En outre, la ville de Calais fit exécuter le portrait en pied de M. de

Belloy, et ce portrait fut placé dans l'hôtel de ville parmi ceux des

bienfaiteurs de cette généreuse et noble cité.

La première République ordonna quatre représentations gratuites par an

pour le peuple, et on lit dans le _Moniteur_ de 1794 une décision qui

met une somme de cent mille francs à la disposition du ministre de

l'intérieur, pour être répartie entre les vingt théâtres de Paris,

selon leur importance, en compensation des quatre représentations que

chacun de ces théâtres devait donner gratis. Depuis lors, c'est le

jour de la fête du chef de l'État qui a été adopté pour ces spectacles

_gratuits_, auxquels le populaire se porte avec un avide empressement.

_Le Siége de Calais_ produisit l'émotion la plus profonde, la plus

générale et la plus utile, non-seulement à Paris mais dans la

province, où il fut joué, applaudi, redemandé. Presque partout on

donna des représentations gratuites au peuple et aux soldats des

garnisons. Les colonels en firent distribuer des exemplaires dans les

casernes et quartiers de leurs troupes. A Arras, dans le régiment de

la Couronne, on avait fait mettre en tête de la tragédie imprimée:

_Pour inspirer aux nouveaux soldats les sentiments des anciens._

L'auteur de cette belle et noble pièce reçut des lettres de la France

et des pays étrangers. Un caporal du régiment de Hainaut lui écrivit

au nom des hommes de sa compagnie. Le _Siége de Calais_ pénétra dans

nos colonies grâce au comte d'Estaing, gouverneur des possessions

françaises. Il fit imprimer à ses frais et distribuer gratis le petit

volume. Le corps des officiers envoya à M. de Belloy un des

exemplaires avec cette inscription en tête: _Première tragédie

imprimée dans l'Amérique française._

Il ne manquait plus à cette tragédie que le suffrage des Anglais: et

elle l'obtint, car ils estiment notre nation. La pièce fut imprimée à

Londres en français, et depuis elle fut traduite deux fois en anglais.

La _Gazette de Londres_ en fit le plus grand éloge.

