Événements accomplis en Silésie et dans les environs de Berlin

pendant les opérations des armées belligérantes autour de Dresde.

-- Forces et instructions laissées au maréchal Macdonald lorsque

Napoléon était revenu du Bober sur l'Elbe. -- Pressé d'exécuter

ses instructions et craignant de perdre les avantages de

l'offensive, ce maréchal avait mis ses trois corps en mouvement

le 26 août. -- Le général Blucher s'était jeté sur la division

Charpentier et la cavalerie Sébastiani, et les avait culbutées du

plateau de Janowitz. -- Cet accident avait entraîné la retraite

de toute l'armée, qu'une pluie torrentielle de plusieurs jours

avait rendue presque désastreuse. -- Prise et destruction de la

division Puthod. -- Le maréchal Macdonald réduit de 70 mille

hommes à 50 mille. -- Son mouvement rétrograde sur le Bober. --

Événements du côté de Berlin. -- Marche du maréchal Oudinot à la

tête des 4e, 12e et 7e corps. -- Composition et force de ces

corps. -- Armée du prince royal de Suède. -- Arrivée devant

Trebbin. -- Premières positions de l'ennemi enlevées dans les

journées des 21 et 22 août. -- Isolement des trois corps français

dans la journée du 23, et combat malheureux du 7e corps à

Gross-Beeren. -- Retraite du maréchal Oudinot sur Wittenberg. --

Beaucoup de soldats se débandent, surtout parmi les alliés. --

C'est la connaissance de ces graves échecs qui le 28 août avait

ramené Napoléon de Pirna sur Dresde, et avait détourné son

attention de Kulm. -- Ne sachant pas encore ce qui était arrivé

à Vandamme, il avait formé le projet de déplacer le théâtre de la

guerre et de la transporter dans le nord de l'Allemagne. --

Vastes conséquences qu'aurait pu avoir ce projet. -- À la

nouvelle du désastre de Kulm, Napoléon, obligé de restreindre ses

vues, réorganise le corps de Vandamme, en confie le commandement

au comte de Lobau, envoie le maréchal Ney pour remplacer le

maréchal Oudinot dans le commandement des trois corps retirés sur

Wittenberg, et se propose de s'établir avec ses réserves à

Hoyerswerda, afin de pousser d'un côté le maréchal Ney sur

Berlin, et de prendre de l'autre une position menaçante sur le

flanc du général Blucher. -- Départ de la garde pour Hoyerswerda.

-- Nouvelles inquiétantes de Macdonald, qui détournent encore

Napoléon de l'exécution de son dernier projet, et l'obligent à se

porter tout de suite sur Bautzen. -- Arrivée de Napoléon à

Bautzen le 4 septembre. -- Prompte retraite de Blucher dans les

journées des 4 et 5 septembre. -- À peine Napoléon a-t-il rétabli

le maréchal Macdonald sur la Neisse, qu'une seconde apparition de

l'armée de Bohême sur la chaussée de Péterswalde le ramène à

Dresde. -- Son entrevue aux avant-postes avec le maréchal

Saint-Cyr dans la journée du 7. -- Projet pour le lendemain 8

septembre. -- Dans cet intervalle, Napoléon apprend un nouveau

malheur arrivé sur la route de Berlin. -- Le maréchal Ney ayant

reçu l'ordre de se porter sur Baruth, avait fait dans la journée

du 5 septembre un mouvement de flanc devant l'ennemi, avec les

4e, 12e et 7e corps. -- Ce mouvement, qui avait réussi le 5, ne

réussit pas le 6, et amène la malheureuse bataille de Dennewitz.

