Les pharisiens, dans leur stupidité aveugle, opposèrent le Sabbat à
Jésus-Christ. Ils ne comprenaient pas ou ne voulaient pas comprendre que
le miracle en général et la guérison en particulier sont par excellence
l’acte du repos.
Jésus-Christ qui venait consommer et non détruire substitua l’esprit à
la lettre.
Sa résurrection transporta le repos du samedi au Dimanche.
Jésus-Christ a éclairé et exalté le jour du Seigneur. Il ne l’a pas
supprimé: La liberté de l’esprit l’a vengé de l’imbécillité pharisaïque
et restitué à l’espace de l’amour qui est le domaine des enfants de
Dieu.
La Messe, qui est l’Acte par excellence, est le précepte du Jour du
repos.
Le Dimanche est la figure de l’éternité sans crépuscule.
* * * * *
Celui qui est entré dans son repos se repose de ses œuvres, à
l’imitation de Dieu.
X
Le fait de la Salette est trop connu désormais pour être raconté ici.
Mais il faut remarquer que là comme partout, l’attentat contre le Nom du
Seigneur et l’attentat contre le Jour du Seigneur sont reprochés et
présentés tous deux comme deux sources de mort, prêtes à couler sur la
terre si...
Le terrible SI accompagne l’homme avec une fidélité redoutable. C’est
l’ombre qui suit le corps.
Le mystère de notre liberté se croise avec le mystère des volontés
divines.
L’histoire de Jonas est toujours suspendue sur nous comme un glaive à
deux tranchants.
* * * * *
Si la violation du Dimanche semble exciter la colère de Dieu contre une
nation, contre une société, contre un monde plus directement que les
autres crimes, c’est que cet attentat constitue de la part des hommes
une profession de foi publique d’athéisme. Tous les jours l’homme
individuel peut établir entre Dieu et lui les communications qui
constituent ce qu’on appelle en ce monde: la Religion. Mais le Dimanche
a été choisi et consacré par la main de Dieu pour être le temple
universel, l’autel social. Le Dimanche est le témoin officiel et
prédestiné, choisi, voulu, consacré, le témoin de la religion solennelle
par laquelle le ciel et la terre ont juré d’être unies.
Celui qui viole le Dimanche brise autant qu’il est en lui, les rapports
de Dieu et du genre humain. L’Apostasie publique est le grand attentat
qui renverse les peuples, et précipite dans l’abîme les nations
autrefois choisies. Jérémie parle à travers les siècles, et l’écho de sa
voix ne s’est pas perdu dans les vallées de la Palestine. Elle retentit
de montagnes en montagnes, criant toute génération.
_Quis enim miserebitur tui, Jerusalem?..._
D’autres crimes se cachent. La profanation du Jour sacré s’étale au
soleil. Elle fait orgie d’elle-même. Elle insulte Dieu à la face du ciel
et de la terre. Elle récolte comme elle a semé. Le crime a été public.
Le châtiment est public. Écoutez cette parole terrible et oubliée:
«Je vous disperserai dans les nations, je tirerai le glaive contre vous,
et votre terre sera déserte et vos cités détruites.
«Et la terre célébrera joyeusement son Sabbat, pendant tous les jours de
cette solitude.
«Pendant que vous serez sur la terre étrangère, la terre fera un long
Sabbat, et se reposera dans son désert, parce que vous ne lui avez pas
accordé le repos, au Jour du Sabbat, pendant que vous l’habitiez.
(Lévit. XXVI, 33, 34, 35).»
Quel châtiment profond et comme il sort des entrailles du crime! Avec
quelle intelligence la terre se venge et comme elle reprend avec usure
ce qu’on lui a refusé! Ses habitants lui ont refusé un jour de repos.
Elle les rejettera loin d’elle, et se reposera tous les jours, et elle
fera dans le désert la fête de son Sabbat, pendant qu’ils gémiront loin
d’elle, épouvantés, et celui qui servira tremblera en pays inconnus.