M. HENRI GOUNOUILHOU

Le directeur de la _Gironde_ et de la _Petite Gironde_, les deux grands

journaux bordelais qui comptent parmi les mieux rédigés et les plus

influents du Sud-Ouest, M. Henri Gounouilhou, est mort, la semaine

passée, âgé de cinquante-neuf ans à peine.

[Illustration: M. Henri Gounouilhou.--_Phot. Terpereau._]

Il appartenait à une famille de journalistes en qui les vertus

professionnelles sont de tradition. Très jeune, il avait été associé à

l'oeuvre de son père, le fondateur des deux quotidiens dont, après sa

mort, survenue au mois de mars de l'an passé, il prit la direction, et

qu'il sut, à son tour, faire prospérer. Il partageait lui-même, depuis

quelques années, la conduite d'une entreprise devenue considérable avec

son fils, M. Marcel Gounouilhou, et son neveu, M. Custave Chapon, qui

lui succèdent aujourd'hui.

La presse française perd en ce journaliste excellent, dont toute

l'activité, tout le talent furent consacrés à la même cause, un de ses

représentants les plus respectés.

La situation importante qu'il y occupait, les sympathies dont, de tous

côtés, il était entouré, l'estime attachée à son nom, ont assuré à ses

obsèques, célébrées à Bordeaux, un caractère de grande solennité. Dès la

nouvelle de sa mort, M. Fallières et M. Poincaré, ainsi que plusieurs

membres du gouvernement, avaient tenu à exprimer par télégrammes à Mme

Gounouilhou et à sa famille leurs regrets personnels. M. Chaumet,

sous-secrétaire d'État aux Postes et Télégraphes, les autorités

bordelaises et une foule d'amis et de collaborateurs, assistaient au

service funèbre. Et, après la cérémonie religieuse à la cathédrale

Saint-André, des discours évoquèrent, devant la tombe, la noble figure

du disparu.

L'Illustration, No. 3653, 1er Mars 1913 · 第 35 / 53 题