Tout le monde servi, monsieur, je m'avançai toute tremblante et toute
pleurant d'avance, ma cruche à la main, vers la dernière loge du
cloître, au fond de la cour, où, selon le _bargello_, habitait le
meurtrier.
Un pilier du cloître cachait la lucarne de cette dernière loge du fond
de la cour aux autres prisonniers, en sorte qu'il y faisait sombre
comme dans une caverne.
Je m'en réjouissais, ma tante, et je rabattais tant que je pouvais les
larges bords de mon chapeau calabrais sur mes yeux, pour que l'ombre
étendue du chapeau empêchât aussi le pauvre meurtrier, surpris, de me
reconnaître d'un premier regard et de jeter un premier cri qui nous
aurait trahis aux autres prisonniers du cloître.