Cette pièce fut la cause innocente d'une affligeante singularité, de

la retraite de mademoiselle Clairon et des torts qu'elle eut envers le

public. A la reprise que l'on devait donner du _Siége de Calais_, le

15 avril de l'année 1765, pour la rentrée après la quinzaine de

Pâques, les comédiens affichèrent cette tragédie; mais il s'éleva

entre Dubois, l'un d'eux, et ses camarades, une discussion qui empêcha

le spectacle d'avoir lieu. Voici à quel propos. Dubois avait un procès

avec son médecin, qui réclamait des honoraires que ce comédien

prétendait avoir payés. Dubois demandait en justice qu'il fût admis au

serment. Le médecin avait répondu en faisant imprimer un Mémoire dans

lequel il prétendait qu'un comédien ne pouvait être admis _à faire

serment, vu sa profession_. Les camarades de Dubois, piqués de ce que

celui-ci avait donné lieu à ce Mémoire insultant, et voulant terminer

cette affaire désagréable, demandèrent et obtinrent le renvoi de leur

camarade Dubois. Comme il avait un rôle dans la tragédie du _Siége de

Calais_, ce fut Bellecour qu'on en chargea. Mais mademoiselle Dubois,

fille de l'acteur renvoyé, fit de si fortes représentations à MM. les

gentilshommes de la Chambre, qu'elle obtint un sursis et un nouvel

ordre portant que Dubois jouerait son rôle jusqu'à ce que le roi ait

prononcé dans cette affaire. L'ordre fut signifié aux comédiens

quelques heures seulement avant la représentation, et ils n'eurent ni

le temps ni le pouvoir de le faire révoquer. Cependant l'heure du

spectacle arrive, Le Kain, Molé et Brizard font défaut. Mademoiselle

Clairon arrive, demande si ses camarades sont au théâtre; on lui

répond qu'on ne les a point vus. Elle les attend, ils ne paraissent

pas; alors elle s'en va chez elle. Tous les autres acteurs, qui

n'avaient point de rôle dans le _Siége de Calais_, étaient restés au

foyer, fort embarrassés de la manière dont ils annonceraient au public

que la représentation ne pouvait avoir lieu, d'autant plus qu'ils

savaient que mademoiselle Dubois avait des gens dans le parterre

disposés à mal accueillir tous les comédiens français. Enfin, un

d'entre eux se décide, il s'avance bravement au bord du théâtre, et

dit d'une voix tremblante: «Messieurs, nous sommes au désespoir...» Il

est interrompu. Une voix du parterre lui crie: «Point de désespoir, le

_Siége de Calais_!» Toute la salle répète en choeur: «_Calais,

Calais!_» L'orateur veut reprendre sa petite harangue, vingt fois il

la commence, vingt fois les mêmes cris redoublent avec plus de fureur,

accompagnés de sifflets. Il vient pourtant à bout de faire entendre

qu'il leur est impossible de donner le _Siège de Calais_, qu'ils vont

donner une représentation du _Joueur_, ou bien que l'on va rendre

l'argent, puis il se retire.

Loin de s'apaiser, le tumulte augmente; l'orchestre, l'amphithéâtre,

les loges même se joignent au parterre, pour demander à grands cris:

_Calais, Calais, Calais!_ Un quart d'heure après, et au milieu de ce

bruit infernal, qui continue toujours, Préville paraît, et se jette,

en robe de chambre, dans un fauteuil, pour commencer la première scène

du _Joueur_. Ce comédien, l'idole du public, qui n'a jamais paru que

pour en recevoir des applaudissements, en est mal accueilli. On crie;

les injures pleuvent sur mademoiselle Clairon. Mille invectives

grossières sont lancées contre elle, qui ne les méritait pas plus que

ses autres camarades. Cet effroyable bacchanal, qui dura plus d'une

heure, fût devenu, sans doute, une scène sanglante, sans la prudence

du maréchal de Biron, qui préféra laisser la colère du public s'user

elle-même et s'exhaler en injures contre le manque de respect des

comédiens, sans faire intervenir la troupe. Enfin on rendit l'argent.

On avait renvoyé les voitures. La moitié des spectateurs fut obligée

de les attendre; il y avait encore du monde à la comédie à dix heures

du soir. Le lendemain, le ressentiment du public n'était pas calmé, le

théâtre n'ouvrit point. Mademoiselle Clairon fut conduite au

Fort-l'Évêque; Brizard, Molé et Lekain y furent mis deux jours après,

on les y détint pendant vingt-quatre jours. Au bout de cinq jours,

mademoiselle Clairon, qui se dit malade, sortit de prison et demeura

chez elle aux arrêts pendant le reste du temps. Le mercredi suivant, à

l'ouverture du théâtre, Bellecour demanda pardon au public dans un

discours rempli d'expressions les plus respectueuses.

_Le Siége de Calais_, qu'un événement si bizarre avait fait

interrompre à la vingtième représentation, ne fut remis au théâtre

qu'au bout de quatre ans. Mais il reparut avec un tel éclat, que le

public demanda encore l'auteur, chose sans exemple à une reprise.

Après la dixième représentation, nouvelle interruption, nouvel

intervalle de quatre années. Enfin, en 1773, la Cour ayant désiré

revoir la pièce, on en donna de suite dix représentations à Paris.

Le Dauphin et la Dauphine, sur qui _le Siége de Calais_ avait produit

la plus vive impression à Versailles, le demandèrent pour le premier

jour où ils devaient honorer la Comédie-Française de leur présence. On

ne peut peindre la sensation que cette tragédie excita. Tous les

coeurs s'élevaient en ce moment vers le prince qui devait être

l'infortuné Louis XVI. On lui prodiguait les expressions énergiques

d'amour, de zèle et de fidélité que l'auteur a mises dans la bouche

des héros de Calais; et l'auguste prince y répondait en applaudissant

tout ce qui pouvait faire allusion à ses sentiments envers le peuple,

qui, vingt ans plus tard, faisait rouler sa tête sur l'échafaud!...

Ces deux vers:

Le Français, dans son prince, aime à trouver un frère,

Qui, né fils de l'État, en devienne le père.

furent accueillis avec enthousiasme.

De son côté, le Dauphin applaudit ceux-ci:

Rendre heureux qui nous aime est un si doux devoir!

Pour te faire adorer tu n'as qu'à le vouloir.

Jamais tragédie, dans aucun pays, n'avait offert un spectacle aussi

noble et aussi touchant. On remarqua que le Dauphin et madame la

Dauphine saisirent tous les traits qui développent la bienfaisance et

leur attachement pour le roi et la nation. L'auteur eut l'honneur de

leur être présenté après la représentation, et il reçut des deux

princes, des éloges et des témoignages de leur satisfaction,

récompense flatteuse et que méritait son oeuvre patriotique.

