomposing

this _grès_, or sand-stone, which contains the gravel. All the other

appearances follow naturally from the situation of this place, which

is a summit, and does not allow of such a collection of water as might

travel or transport the loose gravel, although it has been sufficient

for carrying away the sand. This decomposition of the sand stone we

shall find also explained from what follows of the description of this

place.

«§ 780. Tous les bancs de grès que l'on voit sur cette montagne

ne renferment pas des cailloux roulés; il y a des alternatives

irrégulières, de bancs de grés pur, et de bancs de grès mêlé de

cailloux. Les plus élevés n'en contiennent point. Le plus haut de ceux

qui en renferment est un banc bien suivi d'un pied d'épaisseur, et qui

monte de 30 degrés au nord-nord-ouest.

«Quelques-uns de ces bancs, remplis de cailloux, offrent une

particularité bien remarquable; on voit à leur surface extérieure,

exposée à l'air, une espèce de réseau formé par des veines noires

solides, et saillantes de deux ou trois pouces au-dessus de la surface

de la pierre; les mailles de ce réseau sont quelquefois irrégulieres,

mais ce sont pour la plupart des quadrilatères obliquangles, dont les

côtés ont huit à dix pouces de longueur. Comme ces pierres ont toutes

un tendance à se partager en rhomboïdes, il paroît qu'il y a eu

anciennement des fentes qui divisoient les bancs en parties de cette

forme; et que ces fentes ont été remplies par du sable qui a été cimenté

par un suc ferrugineux; ce gluten solide a rendu ces parties plus dures

que le reste de la pierre; et lorsque les injures de l'air ont rongé la

surface de ces bancs, les mailles du réseau sont demeurées saillantes.

«Les cailloux arrondis, qui out été long-temps exposés à l'air, out

aussi pris par dehors une teinte noirâtre ferrugineuse, mais ceux qui

sont encore renfermés dans les bancs de grés ont comme lui une couleur

jaunâtre. Je n'en trouvai là aucun qui ne fut de nature primitive, et

la plupart étoient de feldspath gris ou roux très-dur, et confusément

crystallisé. Ce sont donc des pierres qui n'ont point naturellement une

forme arrondie; et qui, par conséquent, ne tiennent celle qu'elles ont

ici, que du roulement, et du frottement des eaux.

«Tous ces grès font effervescence avec l'eau-forte, mais les parties du

réseau ferrugineux en font beaucoup moins que le fond même du grès. De

même si l'on compare entr'eux les grès qui renferment des cailloux avec

ceux qui n'en contiennent pas, on trouve dans ceux-ci plus de gluten

calcaire, l'eau-forte diminue beaucoup plus leur cohérence.

«Sur la cime même de la montagne, ces grès sont recouverts par une

ardoise grise, luisante, qui s'exfolie à l'air. Et si l'on redescend de

cette même cime par le nord-est, du côté opposé au passage des Fours,

on retrouvera des bancs d'un grès parfaitement semblable, et qui se

divisent là d'eux-mêmes en petits fragmens parallélépipèdes.

«Du haut de cette cime, élevée de 1396 toises au-dessus de la mer, on

a une vue très entendue. Au nord et au nord-ouest les vallées de Mont

Joie, de Passy, de Sallanches; au couchant la haut cime calcaire dont

j'ai parlé, § 759; au sud les montagnes qui s'étendent depuis le

Chapiu jusqu'au Col de la Seigne; à l'est, ce même Col que l'on domine

beaucoup. Sur la droite de ce col, on voit du côté de l'Italie la chaîne

du Cramont, et plusieurs autres chaînes qui lui sont parallèles, tourner

tous leurs escarpemens contre la chaîne centrale, de même qu'on voit du

côte de la Savoye, les chaînes du Reposoir, de Passy, de Servoz, tourner

en sens contraire leurs escarpemens contre cette même chaîne. Car

c'est-la une des vues très étendues sur les deux cotés opposés des

Alpes; puisque l'on découvre d'ici les montagnes de Courmayeur et de

l'Allée Blanche, qui sont du côté méridional de la chaine, et celles du

Faucigny et de la Tarentaise, qui sont du côté septentrional. Or les

sites d'ou l'on jouit tout á-la-fois de ces deux aspects sont très

rares; parce que les hautes cimes de la chaîne centrale sont presque

toutes inaccessibles, et les cols par lesquels on la traverse sont

presque tous tortueux, étroite, et ne présentent pour la plupart que de

vues très bornées.»

