--Il peut l'être, fit-il.
--Comment cela?
--Combelaine doit avoir une bonne partie encore des titres volés...
--Oh! il ne faut pas compter là-dessus.
--Eh bien! moi, directeur de la Caisse rurale, et à ce titre acquéreur
d'une partie des propriétés de Mlle Simone, je puis faire avancer
l'époque du payement.
Me Roberjot regardait son ancien copain comme s'il eût espéré lire
jusqu'au fond de son âme.
--Feriez-vous vraiment cela? demanda-t-il.
--Et vous, fit l'ancien architecte, me donneriez-vous votre parole de me
rendre, sans vous en servir, les lettres de moi qui sont parmi les
papiers de Combelaine?...
Malheureusement, Me Roberjot ne pouvait prendre cet engagement, et il
cherchait comment esquiver une réponse décisive, lorsque M. Lucien
Verdale intervenant:
--Soyez tranquilles, messieurs, prononça-t-il d'un ton ferme, mon père
fera sans conditions tout ce que l'honneur lui commandera de faire.
Raymond, le docteur Legris ni Me Roberjot n'avaient plus rien à faire
chez l'ancien architecte. Ils se retirèrent, reconduits par M. Lucien
Verdale, lequel, sur l'escalier encore, leur affirmait qu'il saurait
faire vouloir son père.
Lui, cependant, d'un air indéfinissable, écoutait le bruit des pas qui
se perdait dans les corridors de son vaste hôtel.
Lorsqu'il n'entendit plus rien, sonnant son valet de chambre, un homme
qui le servait depuis quinze ans, et qui, pensait-il, lui était tout
dévoué:
--As-tu, lui demanda-t-il, terminé tous les apprêts dont je t'avais
chargé?...
--Je n'ai rien oublié, répondit le valet de chambre, de ce que m'avait
commandé monsieur le baron, j'ai empli quinze grandes caisses que j'ai
déposées dans un magasin loué sous un nom supposé...