cardinal. Après l'affaire du pont de Cé, pour établir un
semblant d'alliance entre lui et MM. de Luynes, Richelieu
avoit fait épouser cette nièce à Antoine de Beauvoir du
Roure, seigneur de Combalet, neveu du duc de Luynes. Plus
tard, il la fit duchesse d'Aiguillon.]
[Note 56: A la fin de l'_Histoire secrète des amours du
cardinal de Richelieu avec Marie de Médicis et madame de
Combalet_, curieux mémoire publié, on ne sait pourquoi, par
Auguis, dans ce qu'il appelle les _Révélations indiscrètes
du XVIIIe siècle_, 1814, in-12, p. 145-182, on lit ceci:
«Elle (madame de Combalet) eut dans la suite de grandes
liaisons avec madame du Vigean, qui n'étoit pas plus prude
qu'elle.» Tallemant (édit. in-12, t. 2, p. 204) fait foi
lui-même de ces relations et de l'influence de madame de
Vigean sur madame de Combalet.]
[Note 57: Ces deux vers manquent dans l'édition in-4º.]
FIN.
_Le Duel signalé d'un Portugais et d'un Espagnol[58]._
_Extrait d'une lettre escritte de Lisbonne à Paris, au Prince de
Portugal[59]._
_Du Bureau d'adresse, au Grand-Coq, rue de la Calandre, près le
Palais, à Paris, le 31 aoust 1633._
_Avec privilége._
[Note 58: Bien que cette pièce intéresse une des époques
les plus curieuses de l'histoire du Portugal, nous la
reproduisons ici moins pour elle-même que pour le singulier
_appendice_ que lui a donné son premier éditeur. Cet
_appendice_, comme on le verra, n'est pas autre chose
qu'une feuille de _petites affiches_ en 1633.]
[Note 59: Ce prince de Portugal est D. Cristovao, l'un
des deux fils du prétendant D. Antonio, prieur de Crato,
qui, sans avoir des droits légitimes, avoit le plus
énergiquement lutté, par tous les moyens possibles, pour
que le Portugal n'eût d'autre roi qu'un prince portugais.
On sait qu'après avoir tout tenté pour arracher son pays à
la domination espagnole, D. Antonio mourut à la peine en
1595, ne laissant que ses prétentions pour héritage à son
fils. D. Cristovao fut le seul qui resta en France. Nous
savions qu'il y étoit encore en 1632, car cette année-là du
Moustier fit son portrait. (V. notre volume _Un Prétendant
portugais au XVIe siècle_, 1852, in-12, p. 44, 85, 95.) La
date de la pièce reproduite ici prouve que l'année suivante
il s'y trouvoit encore. Il y vivoit d'une pension que lui
faisoit le roi, comme on peut le voir par une pièce que
possédoit M. de Joursanvault. (V. le _Catalogue_ de sa
collection, 1re partie, p. 35, nº 257.)]
J'ai disputé à par moy se je vous ferois part d'un combat memorable
arrivé le 27 du passé entre deux personnes de telle qualité qu'il
semble plustot un combat de nation que de personne à autre; mais,
voyant que les Espagnols en semoyent le bruict à leur avantage, sur
ceste maxime qu'à mal exploiter il n'est que de bien escrire, je me
suis senti obligé à vous en mander la verité.
Les Espagnols sont de tout temps mal voulus des Portugais, et leur
histoire moderne nous apprend qu'ils ont porté leur animosité
jusques au Nouveau-Monde, au partage duquel ils ne se sont jamais pu
accorder, bien que le S. Siége s'en soit meslé. Mais ceste haine est
venuë à son comble lorsque les Espagnols se sont rendus maîtres du
Portugal, aneantissans les beaux priviléges de ceste grande province,
et mesmes lorsqu'ils ont changé leur liberté en des citadelles, le
moyen ordinaire dont se servent les Espagnols pour retenir sous leur
domination les peuples par force, puisqu'ils ne le peuvent par amour.
