IX

Les pharisiens, dans leur stupidité aveugle, opposèrent le Sabbat à

Jésus-Christ. Ils ne comprenaient pas ou ne voulaient pas comprendre que

le miracle en général et la guérison en particulier sont par excellence

l’acte du repos.

Jésus-Christ qui venait consommer et non détruire substitua l’esprit à

la lettre.

Sa résurrection transporta le repos du samedi au Dimanche.

Jésus-Christ a éclairé et exalté le jour du Seigneur. Il ne l’a pas

supprimé: La liberté de l’esprit l’a vengé de l’imbécillité pharisaïque

et restitué à l’espace de l’amour qui est le domaine des enfants de

Dieu.

La Messe, qui est l’Acte par excellence, est le précepte du Jour du

repos.

Le Dimanche est la figure de l’éternité sans crépuscule.

* * * * *

Celui qui est entré dans son repos se repose de ses œuvres, à

l’imitation de Dieu.

X

Le fait de la Salette est trop connu désormais pour être raconté ici.

Mais il faut remarquer que là comme partout, l’attentat contre le Nom du

Seigneur et l’attentat contre le Jour du Seigneur sont reprochés et

présentés tous deux comme deux sources de mort, prêtes à couler sur la

terre si...

Le terrible SI accompagne l’homme avec une fidélité redoutable. C’est

l’ombre qui suit le corps.

Le mystère de notre liberté se croise avec le mystère des volontés

divines.

L’histoire de Jonas est toujours suspendue sur nous comme un glaive à

deux tranchants.

* * * * *

Si la violation du Dimanche semble exciter la colère de Dieu contre une

nation, contre une société, contre un monde plus directement que les

autres crimes, c’est que cet attentat constitue de la part des hommes

une profession de foi publique d’athéisme. Tous les jours l’homme

individuel peut établir entre Dieu et lui les communications qui

constituent ce qu’on appelle en ce monde: la Religion. Mais le Dimanche

a été choisi et consacré par la main de Dieu pour être le temple

universel, l’autel social. Le Dimanche est le témoin officiel et

prédestiné, choisi, voulu, consacré, le témoin de la religion solennelle

par laquelle le ciel et la terre ont juré d’être unies.

Celui qui viole le Dimanche brise autant qu’il est en lui, les rapports

de Dieu et du genre humain. L’Apostasie publique est le grand attentat

qui renverse les peuples, et précipite dans l’abîme les nations

autrefois choisies. Jérémie parle à travers les siècles, et l’écho de sa

voix ne s’est pas perdu dans les vallées de la Palestine. Elle retentit

de montagnes en montagnes, criant toute génération.

_Quis enim miserebitur tui, Jerusalem?..._

D’autres crimes se cachent. La profanation du Jour sacré s’étale au

soleil. Elle fait orgie d’elle-même. Elle insulte Dieu à la face du ciel

et de la terre. Elle récolte comme elle a semé. Le crime a été public.

Le châtiment est public. Écoutez cette parole terrible et oubliée:

«Je vous disperserai dans les nations, je tirerai le glaive contre vous,

et votre terre sera déserte et vos cités détruites.

«Et la terre célébrera joyeusement son Sabbat, pendant tous les jours de

cette solitude.

«Pendant que vous serez sur la terre étrangère, la terre fera un long

Sabbat, et se reposera dans son désert, parce que vous ne lui avez pas

accordé le repos, au Jour du Sabbat, pendant que vous l’habitiez.

(Lévit. XXVI, 33, 34, 35).»

Quel châtiment profond et comme il sort des entrailles du crime! Avec

quelle intelligence la terre se venge et comme elle reprend avec usure

ce qu’on lui a refusé! Ses habitants lui ont refusé un jour de repos.

Elle les rejettera loin d’elle, et se reposera tous les jours, et elle

fera dans le désert la fête de son Sabbat, pendant qu’ils gémiront loin

d’elle, épouvantés, et celui qui servira tremblera en pays inconnus.

Le jour du Seigneur · 第 17 / 28 题