We have here two facts extremely important with regard to the present

theory. The one of these respects the original formation of those alpine

strata; the other the elevation of those strata from the bottom of the

sea, and particularly the erection of those bodies, which had been

formed horizontal, to their present state, which is that of being

extremely inclined. It is to this last, that I would now particularly

call the attention of my readers.

It is rarely that such an observation as this is to be met with. Perhaps

it is rarely that this great fact occurs in nature, that is, so as to

be a thing perceptible; it is still more rare that a person capable of

making the observation has had the opportunity of perceiving it; and it

is fortunate for the present theory, that our author, without prejudice

or the bias of system, had been led, in the accuracy of a general

examination, to make an observation which, I believe, will hardly

correspond with any other theory but the present.

If strata are to be erected from the horizontal towards the vertical

position, a subterraneous power must be placed under those strata; and

this operation must affect those consolidated bodies with a

certain degree of regularity, which however, from many interfering

circumstances, may be seldom the object of our observation. If indeed we

are to confine this subterraneous operation to a little spot, the effect

may be very distinctly perceived in one view; such are those strata

elevated like the roof of a house, which M. de Saussure has also

described. But when the operation of this cause is to be extended to a

great country, as that of the Alps, it is not easy to comprehend, as it

were, in one view, the various corresponding effects of the same cause,

through a space of country so extensive, and where so many different and

confounding observations must be made. In this case, we must generalize

the particular observations, with regard to the inclinations of strata

and their direction, in order to find a similar effect prevailing among

bodies thus changed according to a certain rule; this rule then directs

our understanding of the cause. The general direction of those alpine

strata, in this place, is to run S.E. and N.W. that is to say, this is

the horizontal line of those inclined beds. We also find that there is

a middle line of inclination for those erected strata in this alpine

region; as if this line had been the focus or centre of action and

elevation, the strata on each side being elevated towards this lint, and

declined from it by descending in the opposite direction.

The view which our author has now given us from this mountain is a most

interesting object, and it is a beautiful illustration of this theory;

for, the breaking of the tops of mountains, composed of erected strata,

must be on that side to which their strata rise; and this rupture being

here towards the central line of greatest elevation, the ridges must in

their breaking generally respect the central ridge. But this is the very

view which our enlightened observator has taken of the subject; and it

is confirmed in still extending our observations westward through the

kingdom of France, where we find the ridges of the Jura, and then those

of Burgundy gradually diminishing in their height as they recede from

the centre of elevation, but still preserving a certain degree of

regularity in the course of their direction.

But our author has still further observed that this is a general rule

with regard to mountains. I will give it in his own words, Tom. 2. (p.

338.)

«§ 918. Mais la chaîne centrale n'est pas la seule primitive qu'il y

ait de ce côté des Alpes. Du haut du Cramont en se tournant du côté de

I'Italie, on voit un entassement de montagnes qui s'étendent aussi

loin que peut aller la vue. Parmi ces montagnes on en distingue un au

sud-ouest qui est extrêmement élevée: son nom est _Ruitor_: elle

se présente au Cramont à-peu-près près sous le même aspect que le

Mont-Blanc à Genève; sa cime est couverte de neiges, un grand glacier

descend de sa moyenne région, et il en sort un torrent qui vient se

jetter dans la riviere de la Tuile. Cette haut montagne, de nature

primitive, est au centre d'une chaîne de montagnes moins élevées, mais

primitives comme elle, et qui passent au-dessus du val de Cogne. On voit

de la cime du Cramont des montagnes secondaires situées entre le Cramont

et cette chaîne primitive, et on reconnoît que les couches de ces

montagnes s'élèvent contre cette chaîne en tournant le dos à la chaîne

centrale.

«§ 939. L'inclinaison du Cramont et de la chaîne contre le Mont-Blanc,

n'est donc pas un phénomène qui n'appartienne qu'à cette seule montagne;