La garnison espagnole qui estoit dans la citadelle de Lisbonne
s'estant voulu égayer dans la ville et y vivre avec moins de retenue,
les bourgeois portugais, ausquels une domination estrangère ne peut
faire oublier leur generosité, lassez de leur façon de faire, l'ont
naguères rechassée dans leur citadelle, sans leur vouloir souffrir de
remettre le pied dans la ville.
Ce que dom Federico de Tolède[60], general de l'armée espagnole,
n'ayant pu endurer sans leur tesmoigner son ressentiment, lascha
quelques parolles au desavantage des Portugais; de quoy estant
adverty dom Francisco Mascarenhas, gentilhomme portugais de l'ordre
de Christo (qui est le principal ordre de Portugal), homme de grande
reputation, tant pour avoir fait de grands exploits d'armes aux
Ost-Indes que pour avoir esté chef de la faction portugaise qui
chassa les Espagnols dans cette citadelle, comme je vous ay dit,
employa cinq jours entiers à chercher dom Federico, et l'ayant enfin
trouvé seul en une place de cette ville de Lisbonne ditte Terrero de
Passo, sur les quatre heures après midy, il luy dit: «Me voilà bien
content d'avoir rencontré vostre seigneurie, pour luy demander raison
du blasme qu'elle donne aux gentilshommes portugais, dont le moindre
vaut mieux que tous les Espagnols; mais afin que vostre meschanceté
et impudence face recognoistre vostre tort devant Dieu et le monde,
je vous appelle au combat Dos Cardaiz. Amenez-y tant d'Espagnols que
vous voudrez: j'ay si bonne opinion de moy qu'avec le tiltre que je
porte de Mascarenhas et mon ordre, il y aura assez de moy tout seul
pour battre tous les Castillans; il ne reste plus qu'à me donner
l'heure, à laquelle je ne manqueray point de me trouver.»
[Note 60: Fils du duc d'Albe et le même qui s'étoit
illustré par la prise de Mons en 1573. On sait que le duc
d'Albe avoit contribué plus que personne à la conquête du
Portugal par les Espagnols. Le gouvernement de Lisbonne
revenoit donc de droit à quelqu'un des siens.]
Dom Federico luy respondit en se mocquant: «Je suis bien aise qu'il
y ait en ce royaume une personne si vaillante que vous, qui ait la
hardiesse d'appeler au combat un général de l'armée espagnole; mais
quant à moy, qui suis ministre de Sa Majesté Catholique, je ne le
puis accepter.»
Mascarenhas repart: «Je jure par mon ordre que, si vous ne l'acceptez
pas, je vous decrieray par tout le monde comme un poltron, et le
moindre mal qui vous puisse arriver à la première rencontre est
d'avoir l'oreille coupée. Espagnols, quand vous parlez des Portugais,
apprenez à mettre les deux genoux à terre.--Eh bien, dit lors
Federico, pour faire donc plaisir à si vaillant Portugais, j'accepte
l'appel et me trouverai demain au lieu assigné dès les six heures,
non, dès les quatre heures après midi, vous donnant avis au parsus
que j'iray en général.»
A l'heure dite, dom Francisco Mascarenhas parut le premier au
champ où se devoit faire le combat, sans autres armes que l'espée
et le poignard; mais vingt-cinq gentilshommes du même ordre le
suivoient à cent pas de là, pour voir quelle en seroit l'issue. Dom
Federico y arriva aussi, mais fort tard, et après cinq heures, à la
teste de trente-cinq capitaines. Lors, après quelques démarches à
l'avenant, ils degaînèrent leurs longues estocades, et dom Francisco
Mascarenhas disant force injures à l'Espagnol, il luy donna deux
coups d'estramasson sur la teste. L'Espagnol fit alors un grand cri,
disant qu'il estoit mort; au bruit duquel le neveu de dom Federico
bailla un coup d'espée au derrière de la teste de dom Francisco, en
suite de quoy les spectateurs accoururent tous de part et d'autre
et se meslèrent, de sorte que le combat dura une heure entière. Et
toutesfois de la part des Portugais il n'y eut qu'un neveu de dom
Francisco tué, mais du costé des Espagnols il demeura sept capitaines
sur la place, dont l'accident fit retirer tous les autres. Jugez par
là si les Espagnols ont de quoy se vanter.
