XVI.

Der Fürst von Anhalt-Zerbst an Sir Joseph Yorke.

(Wörtlich.)

(S.P.O. Holland, Vol. 601.)

Le 29^e. Avril 1777.

Votre Excellence,

Toujours sous le Secret.

La Lettre du 21^e. d'Avril dont V.E. m'a honoré est un nouveau

temoignage de ses sentiments envers moi; permettez moi de vous en

rendre mille graces et remercimens; cela vous resemble, c'est

toujours notre ancienne connaissance qui vous fait agir, ayez la

bonté de continuer ainsi, soiez persuadé du parfait desir de mon

côté de vous temoigner en toute occasion tout de même ce qui

pourrait contribuer à vous montrer des sentimens et desir de vous

obliger, je le saisirai dans toute occasion avec empressement,

ardemment, avec zèle et satisfaction infinie.

Ayez la bonté de ne pas perdre de vue d'honorer de conversation

notre _Cicerone_ (Mr. Gunther à Leyde), il a de l'esprit et très

honnête homme, amusant pour fair ressouvenir et mettre au fait, je

le recommande à Votre Excellence.

Je suis charmé que V. E. reçoit avec plaisir tel detail; je suis

pareillement vain que V. E. voit avec plaisir que S. A. Mons^r. Mon

Beau Frère lui ecrive en tout cas s'il le juge à propos dont je ne

doute pas. -- V. E. dit n'avoir suggeré l'Article des Cousins que

pour rendre la masse de la maison plus respectable aux yeux de ceux

avec qui l'on voudroit traiter. Je crois entendre par la que V. E.

veut dire de rendre aux yeux des Ennemis plus respectable la masse

des Troupes de quelques Branches de la Maison par le plus grand

nombre. S. A. le Landgrave de Hesse à Cassel croit sans doute les

siennes respectables sans le concours des autres Branches de Hesse;

sur le chapitre des affaires de sa maison je pense de même mais

sacher que les Cousins ne sont à ce qu'il paroit gueres jaloux de

tel honeur et que j'en doute, joint à la lenteur d'agir. J'excepte

S. A. Mons^r. mon beau frère d'Anhalt à Bernbourg (dont j'ai pris

souvent la liberté de vous parler en m'arretant sur cet article feu

mon Père en auroit fait autant, et le feu Prince Leopold d'Anhalt

Dessau, et feu le Père de mon Beau Frère) qui penseroit peut-être

comme moi -- De telle manière m'entendez vous, que V. E. aura la

bonté de croire qu'on ne veut (sur les Cousins) avoir de

superiorité, ni ascendant ne croiez pas je vous prie que c'est la

vanité, mais la verité, mais pas envie de primer, mais on prétend

qu'on voit ce qu'on peut seul.

Acte d'appel au _Cicerone_ et à tout _Cicerone_ tel qu'on voudra.

On n'a ni l'honneur d'être Vassal ni Esclave de Messrs. les Cousins

tous ensemble, tout aussi peu que S. A. le Landgrave de Hesse

Cassel l'est des autres de Hesse. Raillerie à part on ne peut

comprendre qui peut avoir suggeré de pareille idée au public;

seroit ce ceux qui font les progrès en Canada et des Rebelles? Je

puis agir sans tous ces Messrs. la les Cousins, je le repete, et

ceux la peuvant en faire autant de même, tant qu'il leur plaira,

s'ils peuvent; par faute de pouvoir placer bien des gens, ils me

font l'honneur de me les recommander souvent, quoique d'ailleurs

nous n'ayons pas grande Connexion, marque tacite que de notre côté,

l'on est plus en état de donner des Troupes qu'Eux.

On doute que chés ces Messieurs tous ensemble il puisse partir et

arriver des Vaisseaux pour Chine, Japon ou où l'on voudra comme

chès nous, ni mettre tant de monde sous les armes comme on a

toujours chès nous, ou qu'en badinant seulement on met surpié chès

nous; on doute donc de ces avantages, et beaucoup d'autres, tant

pour le militaire que pour le Civil chès ces Messieurs Cousins tous

ensemble. A moins de compter pour avantages les Juifs de Dessau, et

le pays de Table de coté, les premiers pour fournir du plet aux

Troupes, ou de la fausse Monnoye du Juif Ephraim et Comp^{ie}. et

avoir un Cour de Courtiers, et le second d'y faire provision de

sable pour lenter des Vaisseaux Marchands.