il est commun à toutes les montagnes primitives, dont c'est une loi

générale que les secondaires qui les bordent, ont de part et d'autre

leurs couches ascendantes vers elles. C'est sur le Cramont, que je

fis pour la première fois, cette observation alors nouvelle, que

j'ai verifié ensuite sur un grand nombre d'autres montagnes, non pas

seulement dans la chaîne des Alpes, mais encore dans diverses autres

chaînes, comme je le ferai voir dans le IVe. volume. Les preuves

multipliées que j'en avois sous les yeux au moment où je l'eus faite,

et d'autres analogues que ma mémoire me rappela d'abord, me firent

soupçonner son universalité, et je la liai immédiatement aux

observations que je venois de faire sur la structure du Mont-Blanc et de

la chaîne primitive dont il fait partie. Je voyois cette chaîne composée

de feuillets que l'on pouvoit considérer comme des couches; je voyois

ces couches verticales dans le centre de cette chaîne et celles des

secondaires presque verticales dans le point de leur contact avec elles,

le devenir moins à de plus grandes distances, et s'approcher peu-à-peu

de la situation horizontale à mesure qu'elles s'éloignoient de leur

point d'appui. Je voyois ainsi les nuances entre les primitives et les

secondaires, que j'avois déjà observées dans la matière dont elles

sont composées, s'étendre aussi à la forme et à la situation de leurs

couches; puisque les sommités secondaires que j'avois là sous les yeux

se terminoient en lames piramidales aigues et tranchantes, tout comme le

Mont-Blanc, et les montagnes primitives de la chaîne. Je conclus de tout

ces rapports, que, puisque les montagnes secondaires avoient été formées

dans le sein des eaux, il falloit que les primitives eussent aussi

la même origine. Retraçant alors dans ma tête la suite des grandes

révolutions qu'a subies notre globe, je vis la mer, couvrant jadis toute

la surface du globe, former par des dépôts et des crystallisations

successives, d'abord les montagnes primitives puis les secondaires; je

vis ces matières s'arranger horizontalement par couches concentriques;

et ensuite le feu ou d'autres fluides élastiques renfermes dans

l'intérieur du globe, soulever et rompre cette écorce, et faire sortir

ainsi la partie intérieure et primitive de cette même écorce, tandis que

ses parties extérieures ou secondaires demeuroient appuyées contre les

couches intérieures. Je vis ensuite les eaux se précipiter dans les

gouffres crevés et vides par l'explosion des fluides élastiques; et ces

eaux, en courant à ces gouffres, entraîner à de grandes distances ces

blocs énormes que nous trouvons épars dans nos plaines. Je vis enfin

après la retraite des eaux les germes des plantes et des animaux,

fécondés par l'air nouvellement produit, commencer à se développer,

et sur la terre abandonnée par les eaux, et dans les eaux mêmes, qui

s'arrêtèrent dans les cavités de la surface.

«Telles font les pensées que ces observations nouvelles m'inspirèrent

en 1774. On verra dans le IVe. volume comment douze ou treize ans

d'observations et de réflections continuelles sur ce même sujet

auront modifié ce premier germe de mes conjectures; je n'en parle ici

qu'historiquement, et pour faire voir qu'elles sont les premières idées

que le grande spectacle du Cramont doit naturellement faire éclore dans

une tête qui n'a encore épousé aucun système.»

How far these appearances, which had suggested to this philosopher those

ideas, agree with or confirm the present theory, which had been founded

upon other observations, is here submitted to the learned.

We have now not only found a cause corresponding to that which can alone

be conceived as producing this evident deplacement of bodies formed

horizontally at the bottom of the sea, but we have also found that this

same cause has operated every where upon those strata, in consolidating

by means of fusion the porous texture of their masses. Now when the

evidence of those two facts are united, we cannot refuse to admit, as a

part of the general system of the earth, that which is every where to be

observed, although not every where to such advantage as in those regular

appearances, which our author has now described from those alpine

regions.

I have only one more example to give concerning this great region of the

Alps belonging to Savoy and Switzerland. It is from the author of Les

Tableaux de la Suisse.

[3] «On s'embarque à Fluelen à une demi-lieue d'Altorf sur le lac des

quatre Waldstoett ou cantons forestiers; les bords de ce lac sont des

rochers souvent à pic et d'une très grande élévation et la profondeur

de ses eaux proportionnée. Ces roches sont toutes calcaires, et souvent

remarquables par la position singulière de leurs couches. A une

demi-lieue environ de Fluelen, sur la droite, des couches de six pouces

environ d'épaisseur sont déposées en zig-zags comme une tapisserie

de point-d'hongrie; à une lieue et demie à côté de couches bien

horizontales, de quatre à cinq pieds d'épaisseur il y en a de

contournées de forme circulaire et d'elliptiques. Il seroit difficile de

se faire une idée de la formation de pareilles couches, et d'expliquer

comment les eaux ont pu les deposer ainsi.»

[Footnote 3: Discours sur l'Hist. Nat. de la Suisse, page CLV.]

Having thus given a view of a large tract of country where the strata

are indurated or consolidated and extremely elevated, without the least

appearance of subterraneous fire or volcanic productions, it will now be

proper to compare with this another tract of country, where the strata,

though not erected to that extreme degree, have nevertheless been

evidently elevated, and, which is principally to the present purpose,

are superincumbent upon immense beds of basaltes or subterranean lava.