FIN DU PREMIER VOLUME.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS LE PREMIER VOLUME.

I

ORIGINE DU THÉATRE EN FRANCE.--LES DEUX PREMIÈRES PÉRIODES.--DE 1402 A

1588.

Origine du théâtre en France.--Théâtre à

Saint-Maur.--Lettres-patentes de 1402.--Confrères de la

Passion.--Origine du droit pour les hôpitaux.--_Les

Mystères._--Analyse d'une de ces pièces.--Anecdote relative au

Mystère de la Passion.--Bon mot d'un peintre.--_Les

Moralités._--Origine de la petite pièce.--Analyse d'une

moralité.--Personnages habituels des mystères et des

moralités.--Origine de ce dicton, _faire le diable à

quatre_.--Origine du prologue.--Principaux auteurs des mystères

et des moralités pendant le quinzième siècle et la moitié du

seizième.--Mystères joués dans les églises au treizième

siècle.--Influence sur le théâtre, des fêtes données à Isabeau

de Bavière en 1385.--Modifications apportées aux représentations

par les pièces connues sous le nom de _Farces_.--_Les

Sottises._--Révolution dans le théâtre en 1548.--Édit du

Parlement.--Les Confrères de la Passion à l'Hôtel de

Bourgogne.--Transition entre le genre sacré et le genre profane,

un peu avant 1548.--Modification du goût en France.--LAZARE BAÏF

ET JEAN DE LA TAILLE.--Principaux auteurs et principales

compositions dramatiques, de 1548 à 1588.--JODELLE.--La tragédie

des anciens remise sur la scène française.--_Cléopâtre_,

_Didon_.--Les comédies de Jodelle (de 1552 à 1558).--JEAN DE LA

RIVEY.--Ses comédies.--Ses innovations.--Comédie des _Esprits_,

représentée en 1576.--Les Farces.--FRANÇOIS VILLON, auteur de

celle de l'_Avocat Pathelin_.--Anecdote relative à la pièce de

la Passion, de Villon.--Succès de l'_Avocat Pathelin_, au

commencement du seizième siècle. 3

II

TROISIÈME PÉRIODE DRAMATIQUE. DE 1588 A 1630.

Troisième période de l'art dramatique en France, de 1588 à

1630.--Les confrères de la Passion cèdent leur théâtre de

l'Hôtel de Bourgogne, 1588.--La troupe se scinde en deux parties

en 1600.--La seconde troupe s'établit au Marais.--ROBERT

GARNIER.--Les principales tragédies, de 1568 à 1588.--Anecdotes

relatives aux représentations de _Bradamante_ et de

_Hippolyte_.--ALEXANDRE HARDY, de 1601 à 1630.--Sa

fécondité.--Ses principales productions dramatiques.--_La Force

du sang_, et _Théagène et Chariclée_.--Prix des places aux

théâtres.--Différents usages.--Entr'actes.--Choeurs.--Orchestre.

--Droits d'auteur.--L'art dramatique pendant les trente premières

années du dix-septième siècle.--NICOLAS CHRÉTIEN, ses pastorales

et ses tragédies.--Celle d'ALBOIN.--RAISSIGNER.--L'_Aminte du

Tasse_.--Les _Amours d'Astrée_.--PIERRE BRINON, auteur de la

_Calomnie_ et de _l'Éphésienne_.--Beaux vers qu'on trouve dans

ces deux tragédies.--Les dernières _moralités_, en 1606 et 1624,

de SORET.--Le roman de l'_Astrée_, de DURFÉ et de

BARO.--Pastorale de Baro.--Anecdote plaisante relative à celle

de _Cloreste_.--PIERRE DU RYER.--Ses oeuvres dramatiques.--Beaux

vers qui s'y rencontrent.--Sa _Lucrèce_.--Singulières licences

des poëtes de cette époque. 25

III

FARCES ET TURLUPINADES.

DE 1583 A 1634.

