SCÈNE III

Une autre partie du champ de bataille.

_Fanfares. Entre_ LE ROI ÉDOUARD _triomphant, avec_ GLOCESTER, GEORGE,

_et les autres lords._

LE ROI ÉDOUARD.--Ainsi notre fortune prend un cours élevé et ceint nos

fronts des lauriers de la victoire. Mais, au milieu de l'éclat de ce

jour brillant, j'aperçois un nuage noir, redoutable et menaçant, qui va

se placer sur la route de notre glorieux soleil, avant qu'il ait pu

atteindre à l'occident sa paisible couche. Je parle, milords, de cette

armée que la reine a levée en France, et qui, débarquée sur nos côtes,

marche, à ce que j'apprends, pour nous combattre.

GEORGE.--Un léger souffle aura bientôt dissipé ce nuage, et le renverra

vers les régions d'où il est parti; tes rayons auront bientôt absorbé

ces vapeurs, et toutes les nuées n'apportent pas la tempête.

GLOCESTER.--On évalue à trente mille hommes l'armée de la reine; et

Somerset et Oxford ont fui vers elle. Si on lui donne le temps de

respirer, soyez sûr que son parti deviendra aussi puissant que le nôtre.

LE ROI ÉDOUARD.--Nous sommes informés par des amis fidèles qu'ils

dirigent leur marche vers Tewksbury. Vainqueurs dans les champs de

Barnet, il faut les joindre sans délai. L'ardeur de la volonté abrège la

route, et, à mesure que nous avancerons, nous verrons nos forces

s'accroître de celles de tous les comtés que nous traverserons.--Battez

le tambour, criez: _Courage!_ et partons.

(Ils sortent.)

Henri VI (3/3) · 第 39 / 45 题