This mineral view is now to be taken from M. de Luc, Lettres _Phisiques_

et Morales, Tom. 4.

This naturalist had discovered along the side of the Rhine many ancient

volcanos which have been long extinct; but that is no part of the

subject which we now inquire after; we want to see the operations of

subterraneous lava which this author has actually exposed to our view

without having seen it in that light himself. He would persuade us, as

he has done himself, that there had been in the ancient sea volcanic

eruptions under water which formed basaltic rocks; and that those

eruptions had been afterwards covered with strata formed by the deposits

made in that sea; which strata are now found in the natural position in

which they had been formed, the sea having retreated into the bowels of

the earth, and left those calcareous and arenaceous strata, with

the volcanic productions upon which they had been deposited, in the

atmosphere.

It would be out of place here to examine the explanation which this

author has given with regard to the consolidation of those deposited

strata which is by means of the filtration of water, but as in this

place there occurs some unusual or curious examples of a particular

consolidation of limestone or calcareous deposits, as well as similar

consolidations of the siliceous sort, it may be worth while to mention

them in their place that so we may see the connection of those things,

and give all the means of information which the extremely attentive

observations of this naturalist has furnished to the world of letters.

At Oberwinter our author remarks a stratum of consolidated sand above

volcanic matter, Tome 4, p. 162. «Tant que j'ai parcouru le pied du

cône, je n'ai vu qu'un terrain composé de ces débris, et cultivé en

vignes. Mais après l'avoir dépassé, j'ai trouvé la coupe verticale d'une

colline à couches pierreuses, si réguliers, que je les ai prises au

premier coup d'oeil pour de la pierre à chaux. L'esprit de nitre m'a

détrompé: c'est une pierre sableuse très compacte, dont les couches, qui

n'ont souvent que quelques pouces d'épaisseur, s'élèvent par une pente

insensible vers le cône volcanique qu'elle recouvrent de ce coté là

sans aucune apparence de désordre. Ces couches qui sont visiblement des

dépôts de la mer, quoique je n'y ai pas trouvé de corps marins, ont été

formées depuis que le cône s'étoit élevé.»

This is a species of reasoning which this acute naturalist would surely

not have let pass in any other cosmologist. But here the love of system,

or a particular theory, seems to have warped his judgment. For, had

our author been treating of beds or bodies deposited in water, and

preserving the natural situation in which they had been formed, he would

have had reason to conclude that the superior bed was of the latest

formation; but here is no question of superincumbent strata; it is a

stratum which is superincumbent on a lava; and it is equally natural to

suppose the lava posterior to the stratum as the stratum posterior to

the lava.

Our author meets with a limestone too much erected in its position to be

supposed as in its natural place, and then he explains this phenomenon

in the following manner, p. 333. «Les rochers d'Ehrentbreitstein et

de Lahnstein sont donc des faits particuliers. Ces rochers là ont été

formes par des dépôts de la mer: Les corps marin qu'ils renferment en

font foi. Dès lors ils ont dû avoir dans leur origine la seule position

que la mer pût leur donner; l'horizontale ou légèrement inclinée. Leur

couches sont aujourd'hui rompues, et leur inclination n'est plus

celle de dépôts immédiats de la mer. Les collines, auxquelles elle

appartenoient, sont en même tems entourées de volcans anciens; et il est

naturel d'en conclure, que c'est à eux que ces grands rochers doivent

leur position actuelle.»

Here one would expect our author is to allow that volcanos may erect

rocks in heightening them in their place; but this is not the light

in which it has been seen by him, as will appear from what follows.

«L'enfoncement d'une de leurs cotés n'est rien, quand on considère le

prodigieuse excavation qui ont dû se faire, pour porter au dehors toutes

les montagnes, les collines, et les plaines volcaniques qui se trouvent

dans ce vaste circuit.»

When a small portion of a stratum is examined, such as the present case,

it is impossible from inspection to determine, whether it owes its

inclined position to the sinking or the raising of the ground; the

stratum is changed from its original position, but whether this has been

brought about by the raising of the one side, or the sinking of the

other is not apparent from what then is seen. But unless we are to

explain the appearance of strata above the level of the sea by a

supposition which is that of the retreat of the ocean, a theory which

this author has adopted, it is as impossible to explain the present

appearance of horizontal strata as of those that are inclined. At the

same time, if a power placed below the strata is to be employed for the

purpose of raising them from the bottom of the sea, to the place in

which we find them at present, it is impossible that this should be done

without the fracture of those strata in certain places; and it is much

more difficult to conceive this operation not to be attended with

changing the natural horizontal position of strata, and thus leaving

them in many places inclined, than otherwise by supposing that this

internal power of the globe should elevate the strata without changing

their original position.