FIN.
_Quinziesme Feuille du Bureau d'addresse, du premier septembre
1633[61]._
[Note 61: Nous avons déjà parlé du _bureau d'adresse_
établi par Renaudot (V. notre t. I, p. 138, et le _Roman
bourgeois_, p. 106); nous n'avons donc pas besoin d'y
revenir longuement. L'idée d'un semblable bureau de
renseignements n'étoit pas nouvelle. On sait par Montaigne
(liv. 1, ch. 34) que son père l'avoit eue déjà; Barthélemy
de Laffémas l'avoit reprise sous Henri IV, comme on le voit
par un passage de son _Histoire du Commerce_ (_Archives
curieuses_, 1re série, t. XIV, p. 223-424); mais ni l'un
ni l'autre n'étoit allé plus loin que le projet. C'est
à Théophraste Renaudot qu'en étoit réservée la mise à
exécution. Il comprit à merveille ce que devoit être un
pareil établissement, et tout d'abord il le fit très
complet. On savoit déjà qu'il y avoit joint des sortes de
_cours_, des _conférences_, dans lesquels se traitoient
toutes sortes de questions, et dont il sera parlé plus
loin; mais on ignoroit généralement que pour donner
une utilité plus directe à la partie principale de son
établissement, au _bureau_ même _des adresses_, il avoit
mis à son service une feuille spéciale, de véritables
_petites affiches_. Elles paroissoient le premier de chaque
mois; celle que nous publions ici, comme spécimen, étant la
_quinzième_ et portant la date de septembre 1633, on voit
que cette intéressante création remontoit au 1er juin 1632.
Il y avoit déjà six mois que Renaudot publioit sa _Gazette_
quand il lança cette nouvelle feuille, et il voulut que,
tout en servant pour le _bureau d'adresse_, elle fût aussi
pour l'autre comme une feuille de supplément. La relation
qui se trouve en tête du ce quinzième numéro en est la
preuve. Tel fait qui n'avoit pas paru dans l'une étoit
inséré dans l'autre: il falloit donc être abonné aux deux
pour être bien sûr de ne rien ignorer des nouvelles du
jour. Quand Conrard écrit à Félibien, le 10 octobre 1647:
«Le gazetier ne nous a pas encore donné de nouvelles du
tremblement de terre dont vous me parlez; il la garde
sans doute pour quand il en manquera d'autre», peut-être
n'avoit-il pas lu la _feuille d'avis_ où pouvoit se trouver
le fait omis dans la _Gazette_. Ces relations mises en tête
de la _feuille d'avis_ me semblent être ce que furent plus
tard les _extraordinaires_ ou suppléments de la _Gazette_.
Combien coûtait chaque numéro? Je ne sais; mais comme le
prix d'entrée au bureau d'adresse étoit de trois sols,
ainsi qu'on le voit par ces deux vers du _Ballet_ auquel il
servit de motif en 1631 (p. 12):
Pour nos trois sols nous y pouvons entrer,
Et trouver quelque chose ou blanque,
peut-être vous y donnoit-on par-dessus le marché le dernier
numéro publié. La chose est d'autant plus croyable que
c'étoit surtout une feuille d'annonces, et qu'elle avoit
plus besoin de lecteurs que les lecteurs n'avoient besoin
d'elle.--Les Anglois, qui ont toujours tant d'empressement
à nous imiter, ne manquèrent pas d'établir chez eux
un bureau d'adresses semblable à celui de Renaudot.