Cynisme d'expressions au théâtre avant la venue du grand

Corneille.--La _Sylvie_, de MAIRET, en 1627.--_Le Duc d'Ossonne_

et _Silvanire_, du même.--Qualités et défauts de Mairet.--Les

_Bergeries_, de RACAN, en 1616.--Les tragédies sacrées de

NANCEL, en 1606.--SCUDÉRY, en 1625.--Sa tragi-comédie de

_Ligdamon et Lidias_.--Singulière préface.--TROTEREL.--CLAUDE

BILLARD.--Sa tragédie d'_Henri IV_.--MAINFRAY.--Sa tragédie

d'_Aman_.--_Borée._--_La Guisade_, de Pierre _Mathieu_.--BOISSIN

DE GATTERDON.--DESPANNEY et son _Adaminte_, 1600.--THULLIN et

_Les Amours de la Guimbarde_, 1629.--Les _Farces_ remplacées par

les _Turlupinades_, en 1583.--GROS-GUILLAUME, GAUTHIER-GARGUILLE

et TURLUPIN.--Leur théâtre des Fossés-de-l'Estrapade.--Histoire

de ce trio.--Vogue qu'il obtient.--Plaintes des acteurs de

l'Hôtel de Bourgogne.--Le cardinal de Richelieu les fait

venir.--Ils jouent devant lui une _Turlupinade_.--Le cardinal

les incorpore dans la troupe de l'Hôtel de Bourgogne.--Mort de

Gros-Guillaume.--Désespoir des deux autres amis; leur mort.--Fin

des turlupinades, en 1634.--Récit d'une _Farce_ sous Charles

IX.--Titre singulier d'une autre farce, en 1558. 43

IV

COMÉDIE-FRANÇAISE.--DE 1600 A 1789.

Le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne et celui du Marais, en

1600.--Les deux théâtres du Palais-Cardinal.--Celui du jeu de

paume de la rue Michel-le-Comte (1633).--_Mélite_, première

comédie de Corneille (1625).--Rotrou, de 1609 à 1650.--Caractère

de son talent.--Ses compositions dramatiques.--_Les Occasions

perdues_ (1631).--_Venceslas_ (1648).--Anecdote relative à cette

tragédie.--L'acteur Baron.--_Cosroës_ retouché par M.

d'Ussé.--Emprunt fait à Rotrou par plusieurs auteurs

dramatiques.--Transformations diverses subies par les théâtres

de l'Hôtel de Bourgogne et du Marais, depuis 1600.--Deux troupes

françaises à Paris jusqu'en 1641.--L'_illustre_ théâtre de

Molière.--Troisième troupe, celle de Molière à la salle du

Petit-Bourbon, en 1642, sous le nom de troupe de

_Monsieur_.--Elle devient troupe du _Roi_ en 1665.--Elle

s'installe à la salle du Palais-Royal.--Trois troupes françaises

jusqu'en 1673, à la mort de Molière.--Fusion de la troupe de

Molière, partie dans celle de l'Hôtel de Bourgogne, partie dans

celle du Marais.--La troupe du Marais dans la rue

Guénégaud.--Réunion des deux troupes françaises, le 21

octobre 1680, et formation de la troupe de la Comédie-Française

ou troupe _du Roi_.--Elle est installée d'abord dans

la rue Guénégaud, puis au jeu de Paume de la rue

Saint-Germain-des-Prés.--Ouverture de cette salle, le 18 avril

1689.--Période de 1689 à 1770.--Lutte avec les théâtres

forains.--Anecdotes.--Dancourt, directeur de la Comédie, fait

valoir les priviléges exclusifs de la troupe et obtient divers

décrets contre les théâtres forains (1710).--Règlement du 18

juin 1757.--La Comédie-Française, de 1770 à 1782, aux

Tuileries.--De 1782 à 1799 à l'Odéon.--Depuis 1799, à la salle

de Richelieu.--Modifications dans le costume

théâtral.--Réflexions.--Suppression des banquettes sur la scène,

1760.--Réflexions. 63

V

QUATRIÈME PÉRIODE DRAMATIQUE.--LES DEUX CORNEILLE. DE 1630 A 1674.

PIERRE CORNEILLE.--Considérations générales sur ses oeuvres

dramatiques.--Son portrait peint par lui-même.--Sa difficulté

d'énonciation.--Anecdotes sur sa vie.--Ses différentes

productions, dans l'ordre où elles ont été données au

théâtre.--_Mélite_ (1630).--Anecdotes.--_Clitandre_ (1630).--_La

Veuve et la Galerie du Palais_ (1634).--Innovation due à cette

dernière comédie.--_La Suivante_ (1634).--_La Place Royale_

(1635).--Lettre de Claveret.--_Médée_ (1635), première

tragédie de Pierre Corneille.--Son peu de succès.--_L'Illusion_

(1635).--_Le Cid_ (1636).--Réflexions.--Anecdotes.--Le

cardinal de Richelieu.--L'Académie.--Boileau.--L'acteur

Baron.--_Les Horaces_ et _Cinna_ (1639).--_Polyeucte_

(1640).--Anecdotes.--Épîtres à la Montauron.--Le maréchal

de La Feuillade.--Dufresne.--_La Mort de Pompée_ (1641).

