A Saint-Jean-de-Luz, le 1er novembre 1659[539].
Monsieur de Saucourt m'a rendu votre lettre, et il m'a entretenu sur
les chevaux que vous avez reçus. Je souhaiterais que vous pussiez,
contre l'opinion de M. le premier[540], vous en servir au carrosse,
au lieu de ceux qui y étaient destinés; mais je crois qu'il sera
très-difficile, pour ne pas dire impossible, car don Louis m'a dit
la même chose et que le roi d'Espagne avait reconnu qu'il avait
été très-périlleux si on se fût voulu opiniâtrer de les atteler au
carrosse, quoique le cocher en Espagne n'est pas assis, mais il
monte le cheval du timon. Mais, en tout cas, de quoi je vous supplie
très-humblement, c'est de ne vouloir pas, en aucune façon ni en aucun
temps, les mener vous-même, étant impossible qu'il n'arrive quelque
grand inconvénient, à qui que ce soit qui le fasse. Je vous rends mille
grâces de ce qu'il vous a plu m'écrire touchant La Rochelle[541]. J'en
suis très-satisfait, et au dernier point des nouvelles assurances que
vous me donnez de votre bienveillance dont je tâcherai de mériter la
continuation par tous les services imaginables que je vous pourrai
rendre.