Mon cher commandant,
Lorsque j’ai réuni mes correspondances au journal _le Temps_, pour faire
un récit plus complet de mes impressions et de mes études, vous avez
bien voulu me communiquer vos notes de voyage; j’y ai trouvé des
éléments nouveaux et des renseignements précieux.
J’en ai usé et abusé; en sorte que, tout autant que moi, vous pourriez
mettre votre nom à la première page de ce livre. Vous ne le voulez pas,
c’est votre droit; mais moi, je veux qu’on le sache, c’est mon devoir.
Nos amis de la _Junon_ retrouveront donc dans ces pages quelques-unes de
vos appréciations, la plupart de vos idées.
Si ce beau voyage, qui devait comprendre le tour de la terre, n’a pu
être effectué qu’en partie, ils savent que les circonstances ont été
plus fortes que votre volonté, et que votre chagrin a été aussi profond
que grande notre déception.
Ils se joindront à moi pour vous remercier de votre collaboration à cet
ouvrage modeste, mais sincère, qui aura au moins le mérite d’attirer de
nouveau l’attention sur une idée excellente et patriotique, dont vous
pouvez être fier d’avoir été le promoteur.
Je vous renouvelle, mon cher commandant, l’expression de mes sentiments
très affectueux, et je signe,
Votre dévoué collaborateur,