With this description of strata on the Rhine, we may compare that of M.

Monnet respecting those which he found upon the Meuse, (Nouveau Voyage

Minéralogique, etc. Journal Physique, Aoust, 1784.)

Speaking of the schistus, or slate, he adds: «Mais ces petites veines

nous donnent lieu de faire une observation importante; c'est qu'elles

se présentent assez communement perpendiculaire, tandis que les grands

bancs d'ardoises, ceux qu'on exploite, sont, comme nous l'avons dit,

couchés sur une ligne de 15 à 20 degrés. J'ai parlé des montagnes de

marbre qui sont derrière Givet, et de celles sur la quelle est situé

Charlemont. J'ai fait voir que bien loin que les bancs de marbre, qui

forment la montagne du Givet, soient horizontaux comme on seroit

tenté de le croire, d'après les principes de quelques naturalistes

systématiques, qui pensent que tous les bancs de pierres calcaires ne

sauroient être autrement; j'ai fait voir, dis-je, que ces bancs sont

presque perpendiculaire à l'horizon; et de plus, qu'ils sont tellement

collés les uns contre les autres, qu'à peine on peut les distinguer.»

The changed structure and position of the strata, now exemplified from

the observations both of M. de Saussure and M. de Luc, observations made

in a great extent from France to Germany, show the effects without the

means by which those effects had been produced; and, in this case, it is

by judging from certain principles of natural philosophy that the cause

is discovered in the effect.

We are now to see the deplacement of at least a great body of earth in

another light, by having at the same time in our view both the cause and

the effect. Nothing can give a more proper example of this than the mine

of Rammelsberg; and no description better adapted to give a clear idea

than that of M. de Luc, which I shall now transcribe. Lettres Phisiques

et Morales, Tome 3. p. 361 to 364.

«Deux _filons_ principaux occupent les mineurs dans le _Rammelsberg_:

filons immenses, car ils ont jusqu'à 18 ou 20 toises d'épaisseur dans

une étendue dont on ne connoit pas encore les bornes. L'un de ces

_filons_ fait avec l'horizon un angle de 25 degrés; c'est l'inférieur:

l'autre s'élève de 45 degrés: et leur distance étant peu considérable,

leurs plans doivent se rencontrer dans un point qui n'est pas fort

éloigné des mines. Leurs _directions_ sont aussi différentes: celle du

_filon_ de 35 degrés est à 6½ _heures_; et celle du _filon_ de 45 degrés

est a 5_h._-1/2: tellement qu'ils se croisent à l'endroit ou est percé

le puits des pompes.

«On est embarrassé d'expliquer l'état de cette montagne par des

secousses. Il faut au moins supposer que la montagne entière a été

culbutée, et encore reste-t-il à comprendre, comment s'est soutenue

cette grande piece qui sépare les filons, et qui, en supposant vuides

les espaces de ceux-ci, se trouveroit absolument en l'air.

«Ce phénomène important à l'histoire des montagnes, je veux dire ces

intersections des _filons_, est très fréquent dans les mines et très

remarqué par les mineurs. Il arrive souvent que des _filons_, qui sont à

la même _heure_, c'est-à-dire, qui ont des _directions_ semblables vers

l'horizon, ont une chute ou inclinaison différente, et telle que leurs

deux plans se coupent à une certaine profondeur. Si le mineur ne s'en

apperçoit pas assez tôt, et que des le commencement de son exploitation,

il n'étançonne pas fortement partout ou il enlevé les _filons_, tout son

ouvrage peut être écrasé par l'enfoncement de la pièce qui les séparoit.

Cette pièce même a un nom chez le mineurs; ils la nomment _Bergkiel_,

c'est-à-dire coin de la matière de la montagne: et quand deux filons

sont voisins l'une de l'autre, le géomètre souterrain en étudie

l'inclinaison pour juger à l'avance s'il y aura un _Bergkiel_; et qu'en

ce cas la mineur prenne ses précautions, en conservant des appuis

naturels dans la gangue, ou s'en faisant d'artificiels, à mesure qu'il

s'enfonce. Or si, en élevant les filons, ce coin se trouve sans appui;

comment s'est-il soutenu avant que les filons fussent formés?

