Friedrich der Große an den Markgrafen Karl Alexander von
Brandenburg-Bayreuth.
(Anspacher Manual-Akten I, 190.)
Potsdam, ce 24. Octobre 1777.
Monsieur mon Neveu!
J'avoue à Votre Altesse Serenissime, que Je ne pense jamais à la
guerre actuelle en Amérique sans être frappé de l'empressement de
quelques princes d'Allemagne, de sacrifier leurs Trouppes à une
querelle qui ne les regarde pas. Mon étonnement augmente même quand
Je Me rappelle de l'histoire ancienne, cet eloignement sage et
général dans Nos Ancêtres, de prodiguer le sang allemand pour la
defense des droits etrangers et qui passa même en loi dans le corps
Germanique.
Mais Je M'apperçois que Mon patriotisme M'emporte; et Je reviens à
la lettre de Votre Altesse Serenissime du 14. qui l'a si fort
ranimé. Elle y demande le passage libre des recrues et bagages
qu'Elle veut envoyer au Corps de ses Trouppes au service de la
Grande Brétagne et Je prends la liberté de lui faire observer que
si Elle veut les faire passer en Angleterre, elles n'auront pas
seulement besoin de traverser Mes Etats et qu'Elle pourra leur
faire prendre une toute plus courte pour les faire embarquer. Je
soumets même cette idée au jugement de Votre Altesse Serenissime et
Je ne suis pas moins avec toute la tendresse que Je Lui dois,
Monsieur Mon Neveu, de Votre Altesse Serenissime le bon Oncle
_Fédéric._
Sinnentstellender Druckfehler.
S. 90, Zeile 12 v.o. ließ _euphemistisch_ statt euphonistisch.
Buchdruckerei von Gustav Schade (Otto Francke) in Berlin.