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Du _Gil-Blas_:
Tant que notre pays sera régi par le suffrage universel, je serai
résolument pour le vote et l'éligibilité des femmes. Et pourquoi?
parce que je les mets au défi de gouverner plus mal et de choisir des
représentants qui fassent plus mal les affaires de la France.
Louis d'HURCOURT.
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De _l'Eclair_, de Paris:
J'en suis partisan, parce qu'elles sont, elles et leurs enfants,
entraînées par les destinées de leur pays et qu'elles doivent, par
conséquent, avoir le droit d'y participer et d'y veiller; parce que
l'unité sociale, la famille, a pour directeurs naturels le père et
la mère et que cette dernière y assume autant de responsabilité que
son mari; parce que la femme a un sens pratique et une universelle
bonté qui doivent avoir les moyens de se faire entendre et au besoin
accepter.
Docteur Armand GAUTIER,
De l'Institut, membre de l'Académie de Médecine.
A voir l'usage que les hommes font du bulletin de vote, il n'y a pas
de risque de tomber dans le pire en courant l'aventure d'une réforme
équitable.
ANDRIEUX, ancien député, ancien préfet de police.
Il m'est très difficile de me prononcer au pied levé et sans étude
spéciale de la question sur un aussi grave et délicat problème.
Tout ce que je puis vous dire, je ne suis pas opposé à la nouvelle
réforme, pourvu qu'il s'agisse du droit de vote seulement et non
pas de l'éligibilité. Encore une fois, il ne s'agit ici que d'une
impression hâtive et non pas d'un parti sérieusement étudié.
Marquis de SÉGUR.
Je suis avec vous, du moins partiellement. Seulement je suis d'avis
de procéder par étapes. Je voudrais d'abord accorder aux femmes le
vote, l'électorat puis l'éligibilité municipale. Si l'expérience,
comme je crois, réussissait, je serais disposé à permettre aux
femmes de prendre part aux élections cantonales. Mais je m'arrêterais
là. L'électorat politique me paraît inséparable des charges
militaires, jusqu'ici du moins.
Jacques BARDOUX, Professeur à l'Ecole des Sciences politiques.
Je voudrais conférer à la mère de famille (comme au père de famille)
la pluralité du vote comme une récompense et un honneur dans ce pays
que mine une natalité volontairement décroissante, mais aussi comme
un attribut justifié par plus d'expérience acquise et d'intérêts dans
la vie.
Eugène ROSTAND.
Je suis en principe partisan du suffrage des femmes à condition
qu'elles soient veuves ou célibataires âgées de 25 ans.
Par contre, je ne suis pas d'avis qu'elle soit éligible, si ce n'est
aux fonctions d'assistance, municipales ou éducatives.
C. BONNET-MAURY,
Professeur à la Faculté libre de Théologie protestante.
Je suis partisan du suffrage des femmes. Nous pourrions commencer par
l'introduire à certaines conditions dans les élections municipales.
Paul DESCHANEL.
Je désire obtenir pour la femme l'égalité des droits politiques.
Néanmoins je considère qu'une pareille réforme ne peut s'accomplir
que par étapes.