Sous les éclats cuivrés et flambants du soleil
Languit la frondaison des chênes, sur les routes
Un sable jaune et fin cuit dans un clair sommeil,
Au ras des fossés verts les mousses sèchent toutes.
Une atmosphère ardente encercle la moisson;
D'âcres vapeurs, venant de marais noirs, enfument
Tout l'espace enfermé dans le vaste horizon,
Où les orges aux feux méridiens s'allument.
Alors par au dessus des champs, un large vent,
Un vent du Sud, traînant, voluptueux, oppresse,
Avec le va-et-vient de son souffle énervant,
La campagne vautrée en sa lourde paresse.
Un tressaillement d'or court au ras des moissons,
La terre sent l'assaut du rut monter en elle,
Son sol générateur vibrer de longs frissons,
Et son ventre gonfler de chaleur éternelle.
De partout sort le flot des germes fécondants,
Condensés en nuage épaissi dé poussières
Et qui descend baigner d'amour les blés ardents.
On dirait voir fumer de géantes braisières,
Des débris d'incendie encor chauds. Chaque arpent,
Chaque tige entr'ouverte est entourée et prise,
Des vibrions en font l'assaut, éperdument,
Et l'union se fait en des moiteurs de brise.