Le comte de Choiseul.--Ninon de Lenclos.--Pécourt.--_Le

Menteur_ et _La Suite du Menteur_ (1642).--_Rodogune_

(1646).--Réflexions.--Anecdotes.--_Théodore_, tragédie

(1645).--Anecdote.--_Héraclius_ (1647).--_Andromède_

(1650).--Anecdote du cheval.--Succès de cette pièce.--_Don

Sanche d'Aragon_ (1651).--_Nicomède_ (1652).--_Pescharite_

(1653).--Premier échec grave de Pierre Corneille.--Il veut

abandonner le théâtre et mettre l'_Imitation_ en vers.--_Oedipe_

(1659).--Tragi-comédie de _la Toison d'Or_ (1660).--_Sertorius_,

tragédie (1662).--Mot de Turenne.--_Sophonisme._--_Othon_

(1664).--Épigramme de Boileau.--_Agésilas_, _Attila_ (1666 et

1667).--_Tite et Bérénice_ (1670).--Galimatias double.--Baron,

Molière et Corneille.--Anecdote.--_Pulchérie_ (1672).--_Surena_,

tragédie (1674).--_Psyché_, en collaboration avec

Molière.--Anecdote.--Hommages rendus au grand Corneille pendant

sa vie et après sa mort.--Son petit-neveu.--Premier exemple de

représentation à bénéfice.--Deuxième édition des oeuvres de

Pierre Corneille, donnée en dot par Voltaire à la petite-nièce

de l'auteur du _Cid_.--THOMAS CORNEILLE.--Considérations sur cet

auteur.--Impromptu à propos de son portrait.--Ses principales

productions dramatiques.--L'_Ariane_.--Mlle

Duclos.--Anecdote.--_Le Comte d'Essex._--_Le Festin de Pierre_

(1665), en collaboration avec Molière.--Origine de cette

pièce.--_L'Inconnu._--Chanson paysanne.--Le _Ballet de Louis

XIV_.--_La Devineresse_, comédie dont le succès fut dû à

l'actualité.--_Timocrate_ (1656).--Anecdote à la

quatre-vingtième représentation de cette pièce.--_Commode_

(1658).--_Camma_ (1661).--Succès de ces trois dernières

tragédies.--_Laodice_ (1668).--Bon mot au sujet de cette

pièce.--_Achille._--Anecdote d'un peintre à propos de cette

tragédie. 89

VI

RICHELIEU ET SES COLLABORATEURS.--DE 1636 A 1652.

RICHELIEU, poëte dramatique.--_La Comédie des Thuileries_

(1635).--Colletet et de Saint-Sorlin.--Caractère de

ce dernier.--Ses vers sur la violette.--Sa comédie

d'_Aspasie_ (1636).--La comédie des _Visionnaires_

(1637).--Anecdote.--_Roxane._--VOITURE.--Son épître à M. de

Boutillier.--Anecdote relative à l'abbé D'AUBIGNAC.--_Mirame_,

tragi-comédie (1639).--Efforts de Richelieu pour faire réussir

cette pièce.--Peu de succès de _Mirame_ à la première

représentation.--Anecdote.--Deuxième représentation.--Joie

enfantine du cardinal de Richelieu.--Anecdote relative à

BOIS-ROBERT.--_Europe_, tragi-comédie (1643).--Tribulations de

Desmarets à l'occasion d'_Europe_.--Richelieu sollicite la

critique de l'Académie.--Sa colère.--Le public préfère _le Cid à

Europe_.--Richelieu retire la pièce.--Le nombre des auteurs

dramatiques tend à s'accroître au dix-septième siècle.--Les

auteurs, les spectateurs de cette époque et ceux de l'époque

actuelle.--Critique.--Les réclames.--Les premières

représentations.--Les journaux.--Jodelet.--Première pièce

faite en vue d'un acteur.--Auteurs contemporains de

Corneille.--BOIS-ROBERT.--Ses pièces des _Apparences

trompeuses_, de _l'Amant ridicule_ et des _Orontes_, en 1652 et

1655.--Anecdote.--La cathédrale de Bois-Robert.--Ce qui donna

lieu à la pièce des _Orontes_.--L'abbé BOYER, célèbre par ses

revers au théâtre.--Épigramme sur une de ses

pièces.--_Clotilde._--_Agamemnon._--Anecdote.--Sonnet sur cette

pièce. 123

VII

CONTEMPORAINS DE PIERRE CORNEILLE.

