On pensera peut-être qu'il y a de l'empressement d'auteur à faire
paraître la première partie d'un livre quand la seconde n'est pas encore
faite: d'abord, malgré la connexion de ces deux parties entre elles,
chacune peut être considérée comme un ouvrage séparé; mais il est
possible aussi que, condamnée à la célébrité sans pouvoir être connue,
j'éprouve le besoin de me faire juger par mes écrits. Calomniée sans
cesse, et me trouvant trop peu d'importance pour me résoudre à parler de
moi, j'ai dû céder à l'espoir qu'en publiant ce fruit de mes
méditations, je donnerais quelque idée vraie des habitudes de ma vie et
de la nature de mon caractère.
Lausanne, ce 1er juillet 1796.