Assieds-toi près des berceaux où sommeille l’enfance!
Assieds-toi près de la couchette où dorment les morts!
Dans le berceau, l’avenir est couché, comme aux sillons la semence.
Une promesse est dans chaque tête bouclée. Autour d’elle, c’est comme un
battement d’ailes: l’essaim des espérances prend son vol, et les rêves y
murmurent, pareils aux abeilles sur la bruyère.
Un jour, tout aboutira à l’autre sommeil.
As-tu regardé les morts dormir? Qui donc attendent-ils?
Car ils attendent, et sur leurs lèvres fermées cet appel voltige:
«Les jours sont accomplis. Nous avons marché, lutté, souffert.
«Où donc est Celui qui nous dira pourquoi?...»
Les morts attendent Dieu...
Et maintenant, Seigneur, la parole est à toi. Tu sais ce que l’homme
ignore. Tu sais ce que promet le berceau, ce que recouvre la tombe. En
toi est notre espérance.
Si nous n’avions pas cette sécurité, le sourire des petits nous
étreindrait le cœur. Il faudrait pleurer sur les berceaux plus encore
que sur les tombes.