En 1637 Charles Ier autorisoit Jean Innys à ouvrir un
établissement de ce genre. J'ignore s'il eut aussi la
_feuille d'avis_; c'est fort probable. Celle de Renaudot
exista jusqu'en 1653, époque de sa mort. En 1715, le
libraire Thiboust l'avoit reprise. On lit en effet dans
le _Journal des Savants_ (août 1716): «Le sieur Thiboust,
libraire-imprimeur, vend chaque semaine une brochure in-12
qui contient les affiches de Paris, des provinces et des
pays étrangers.» Il n'est donc pas vrai de dire que ce fut
Antoine Boudet qui créa les _Petites Affiches_, en 1745.
M. Barbier a le premier fait cette rectification dans son
_Examen critique des dictionnaires historiques_, t. 1, p.
143; mais il a oublié de nommer Renaudot, si bien qu'en
réparant une injustice, il en a, sans le savoir, commis une
autre.]
_Terres seigneuriales à vendre._
Une terre seigneuriale en chastelenie, avec toute justice, à quatre
lieues au deçà d'Orléans, dans la forest, consistant en beau
chasteau bien logeable, terres labourables, vignes, prez, droit de
pesche et de chasse, bourg qui en depend, plusieurs mestairies,
rentes, droits de patronnage et autres droits seigneuriaux. Elle est
de deux mille livres de revenu, le prix de soixante mille livres. V.
3. f. 252. à. 3. v.[62]
[Note 62: Ces indications abrégées signifient volume III,
folio 252 à 253, verso. Vous voyez qu'il y avoit beaucoup
d'ordre au bureau d'adresse.]
* * * * *
2º Une autre au village de Saclé, à quatre lieues de Paris, sur le
chemin de Chevreuse, consistant en une maison où il y a court, puits
dedans, deux grandes chambres, cuisine, salle, caves, bergerie,
estables, droit de colombier à pied, et un jardin d'arbres fruitiers,
le tout contenant deux arpens et demi, cent arpens de terre
labourable, deux arpens et demi de prez, et seize sols parisis de
censives. Elle est affermée cinq cens livres; le prix de treize mille
livres. V. 3. f. 44. à. 5. r.
* * * * *
_Maisons et heritages aux champs en roture à vendre._
3º Une maison au village de Creteil, à trois lieues de Paris, proche
Nostre Dame des Mesches, consistante en porte cochère, cour fermée de
murs, colombier; un grand corps de logis où il y a cuisine, salle,
trois chambres hautes, deux greniers et une foulerie; clos planté
d'arbres fruitiers et d'excellentes vignes, fermé moitié de murailles
et moitié de hayes vives; demi arpent de terre labourable et un
arpent et demi de vignes. Elle est affermée deux cens livres; le prix
de trois mille trois cens livres. V. 3. f. 251 à 4. r.
* * * * *
4º Deux mille arpens de bois, tant en taillis que balliveaux anciens
et modernes, entre Rembouillet et Espernon, à six lieues de Mantes et
Poissi, lequel bois est exempt de dixmes, de tiers et danger; le prix
de quatre-vingts livres l'arpent à tout prendre. On vendra aussi cent
cinquante milliers de fagots, sçavoir: ceux de pelart, sept livres
dix sols le cent, et les autres non pelez quatre livres. V. 3. f.
256. 3 v.
* * * * *
_Maisons à Paris à vendre._
5º Deux maisons vers l'hostel de Nemours[63], l'une consistante en
porte cochère, court, caves, escurie pour quatre chevaux, grande
salle, quatre chambres, bouges, cabinets et galleries, louée mille
livres; dans l'autre il y a porte cochère, petite court, escurie pour
trois chevaux, cuisines, caves, puits, quatre chambres, cabinets et
greniers, louée six cens cinquante livres; on les veut vendre toutes
deux trente-six mille livres. V. 3. f. 251. à. 5. v.
[Note 63: Il se trouvoit rue des Grands-Augustins. Il
fut démoli en 1671 pour faire place à la rue qu'on nomma
rue _de Savoie_, parce que les derniers propriétaires de
l'hôtel avoient été des princes de Savoie.]
