J'entrai dans le préau et je courus dans la loge d'Hyeronimo; le père
Hilario y était déjà, il était venu lui annoncer que tout espoir de
grâce était perdu par l'absence du prince qui voulait chasser le
faisan en Bohême, et que le jour de la mort était fixé à trois jours
de là pour le condamné; il recevait sa dernière confession et la
promesse de lui apporter le sacrement du mariage et le sacrement de
l'eucharistie avec celui de l'extrême-onction, la veille de sa mort.
Puis, se tournant vers moi à demi morte:
--Je vous laisse ensemble, me dit-il; mes deux enfants, demain, avant
la nuit, vous serez unis pour un jour et séparés le jour suivant pour
un peu de temps! Que l'éternité vous console du jour qui passe! Je
vais annoncer le désespoir à vos pauvres parents! Fior d'Aliza, venez
avec moi pour qu'ils ne meurent pas sous le coup; vous leur resterez,
n'est-ce pas? et le souvenir d'Hyeronimo revivra pour eux en vous.