Quatre Frères à Dessau avoient entre eux plus de 600 Chiens par

force, logés chès les Bourgeois de Dessau. Belle Garnison! et au

premier Coup de Fouet ou de Cors de Chasse, cette Canaille se

rassembloit comme les Troupes au Coup de Tambour. Diable! si on

pouvoit faire courir les Amériquains comme cela, ce ne serait pas

mauvais; mais il faut des Troupes. Car pour l'article des hommes,

c'est une question et problème de Pirrhuisme à repondre. -- S. A.

Mr. mon Beau Frère s'il s'en avise, je le repete, pourroit avoir

bien du monde, c'est le seul en état de le faire, il m'a permis

d'enlever depuis long tems chès lui; avec feu son Père j'ai eu

souvent conversation sur tel sujet, aussi il étoit comme son fils

fort porté pour l'amitié; je dois dire cela avec verité.

Permettez donc Acte d'Appel au _Cicerone_ sur cet Article, comme

les quatre Eveques de France sur la _Bulle renigenitre_ du Pape et

que sur l'Article des Cousins on ne pretend point être melé avec

ces Messrs. là, tout aussi peu que Son A. le Landgrave de Hesse

Cassel veut l'être avec les autres de Hesse, sans que le Landgrave

aye peur de perdre en agissant seul de son coté avec ses Troupes,

sans mélange des Cousins des autres Branches de Hesse, pour rendre

la masse plus respectable vis-à vis des Ennemis.

En attendant je remercie de nouveau très humblement V.E. des

assurances qu'elle fait de recevoir toujours avec plaisir mon

griffonage; mais je sai fort bien qu'on peut parler à coeur ouvert

à un Anglais tel que V.E., et en l'ancienne connoissance met un

vernis et fait grace à mon stile long et ennuiant, de dire peu en

beaucoup de paroles, comme les Chanceleries Allemandes des Cours,

comme il vous sera bien connu par dessus le marché. Je fais donc de

nouveau mille remercimens, et rens graces à V.E. d'avoir reçu avec

bonté mes Lettres et même Badinages du 26. et 27. Mars, de meme que

les precedentes; la satisfaction qu'elle m'en marque me rend

orgeuilleux.

Elle sait que Mr. Faucitt m'a repondu quelque fois, mais il auroit

bien mieux valu hater plus pour parvenir à conclusion, qu'à la

moutarde des Complimens, et qu'on eut perdu moins de tems à mettre

les mains dans la poche, au lieu de faire agir mon monde à

remplacer des garnisons à la place des Troupes à tirer des dites

Garnisons contre les Ennemis; sans compter autre chose trop long à

detailler cette pièce à V.E. Je suis sur que V.E. desire qu'il y

ait long temps que tout fut conclu; continuez je vous prie d'y

contribuer j'ecris en consequence où besoin est.

Elle croit donc qu'il n'est necessaire à Brunswic, en tel cas qu'on

attend que quelqu'un de votre Cour, et qu'un des miens s'y trouve,

il faut savoir davantage.

J'ai l'honneur au reste d'être avec considération infinie de V.E.

etc. etc.

* * * * *

P. S. A ma lettre du 29. Avril 1777, V.E. excusera; en secret je

vous avertis et qu'on continue comme convenue; dans le moment il

vient avis avec un _Cicerone_, autre que le notre la bas chès vous;

sur quoi je ne puis me dispenser d'envoier un Gentilhomme avec un

Sécretaire, precedé du dit _Cicerone_ pour Londres en droiture (en

public sous un autre pretexte) à My Lord Barrington, que My Lord

dirige la chose ulterieurement; car on m'avise de le faire pour

hâter la conclusion touchant les Troupes; permettez de vous en

faire un détail une autre fois, on dit qu'à cette heure il s'agit

de beaucoup de monde. C'est sans compliment V.E. qui a aidé, et ne

peux l'attribuer qu'à cela, c'est un tour d'amitié de sa part,

permettez du moins d'en témoigner mes sincères remercimens, me

reservant d'en témoigner ma reconnaissance davantage.

Je vous supplie, ne me faites pas languir d'ecrire, ni notre

_Cicerone_ de vous faire sa Cour, dont il gemit de ne l'avoir fait

qu'une fois.

Der Soldatenhandel deutscher Fürsten nach Amerika · 第 23 / 32 题