* * * * *
6º Une autre vers la vieille rue du Temple, consistante en porte
cochère, place au carosse, court, escurie pour cinq chevaux, trois
salles, deux chambres au-dessus de plein pied, l'une desquelles
avec un cabinet qui en est proche, sont enrichis de force belles
peintures; deux autres chambres, un grand grenier, un autre petit
corps de logis au-dessus de la cuisine, où il y a deux chambres. Elle
est louée depuis dix ans douze cens livres; le prix de trente mille
livres, qui est le denier vingt-cinq. V. 3. f. 249. à. 8. v.
* * * * *
7º Une autre bastie de neuf vers la place Maubert, consistante en
deux boutiques, deux caves, court, puits, six chambres avec leurs
bouges, un pavillon dessus la montée, dans lequel il y a une chambre
et grenier avec une estude à costé. Louée quatre cens livres; le prix
de neuf mille livres. V. 3. f. 253. à 6. r.
* * * * *
_Maisons à Paris à donner à loyer._
8º Une maison au quartier du Pont-Neuf, consistante en deux portes
cochères, deux caves, cuisine, puits, grande salle, sept chambres
avec leurs bouges et cabinets, du prix de douze cens livres. V. 3. f.
249. à. 6. v.
* * * * *
9º On veut transporter le bail d'une maison, qui n'expirera que
dans deux ans, vers la montagne Saincte Geneviève, consistante en
petite porte, escurie pour trois chevaux, court dans laquelle y a
un beau cabinet; cuisine, puits, salle, six grandes chambres et
trois petites, greniers et caves. Le prix de quatre cens vingt-cinq
livres. Il faut que celuy qui prendra ce logis veuille tenir des
pensionnaires, afin d'acheter vingt lits et autres meubles qui y
sont, et on luy laissera douze pensionnaires qui sont dans ledit
logis. V. 3. 252. à. 2. v.
* * * * *
10º Une autre au mesme quartier, consistante en porte cochère,
escurie pour six chevaux, place à un carosse et beau logement, du
prix de six cens livres. V. 3. fol. 250. à 1. v.
* * * * *
11º Une autre au mesme quartier, consistante en porte cochère, place
au carosse, escurie, cour et plusieurs chambres, du prix de neuf cens
livres. V. 3. f. 250. à. 1. v.
* * * * *
_Maisons à Paris qu'on demande à prendre à loyer._
12º Une maison n'importe du quartier ni du prix, où il y ait porte
cochère, place à mettre un carosse et un chariot, et trois ou quatre
chambres. V. cl. 3. f. 252. art. 1. v.
13º Une autre au Marais du Temple, vers S. Paul ou ès environs, où il
y ait porte cochère, place à un carosse et un chariot, et une escurie
pour dix chevaux; on y mettra jusques à douze cens livres. V. 3. f.
252. à 1. v.
* * * * *
14º Une autre au fauxbourg S. Germain ou vers S. André des Arts, de
trois cens livres; ou bien, à faute d'en trouver une de ce prix, on
se contentera de deux belles chambres. V. 3. f. 252. à 2 v.
* * * * *
15º Une autre à porte cochère, de huict à neuf cens livres, n'importe
du quartier. V. 3. fol. 249. art. 2. r.
* * * * *
16º Une autre à porte cochère, ou une portion, où il y ait escurie
pour quatre chevaux. V. 3. f. 249 à 2. r.
* * * * *
17º Une maison vers le Louvre, consistante en porte cochère, court,
place à un carosse, jardin, escurie pour unze chevaux et grand
logement, du prix de seize cens livres. V. 3. f. 250 à 1. v.
* * * * *
_Rentes à vendre._
18º Une rente, dont le fonds est de mil livres, constituée au denier
seize sur une terre en Gastinois, affermée trois mil livres. V. 3. f.
253. à. 7. v.