-- Retraite le 7 septembre sur Torgau. -- Débandade d'une partie

des Saxons. -- Napoléon reçoit cette nouvelle avec calme, mais

commence à concevoir des inquiétudes sur sa situation. -- Avis

indirect, donné par l'intermédiaire de M. de Bassano, au ministre

de la guerre pour l'armement et l'approvisionnement des places du

Rhin. -- Conformément au plan convenu le 7 avec le maréchal

Saint-Cyr, Napoléon, dans la journée du 8, pousse vivement les

Prussiens et les Russes, afin de les rejeter en Bohême. -- Sur

l'avis du maréchal Saint-Cyr, on suit le 9 et le 10 la vieille

route de Bohême, celle de Furstenwalde, par laquelle on a

l'espérance de tourner l'ennemi. -- L'impossibilité de faire

passer l'artillerie par le Geyersberg empêche d'achever le

mouvement projeté. -- Ignorant qu'en ce moment les Autrichiens

sont séparés des Prussiens et des Russes, et pressé de réparer

les échecs de ses lieutenants, Napoléon s'arrête et revient à

Dresde. -- Évidence du plan des coalisés, consistant à courir sur

les armées françaises dès que Napoléon s'en éloigne, et à se

retirer dès qu'il arrive, à fatiguer ainsi ses troupes, pour

l'envelopper ensuite, et l'accabler lorsqu'on le jugera

suffisamment affaibli. -- Déplorable réalisation de ces vues. --

Les forces de Napoléon réduites de 360 mille hommes de troupes

actives sur l'Elbe à 250 mille. -- En considération de cet état

de choses, Napoléon resserre le cercle de ses opérations, ramène

Macdonald avec les 8e, 5e, 11e, 3e corps près de Dresde, établit

le comte de Lobau et le maréchal Saint-Cyr au camp de Pirna,

derrière de bons ouvrages de campagne, afin que l'ennemi ne

puisse plus se faire un jeu de ses apparitions sur la route de

Péterswalde, envoie un fort détachement de cavalerie sur ses

derrières pour disperser les troupes de partisans, réorganise le

corps de Ney sur l'Elbe, place le maréchal Marmont et Murat à

Grossenhayn pour protéger l'arrivée de ses approvisionnements, et

se concentre à Dresde avec toute la garde, de manière à ne plus

être mis en mouvement par de vaines démonstrations de l'ennemi.

-- Troisième apparition des Prussiens et des Russes sur

Péterswalde. -- Les ouvrages ordonnés entre Pirna, Gieshübel et

Dohna, n'étant pas achevés, Napoléon est obligé d'accourir encore

une fois sur la route de Péterswalde pour rejeter l'ennemi en

Bohême. -- Prompte retraite des coalisés. -- Retour de Napoléon à

Pirna, et ses soins pour bien asseoir sa position, afin de ne

plus s'épuiser en courses inutiles. -- Sa résolution de s'établir

sur l'Elbe, de Dresde à Hambourg, pour la durée de l'hiver. --

Projets de l'ennemi. -- Napoléon étant partout resserré sur

l'Elbe, et la saison avançant, les souverains coalisés songent à

mener la guerre à fin par une tentative décisive sur les

derrières de notre position. -- Blucher fait prévaloir l'idée

d'employer en Bohême la réserve du général Benningsen, et, après

avoir ainsi renforcé la grande armée des alliés, de la faire

descendre sur Leipzig, tandis qu'il ira lui-même joindre

Bernadotte, passer l'Elbe avec lui aux environs de Wittenberg, et

remonter sur Leipzig avec les armées du Nord et de Silésie. --

Premiers mouvements en exécution de ce dessein. -- Napoléon

découvre sur-le-champ l'intention de ses adversaires, et fait

repasser toutes ses troupes sur la gauche de l'Elbe. -- Il ne

laisse sur la droite de ce fleuve que Macdonald avec le 11e

corps; il achemine Marmont et Souham, l'un par Leipzig, l'autre

par Meissen, sur le bas Elbe, afin d'appuyer Ney; il envoie

Lauriston et Poniatowski sur la route de Prague à Leipzig pour

soutenir Victor contre l'armée de Bohême. -- Attente de quelques

jours pour laisser dessiner plus clairement les projets de

l'ennemi. -- Blucher s'étant dérobé pour se joindre à Bernadotte

et passer l'Elbe à Wartenbourg, Napoléon quitte Dresde le 7

octobre avec la garde et Macdonald, et descend sur Wittenberg

dans le dessein de battre Blucher et Bernadotte d'abord, et puis

de se reporter sur la grande armée de Bohême. -- Belle et

profonde conception de Napoléon tendant à refouler Blucher et

Bernadotte sur Berlin, et à surprendre ensuite Schwarzenberg en

remontant la rive droite de l'Elbe pour repasser ce fleuve à

Torgau ou à Dresde. -- Mouvement prononcé de Blucher et de

Bernadotte sur Leipzig, qui change tous les projets de Napoléon.

-- Celui-ci voyant les coalisés près de se réunir tous sur

Leipzig, se hâte d'y arriver le premier pour s'interposer entre

eux, et empêcher leur jonction. -- Retour de la grande armée

française sur Leipzig. -- Terrible bataille, la plus grande du

siècle et probablement des siècles, livrée pendant trois jours

sous les murs de Leipzig. -- Retraite de Napoléon sur Lutzen. --

Explosion du pont de Leipzig, qui amène la destruction ou la

captivité d'une partie de l'armée française. -- Mort de

Poniatowski. -- Marche sur Erfurt. -- Défection de la Bavière et

arrivée de l'armée austro-bavaroise dans les environs de Hanau.

-- Mouvement accéléré de l'armée française et bataille de Hanau.

-- Humiliation de l'armée austro-bavaroise. -- Rentrée des

Français sur le Rhin. -- Leur état déplorable en arrivant à

Mayence. -- Opérations du maréchal Saint-Cyr sur l'Elbe. --

Triste capitulation de Dresde. -- Situation, forces, conduite

héroïque, et malheurs des garnisons françaises, inutilement

laissées sur la Vistule, l'Oder et l'Elbe. -- Caractère de la

campagne de 1813. -- Effrayants présages qu'on en peut tirer.

363 à 685

FIN DE LA TABLE DU SEIZIÈME VOLUME.

[Note au lecteur de ce fichier numérique:

Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été

corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée.

Les lettres supérieures inhabituelles ont été entourées de

parenthèses.

--Page 648: Le titre de l'illustration "Scène de bataille" a été rajouté

lors de la création de ce fichier; le titre original étant illisible.]

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 16 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 52 / 52 段