«Voilà une question forte embarrassante. Mais peut-être n'a-t-on pas

fait assez d'attention jusqu'ici à la mauvaise gangue, qui se trouve

être de la même nature que la montagne. Peut-être trouveroit on par la,

qu'en même tems que les fentes se font faites, il y est tombé des pièces

des còtés, qui ont empêché la réunion des parties de la montagne;

fragmens qui, aujourd'hui, font partie des _filons_, et qu'on pourroit

laisser encore pour appuis naturels, n'exploitant qu'autour d'eux

lorsqu'on auroit appris à les connoître.

«Ce peu d'inclinaison des _filons_ du Rammelsberg rappelleroit l'idée

des _couches_ formées de dépôts successifs, s'ils étoient parallèles.

Mais leur manque de parallélisme en tout sens exclut cette explication.

Car dans toutes les montagnes qui doivent leur formation aux dépôts des

eaux, les _couches_ sont parallèles; et l'on sent bien qu'elles doivent

l'être.

«La nature des _filons_ du _Rammelsberg_ est aussi différente de celle

de _Claustbat_ que l'est leur situation. C'est un massif compacte, et

presque partout le même, de minéral de _plomb_ et _argent_ pauvre,

pénétré de _pyrite_ sulphureuse. Ils sont traversés en plusieurs

endroits par de _Ruscheln_, qui ont fait glisser le toit vers le _mur_;

tellement que malgré l'épaisseur de ces _filons_, on crut une fois en

avoir trouvé la fin. Ils sont aussi coupés dans leur intérieur, en sens

différens, par d'autres plus petits _filons_, composés de matières très

différentes; surtout d'une _pyrite cuivreuse_ dure et pauvre, et que par

cette raison on ne tente pas de séparer.

«En mettant à part ces petits _filons_ particuliers, ainsi que

les Ruscheln, dus probablement les uns et les autres à des causes

postérieures à celles qui ont produit les filons principaux, la masse

compacte de ceux-ci réveille beaucoup l'idée d'une matière fondue; en

même tems qu'on seroit fort embarrassé à concevoir, d'où viendroit cette

matière, si distincte de toute autre, lorsqu'on voudroit l'attribuer à

l'eau.

«Cette idée, que je dois à Mr. de Redden, perfectionnée par l'étude des

phénomènes, donnera peut-être un jour le mot de toutes ces énigmes.»

Here is the clearest evidence that an enormous mass of mountain had

been raised by a subterranean force; that this force had acted upon an

enormous column of melted minerals, the specific gravity of which is

great; and that this fluid mass had suspended a great wedge of this

mountain, or raised it up. Now, if by means which are natural to the

globe, means which are general to the earth, as appearing in every

mineral vein, this mass of mountain had been raised up and suspended

twenty fathoms, there is no reason why we should suppose nature limited,

whether in raising a greater mass of earth, or of raising it a greater

height. That the height to which the land of this globe shall be raised,

is a thing limited in the system of this earth, in having a certain

bounds which it shall not exceed, cannot be disputed, while wisdom in

that system is acknowledged; but it is equally evident, that we cannot

set any other bounds to the operation of this cause, than those which

nature appears actually to have observed in elevating a continent of

land above the level of the sea for the necessary purpose of this world,

in which there is to be produced a variety of climates, as there is of

plants, from the burning coast under the equator to the frozen mountains

of the Andes.

Here therefore we have, although upon a smaller scale, the most perfect

view of that cause which has every where been exerted in the greater

operations of this earth, and has transformed the bottom of the sea to

the summits of our mountains. Now, this moving power appears to have

been the effect of an internal fire, a power which has been universally

employed for the consolidation of strata, by introducing various degrees

of fusion among the matter of those masses, and a power which is

peculiarly adapted to that essential purpose in the system of this

earth, when dry land is formed by the elevation of what before had

existed as the bottom of the sea.

I hope it will not be thought that too much is here adduced in

confirmation of this part of the theory. The elevation of strata from

their original position, which was horizontal, is a material part; it

is a fact which is to be verified, not by some few observations, or

appearances here and there discovered in seeking what is singular or

rare, but by a concurrence of many observations, by what is general upon

the surface of the globe. It is therefore highly interesting not only to

bring together that multitude of those proofs which are to be found in

every country, but also to give examples of that variety of ways in

which the fact is to be proved. Were it necessary, much more might be

given, having many examples in this country of Scotland, in Derbyshire,

and in Wales, from my proper observation; but, in giving examples for

the confirmation of this theory, I thought it better to seek for such as

could not be suspected of partiality in the observation.

CHAP. III.

_Facts in confirmation of the Theory, respecting those Operations which

re-dissolve the Surface of the Earth_.