* * * * *
_Benefice à permuter._
19º Une cure au diocèse de Troyes en Champagne, de six cens livres de
revenu, contre quelque petit benefice simple, ou autre cure près de
Paris. V. 3. f. 33. à. 2. v.
* * * * *
_Offices à vendre._
20º Un office de trésorier des régiments en Limousin, aux gages de
cinq cens livres, et quelques autres petits profits. Le prix de six
mil livres. V. 3. f. 119, à. 2. v.
* * * * *
21º Un autre de conseiller au parlement de Rouen, pour le prix du
dernier vendu, qui est quatre vingt quatre mil livres. V. 3 f. 250.
à. 2. r.
* * * * *
_Meubles à vendre._
22º Un habit neuf de drap du sceau[64] escarlate, qui n'est pas
encore achevé, doublé de satin de mesme couleur avec un galon
d'argent. Le prix de dix huict escus. V. 8. f. 253. à. 3. r.
[Note 64: V., sur ce drap, t. 3, p. 37, note.]
* * * * *
23º Un lit à pentes de serge à deux anvers, vert brun, avec des
bandes de tapisserie et la couverture traînante. Le prix de soixante
livres[65]. V. 3. f. 253. à. 4. r.
[Note 65: Ne croiroit-on pas lire le mémoire de La Flèche,
dans l'_Avare_? C'est que Molière savoit dresser un
inventaire de tapissier: il étoit fils de maître.]
* * * * *
24º Une tanture de tapisserie de Flandres à personnages, de cinq
pièces, du prix de cinq cens livres. V. 3. f. 252. à. 2. r.
* * * * *
25º Deux pendans d'oreille, de deux perles en poires bien blanches
et unies de quatre carras, pendantes à un croissant d'or, du prix de
cent livres. V. 3. f. 251. à. 3. r.
* * * * *
26º Un chapelet à six dizaines d'amethistes avec des grains et une
grosse croix d'or, du prix de soixante escus. V. 3. f. 251. à. 2. r.
* * * * *
27º Une chesne de deux cens perles orientales rondes et blanches, du
prix de vingt cinq escus pièce. V. 3. f. 249. à. 2. v.
* * * * *
_Affaires meslées._
28º On donnera l'invention d'arrester le gibier et l'empescher de
sortir du bois et d'y rentrer, quand il en sera sorti, par d'autres
lieux que ceux qu'on voudra. V. 3. f. 253. art. 9. v.
* * * * *
29º Une autre donnera l'invention de nourrir quantité de volailles à
peu de frais[66]. V. 3. f. 254, art. 10. v.
[Note 66: Prudent Le Choyselat avoit publié dès 1572 son
fameux traité: _Discours oeconomique, non moins utile que
recreatif, montrant comme de cinq cents livres pour une
fois employées l'on peut tirer par an quatre mille cinq
cents livres de proffict honneste._ Il s'agit, comme on
sait, d'élever des poules.]
* * * * *
30º On demande un homme qui sçache mettre du corail en oeuvre. V. 3.
f. 251. à. 1. r.
* * * * *
31º On demande, à constitution de rente, la somme de huict cens
livres, sur bonnes assurances. V. 3. f. 250. à. 2. v.
* * * * *
32º On veut vendre un atlas de Henricus Hondius le prix de quarante
huit livres[67]. V. 3 f. 251. à. 1. r.
[Note 67: Voici le titre complet de ce livre: _Orbis
terrarum geographica descriptio_, 1607, in-fol.]
* * * * *
33º On prestera, à constitution de rente, la somme de mil livres en
une partie, mesme au denier vingt, pourveu que ce soit à quelque
communauté. V. 3. f. 250. à. 5. v.
* * * * *
34º On demande compagnie pour aller en Italie dans quinze jours. V.
3. f. 249. à. 3. v.
* * * * *
35º On vendra un jeune dromadaire à prix raisonnable. V. 3. f. 253.
à. 11. v.