Singulier hommage rendu à Corneille par Mlle

Beaupré.--Réflexions.--Contemporains du grand

poëte.--TRISTAN.--Sa tragédie de _Marianne_ (1626).--Anecdote de

Mondory et de l'abbé Boyer, chez Richelieu.--_Panthée_

(1637).--_Phaéton_ (1637).--Singulier portrait des

Destinées.--_Osman_ (1656).--_Le Parasite._--Qualités et défauts

de Tristan.--Son épitaphe.--CLAVERET, ami puis rival de

Corneille.--Ses productions dramatiques.--LA CALPRENÈDE, auteur

gascon.--Anecdote.--Ses tragédies de _Mithridate_ (1638), du

_Comte d'Essex_, de _la Mort des Enfants de Brute_ (1647).--Son

style.--BENSERADE.--Anecdotes.--Ses tragédies de _Cléopâtre_

(1636), de _Méléagre_ (1640).--Citation.--Petite vanité de

Benserade.--Anecdote.--Vers au bas de son portrait.--URBAIN,

CHEVREAU, poëte poitevin.--Son instruction.--Singulier

anachronisme dans sa tragédie de _Lucrèce_ (1637).--_Coriolan_

(1638).--Citation.--GUÉRIN DE BOUSCAL.--Son esprit.--Ses

qualités.--_La Mort de Brute_, tragédie (1637).--_La Mort

d'Agis_ (1642).--Ses comédies sur _Don Quichotte et Sancho

Pança_.--LA MESNARDIÈRE et LA SERRE.--Anecdotes sur ces deux

auteurs.--Réflexions.--Tragédies en prose de La

Serre.--_Pandoste._--_Thomas Morus_ et _le Sac de

Carthage_.--Anecdote.--L'auteur du _Parnasse Réformé_.--LECLERC,

de l'Académie Française.--Sa modestie.--_Iphigénie_

(1645).--Épigramme de Racine.--MAGNON.--Sa vanité

présomptueuse.--Son livre de la _Science universelle._--Ses

principales productions dramatiques

(1645).--_Zénobie._--Anecdote.--GOMBAULT, un des fondateurs de

la Société savante qui fut la base de l'Académie.--Sa tragédie

des _Danaïdes_ (1646).--GILBERT.--Notice sur ce poëte, un des

plus féconds de l'époque.--Ses tragédies.--_Hippolyte_

(1646).--Anecdote.--_Rodogune_ (1646).--Gilbert, plagiaire de

Corneille.--_Sémiramis_ (1646).--_Les Amours de Diane et

d'Endymion_, tragédie (1659).--Épigramme.--_Cresphonte_

(1659).--Anecdote.--_Arie et Petus_ (1659).--Pastorales de

Gilbert.--La tragi-comédie du _Courtisan_

(1668).--Citation.--Qualités et défauts de

Gilbert.--MONTAUBAN.--Ses deux tragédies.--Sa pastorale des

_Charmes de Félicie_ (1651).--Citation.--L'ABBÉ DE PURE, rendu

célèbre par Boileau.--Mme DE VILLEDIEU ET MILLOTET.--_Manlius

Torquatus_ (1662).--_Nitetis_ (1663).--Citation.--Millotet et

son extravagante tragédie de _Sainte-Reine_ (1660).--QUINAULT,

considéré comme poëte tragique.--Notice sur cet auteur.--La Cour

des Comptes.--Voltaire venge Quinault des satires de

Boileau.--Nature de son talent.--Ses tragédies.--_Les Rivales_

(1653).--Anecdote.--Origine des droits d'auteur.--_Cyrus_

(1656).--_Agrippa_ (1661).--_Astrate_ (1663). 143

VIII

RACINE.--DE 1666 A 1690.

Histoire anecdotique de l'Ancien Théâtre en France, Tome Premier Théâtre-Français, Opéra, Opéra-Comique, Théâtre-Italien, Vaudeville, Théâtres forains, etc... · 第 20 / 21 段