CCLVII

--Hyeronimo, lui disais-je, lève-toi; c'est la pointe du jour qui

éclaire déjà les barreaux.

--Non, disait-il; il nous reste assez de temps pour fuir avec toi. Ne

perdons pas une minute de ce ciel ensemble, qui sait si nous le

retrouverons jamais!

--Va, fuis! reprenais-je, ou ton amour va te coûter la vie.

--Non, répétait-il, non, ce n'est pas le jour encore; c'est le reflet

de la lune qui éclaire la première ou la dernière heure de la nuit.

Elle se passa ainsi; mais enfin nous entendîmes quatre coups du

marteau de l'horloge du couvent voisin sonner les matines. Il me

laissa toute baignée de larmes sur la paille qui nous servait de

couche, et, s'échappant comme une ombre de mes bras, il courut à la

chapelle avant que je pusse l'embrasser encore, et montant jusqu'à la

hauteur du barreau de la lucarne scié par moi:

--Adieu, me dit-il tout bas, j'ai assez vécu, puisque vivant ou mort

nous sommes époux.

À retrouver sous le pont du Cerchio, me dit-il tout bas, en se

laissant glisser de la fenêtre dans l'égout du jardin.

--À retrouver dans le paradis, me dis-je en moi-même, sans regretter

seulement la vie.

Cours familier de Littérature - Volume 22 · 第 133 / 186 题