* * * * *
Le premier des deux points desquels il se traitera céans[68], en la
première heure de la conference du lundi cinquiesme du courant, à
sçavoir: à deux heures après midi, sera des _causes_; en la seconde
heure, on recherchera particulièrement _pourquoy chacun desire qu'on
suive son avis, n'y eust-il aucun interest_; la troisiesme heure sera
employée, à l'ordinaire, en la proposition, rapport et examen des
secrets, curiositez et inventions des arts et sciences licites[69].
[Note 68: C'est-à-dire au _bureau d'adresse_.]
[Note 69: La séance eut lieu, en effet, comme il est dit
dans ce programme sommaire. On le sait par le _Recueil
général des questions traictées ès conférences du bureau
d'adresse, etc._ Paris, 1656, in-8. On voit, t. 1, p. 36,
45, qu'il y eut, à la troisième conférence, dissertation
sur les _causes en général_; puis sur cette question:
_Pourquoy chascun est jaloux de ses opinions, n'y eust-il
aucun intérêt?_ Dix personnes parlèrent sur le premier
point; mais pour l'autre il n'y en eut guère que quatre ou
cinq. Quant aux _curiosités_ et _inventions_, celles dont
on s'occupa furent un microscope qui faisoit paroître une
puce aussi grosse qu'une souris, et la grande question du
mouvement perpétuel.]
FIN.
_Deluge et innundation d'eaux fort effroyable, advenu ès faulxbourgs
S. Marcel, à Paris, la nuict precedente jeudy dernier, neufième
april, an present 1579._
_Avec une particulière declaration des submergemens et ravages faits
par les dites eaux._
_A Paris, par Jean d'Ongoys, imprimeur, rue du Bon-Puits, près la
Porte Sainct-Victor, 1579._
_Avec permission_[70].
In-8.
[Note 70: Nous avons déjà donné, t. 2, p. 221-236, une
pièce sur un de ces _déluges_ de la Bièvre qui furent
autrefois si fréquents et si terribles. Celui dont il
est ici question fut l'un de ceux qui firent le plus de
ravages. Le nom de _Déluge de Saint-Marcel_ lui resta. On
écrivit à ce sujet plusieurs relations, entre autres celle
qui a pour titre: _Le Désastre merveilleux et effroyable
d'un deluge advenu ès faubourg S. Marcel les Paris, le
8e jour d'avril 1579, avec le nombre des mors et blessés
et maisons abbatues par la dite ravine_. Paris, Jean
Pinart, 1579. Comme cette pièce a déjà été publiée dans
les _Archives curieuses de l'Histoire de France_, 1re
série, t. 9, p. 303-309, nous lui avons préféré celle que
nous donnons ici, qui est d'ailleurs beaucoup plus rare.
Jean Dongois, chez qui elle fut imprimée, ne livroit pas
ordinairement ses presses à de semblables livrets; s'il
publia celui-ci, c'est que le désastre qui s'y trouve
raconté avoit eu lieu dans son voisinage. Peut-être
est-ce lui-même qui l'a écrit. «Il estoit fort sçavant,
dit La Caille, et nous avons de sa composition et de son
impression le _Promptuaire_, contenant tout ce qui s'est
passé depuis la création du monde jusqu'à son temps,
imprimé en 1576.» (_Histoire de l'imprimerie et de la
librairie_, p. 160.)]
Entre les terreurs et espouventements lesquels peuvent survenir à
l'homme, se voyent journellement estre les plus à redouter ceux qui
viennent inopinement et sans qu'on en soit adverty, par ce que aux
autres il y a aucun moyen de s'en pouvoir garantir, et non (ou à
grand peine) quand les adversitez viennent lorsque moins nous en
sommes advertis; et de ce nous en avons plusieurs exemples, et veuz
de nostre temps, aussi autres congneuz par noz devanciers et anciens,
principalement quand il faut mettre en rang les impetuositez, ravages
et demolitions des eaux, element entre les autres superbe et violent,
duquel le cours est invincible, ne pouvant estre retenu.