We have now discussed the proof of those mineral operations by which

the horizontal strata, consolidated at the bottom of the sea, had been

changed in their position, and raised into the place of land. The next

object of our research is to see those operations, belonging to the

surface of the earth, by which the consolidated and erected strata have

been again dissolved, in order to serve the purpose of this world, and

to descend again into the bottom of the sea from whence they came.

Of all the natural objects of this world, the surface of the earth is

that with which we are best acquainted, and most interested. It is here

that man has the disposal of nature so much at his will; but here, man,

in disposing of things at the pleasure of his will, must learn, by

studying nature, what will most conduce to the success of his design,

or to the happy economy of his life. No part of this great object is

indifferent to man; even on the summits of mountains, too high for

the sustaining of vegetable life, he sees a purpose of nature in the

accumulated snow and in majestic streams of the descending ice. On

every other spot of the surface of this earth, the system of animal and

vegetable life is served, in the continual productions of nature, and

in the repeated multiplication of living beings which propagate their

species.

But, for this great purpose of the world, the solid structure of this

earth must be sacrificed; for, the fertility of our soil depends upon

the loose and incoherent state of its materials; and, that state of our

fertile soil necessarily exposes it to the ravages of the rain upon the

inclined surface of the earth. In studying this part of the economy

of nature, we may perceive the most perfect wisdom in the actual

constitution of things; for, while it is so ordered that the solid

mass of earth should be resolved for the purpose of vegetation, the

perishable soil is as much as possible preserved by the protection of

those solid parts; and these consolidated masses are resolved in so slow

a manner, that nothing but the most philosophic eye, by reasoning upon a

chain of facts, is able to discover it. Thus it may be concluded, that

the apparent permanency of this earth is not real or absolute; and that

the fertility of its surface, like the healthy state of animal bodies,

must have its period, and be succeeded by another.

The study of this subject must tend to enlarge the mind of man, in

seeing what is past, and in foreseeing what must come to pass in

time; and here is a subject in which we find an extensive field for

investigation, and for pleasant satisfaction. The hideous mountains and

precipitous rocks, which are so apt to inspire horror and discontentment

in minds which look at sensible objects only for immediate pleasure,

afford matter of the most instructive speculation to the philosopher,

who studies the wisdom of nature through the medium of things. As, on

the one hand, the summit of the mountain may be supposed the point of

absolute sterility, so, on the other, the sandy desert, moved by nothing

but the parching winds of continents distant from the sources of

abundant rains, finishes the scale of natural fertility, which thus

diminishes in the two opposite extremes of hot and dry, of cold and wet;

thus is provided an indefinite variety of soils and climates for that

diversity of living organised bodies with which the world is provided

for the use of man. But, between those two extremes, of mountains

covered with perpetual snow, and parched plains in which every living

thing must perish, we find the most pleasant subject of contemplation,

in studying the means employed in nature for producing the beautiful

and benevolent system of hills and valleys, of fertile soils and

well watered plains, of the most agreeable circumstances and proper

situations for every thing that lives, and for the preservation of an

indefinite variety of organised bodies which propagate their species.

Without this philosophic view of things, the prospect of the surface of

this earth is far from giving always satisfaction or contentment to the

mind of man, who is subject to be continually displeased with that which

is presented to his view, and which, in his opinion, is not the best; in

his partial views of things, it is either too high or too low, too cold

or too warm, too moist or too dry, too stiff for the labour of his

plough, or too loose for the growing of his corn. But, considering

nature as the common parent of living growing propagating bodies, which

require an indefinite variety of soils and climates, the philosopher

finds the most benevolent purpose in the end proposed, or effect which

is attained, and sees perfect wisdom in the effectual means which are

employed. This is the view that I would wish men of science to take; and

it is for this purpose that I am now to examine the phenomena of the

surface of this earth.

If strata, formed at the bottom of the sea, had been consolidated by

internal operations proper to the earth, and afterwards raised for the

purpose of a habitable world; and if, for the purpose of vegetation, the

solid land must be resolved into soil by the dissolution and separation

of its parts, as is required in the theory, the strata, instead of being

entire immediately below the soil, should be found in a mutilated state;

the ends of hard and solid beds should present their fractures or abrupt

sections immediately under the confused materials with which they

are covered; and the softer strata should appear to suffer gradual

resolution and decay, by which may be perceived their transition into

soil, the most important part of all the operations of the globe which

do not immediately concern our life.

These are facts which every person of observation has it in his power to

verify; they are facts for which nothing further can be laid than that

the thing is truly so; and they are facts from which the most important

arguments might be formed, were any doubt to be entertained concerning

the justness of the theory which has now been given.

