Une autre partie du champ de bataille.
_Fanfares. Entre_ LE ROI ÉDOUARD _triomphant, avec_ GLOCESTER, GEORGE,
_et les autres lords._
LE ROI ÉDOUARD.--Ainsi notre fortune prend un cours élevé et ceint nos
fronts des lauriers de la victoire. Mais, au milieu de l'éclat de ce
jour brillant, j'aperçois un nuage noir, redoutable et menaçant, qui va
se placer sur la route de notre glorieux soleil, avant qu'il ait pu
atteindre à l'occident sa paisible couche. Je parle, milords, de cette
armée que la reine a levée en France, et qui, débarquée sur nos côtes,
marche, à ce que j'apprends, pour nous combattre.
GEORGE.--Un léger souffle aura bientôt dissipé ce nuage, et le renverra
vers les régions d'où il est parti; tes rayons auront bientôt absorbé
ces vapeurs, et toutes les nuées n'apportent pas la tempête.
GLOCESTER.--On évalue à trente mille hommes l'armée de la reine; et
Somerset et Oxford ont fui vers elle. Si on lui donne le temps de
respirer, soyez sûr que son parti deviendra aussi puissant que le nôtre.
LE ROI ÉDOUARD.--Nous sommes informés par des amis fidèles qu'ils
dirigent leur marche vers Tewksbury. Vainqueurs dans les champs de
Barnet, il faut les joindre sans délai. L'ardeur de la volonté abrège la
route, et, à mesure que nous avancerons, nous verrons nos forces
s'accroître de celles de tous les comtés que nous traverserons.--Battez
le tambour, criez: _Courage!_ et partons.
(Ils sortent.)