L’AMI.--Comment ne pas se rendre à l’évidence? La paix de l’homme
est-elle dans les circonstances? Les événements peuvent-ils l’apporter
et l’emporter? Voilà bien la vieille et funeste illusion!
Lorsqu’un sujet de trouble disparaît, il est aussitôt remplacé par un
autre, inaperçu avant. _Le trouble est en nous._ Ce ne sont pas les
objets dont, par occasion, il s’entretient, qui le feront disparaître en
s’éloignant. Il trouvera toujours des objets, futiles ou sérieux. Que
notre pauvre cœur tremblant soit rassuré et guéri, et nous aurons la
paix que plus rien n’enlève! Elle est en Dieu seul.
--Je le sens bien, la paix existe; la vraie vie n’est pas si loin de
nous. Sans cesse elle côtoie cette pauvre et fragmentaire existence où
nous nous égarons. Lorsque pour un seul instant elle apparaît, elle
éclaire tout ce qui l’entoure. Si nous pouvions la saisir, la réaliser,
il n’est pas une situation, triste, compliquée, perdue, dont elle ne
ferait jaillir de la lumière.
*
* *
Je t’aime, ô Fils de l’homme, pour ta force et ta douceur, ta
simplicité, ta vaillance, ton infinie tendresse, pour ton regard qui
rassure et pardonne, enflamme et soulève, pour tout ce que tu nous as
apporté de consolant, de chaud, de réconfortant. Reste avec nous!
Enseigne-nous à voir dans chaque pierre de la route l’étincelle divine
qui s’y trouve enfouie!