The theory consists in this, that it is necessary to have a habitable

country situated in the atmosphere, or above the surface of the sea.

It is difficult to say precisely what constitutes a habitable country. A

resting place out of the water suffices for such amphibious animals as,

while they necessarily live in the atmosphere, feed in the sea. Man,

more versatile in his nature than most animals, and more capable of

adapting his manners to his circumstances, is even sometimes found

subsisting in situations where the land affords him little more than

it does the seal on which he feeds. The growth of terrestrial plants,

however, seems necessary to the idea of a habitable country; and, for

the growth of plants, there is required soil: Now, this is only to be

procured by the resolution or decay of solid land.

We are not to consider the resolution of our land as being the effect

of accident, while it is performed by the operations of the sun and

atmosphere, by the alternate action of moisture and of drought, and by

the casual operations of a river in a flood. Nothing is more steady than

the resolution of our land; nothing rests upon more certain principles;

and there is nothing which in science may be more easily investigated.

Calcareous, argillaceous, and other soluble earths, compose many of

the strata; but in many more, which are partly or chiefly composed

of insoluble substances, those soluble earths are mixed in various

proportions. Now, when the siliceous substance, which is the insoluble

part, shall be supposed resisting every effort of the elements towards

its dissolution, those compound masses upon the surface of the earth,

however endued with hardness and solidity, are gradually impaired by the

dissolution of some of their constituent parts, and by the separation of

others which are thus exposed to the ablution of water. In like manner,

by the resolution of the surrounding parts, the solid _silex_, which is

supposed to be insoluble, is removed from its bed, and thus suffers new

parts of the solid land to be exposed to those injuries of the air, by

which the general good of plants, of animals, and even of future worlds,

are consulted.

The solid land is resolved into stones, gravel, sand, earths, and clays;

all or either of these, by retaining moisture, and affording places for

the roots of plants, are disposed for vegetation in different degrees; a

mixture of the different earths being, upon the whole, the best suited

to that purpose; and this compound body, mixed with vegetable or animal

substances, becoming a most luxuriant soil.

Soils are thus formed, either by the resolution of the surface of that

land upon which they are to rest, or by the transportation of those

solid parts to be again deposited upon another basis. In this manner

soils are constantly changing upon the same spot; sometimes they are

meliorated, at other times impoverished. From the tops of the mountains

to the shores of the sea, all the soils are subject to be moved from

their places, by the natural operations of the surface, and to be

deposited in a lower situation; thus gradually proceeding from the

mountain to the river, and from the river, step by step, into the sea.

Countries are thus formed at the mouths of rivers in the sea, so long as

the quantities of materials transported from the land exceeds that which

is carried from the shore, by tides and currents, into the deeper water.

The soil, with which the surface of this earth is always covered more or

less, is extremely various, both with respect to quantity and quality;

it is found resting upon the solid parts; and those solid parts are

always more or less affected by the influences of the atmosphere near

the surface of the earth. Those parts of the strata which approach

the surface are always in a decayed state; and this sometimes may be

observed for very considerable depths, according as the quality of the

materials, and the situation of the place dispose to that effect. This

general observation however may be formed, that, _cet. par._ the strata

become always more solid, or are found in their sound and natural state,

more and more in proportion as we sink into the earth, or have proceeded

from the surface.

There is nothing of which we have more distinct experience than this,

That, universally upon the surface of the earth, the solid parts are

dissolving and always going into decay; whereas, at a sufficient

depth below, they are found in their natural consolidated state. The

operations of man in digging into the ground, as well as the sections

of the earth so often formed by brooks and rivers, affords such ample

testimony of this truth that nothing farther need be observed upon this

head only that this is a most important operation in the natural economy

of the globe, and forms a subject of the greatest consequence in the

present Theory of the Earth, which holds for principle, that the strata

are consolidated in the mineral regions far beyond reach of human

observation.

Consistently with this view of things, the strata or regular solid

parts, under the soil or travelled earth, should be found in some shape

corresponding to the represented state of those things, when affected

by the powers which have acted upon the surface of the earth. Here,

accordingly, the strata are always to be observed with those marks of

resolution, of fracture, and of separation, which have most evidently

arisen from the joint operation of those several causes that have been

now explained. But though every operation of the globe be necessarily

required for the explanation of those appearances which we now examine,

it is principally the action of the sun and atmosphere, and the

operations of the waters flooding the surface of the earth, that form

the proper subject of the present investigation.

Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4) · 第 3 / 8 章