CCLXXIV

Je remontai seul encore au grand châtaignier; les dernières feuilles

tombaient humides sous le beau vent d'équinoxe qui résonnait par

bouffées dans la montagne, comme l'orgue de la Toussaint dans la

cathédrale des couvents lointains.

Fior d'Aliza jouait avec son enfant sous le rayon du soleil qui

tombait de l'arbre dépouillé, à travers les rameaux. Le père et la

tante écorçaient les châtaignes que les premières gelées avaient fait

fendre sous les feuilles jaunies, et l'heureux Hyeronimo relevait avec

de la terre légèrement mouillée le bourrelet de glaise durcie que

l'été avait desséché sur le coup de hache des bûcherons, quand il

avait donné sa vie pour la vie de l'arbre.

Le bonheur était incrusté sur toutes les figures, comme si aucun

accident de la vie ne pouvait jamais l'altérer. Seulement le père

Hilario ne pouvait plus sortir du couvent à cause de ses infirmités

croissantes, et la reconnaissante famille lui préparait un panier de

châtaignes choisies, que Hyeronimo et Fior d'Aliza devaient lui

porter, le lendemain, au monastère, en souvenir du salut qu'ils lui

devaient.

Cours familier de Littérature - Volume 22 · 第 150 / 186 题