NOTES

[1: Il me semble que les véritables partisans de la liberté républicaine

sont ceux qui détestent le plus profondément les forfaits qui se sont

commis en son nom. Leurs adversaires peuvent sans doute éprouver la

juste horreur du crime; mais comme ces crimes mêmes servent d'argument à

leur système, ils ne leur font pas ressentir, comme aux amis de la

liberté, tous les genres de douleur à la fois.]

[2: J'entends par constitution démagogique, celle qui met le peuple en

fermentation, confond tous les pouvoirs, enfin la constitution de 1703.

Le mot de démocratie étant pris, de nos jours, dans diverses acceptions,

il ne rendrait pas avec exactitude ce que je veux exprimer.]

[3: Je crains qu'on ne m'accuse d'avoir parlé trop souvent, dans le

cours de cet ouvrage, du suicide comme d'un acte digne de louanges: je

ne l'ai point examiné sous le rapport toujours respectable des principes

religieux; mais politiquement, je crois que les républiques ne peuvent

se passer du sentiment qui portait les anciens à se donner la mort; et

dans les situations particulières, les âmes passionnées qui

s'abandonnent à leur nature, ont besoin d'envisager cette ressource pour

ne pas se dépraver dans le malheur, et plus encore, peut-être, au milieu

des efforts qu'elles tentent pour l'éviter.]

[4: Smith, dans son excellent ouvrage de la Théorie des sentiments

moraux, attribue la pitié à cette sympathie qui nous fait nous

transporter dans la situation d'un autre, et supposer ce que nous

éprouverions à sa place. C'est bien là certainement l'une des causes de

la pitié; mais l'inconvénient de cette définition, comme de toutes, est

de resserrer la pensée que faisait naître le mot qu'on a défini: il

était revêtu des idées accessoires et des impressions particulières à

chaque homme qui l'entendait, et vous restreignez sa signification par

une analyse toujours incomplète quand un sentiment en est l'objet; car

un sentiment est un composé de sensations et de pensées que vous ne

faites jamais comprendre qu'à l'aide de l'émotion et du jugement réunis.

La pitié est souvent séparée de tout retour sur soi-même; si, par

abstraction, vous vous figuriez un genre de douleur qui exigeât, pour la

souffrir, une organisation tout à fait différente de la vôtre, vous

auriez encore pitié de cette douleur: il faut que les caractères les

plus opposés puissent éprouver de la pitié pour des impressions qu'ils

n'auraient jamais ressenties; il faut enfin que le spectacle du malheur

remue les hommes par commotion, par talisman, sans examen ni

combinaison.]

[5: Dans un écrit publié il y a deux ans, dans un écrit honoré du

suffrage qui pouvait le plus enorgueillir, cité par M. Fox plaidant pour

la paix devant le parlement d'Angleterre, j'ai dit: _Si l'on ne fait pas

la paix avec les Français cette année, qui sait au centre de quel empire

ils la refuseront l'année prochaine?_ (Réflexions sur la paix.) Jamais

prédiction, je crois, ne s'est mieux accomplie. On pourrait, avec le

même degré de certitude, présager quels seraient les résultats des

étonnantes victoires des Français, s'ils en abusaient; s'ils adoptaient

à cet égard un système révolutionnaire. Mais il y a un si grand foyer de

lumières dans ce pays; le gouvernement républicain, par sa nature même,

est à la longue tellement soumis à la véritable opinion publique, que

les premières conséquences doivent éclairer sur le principe, et qu'on ne

persiste pas, dans ce qui ruine, avec l'aveuglement dont plusieurs

cabinets monarchiques ont donné l'exemple pendant cette guerre.]

De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations · 第 33 / 33 题