J’ai abandonné le fil principal de cette explication de la construction
des demeures ouvrières par les ouvriers eux-mêmes. Je le reprends
maintenant pour parler d’autres catégories d’habitations. La Compagnie
fera aussi construire par ses architectes des maisons pour les petits
bourgeois, soit comme objet d’échange, soit pour de l’argent. Elle fera
établir et reproduire environ une centaine de types de maisons. Ces
jolis modèles constitueront en même temps une partie de la propagande.
Chaque maison aura son prix fixe. La bonté de l’exécution sera garantie
par la Compagnie, qui ne voudra réaliser aucun bénéfice sur la
construction. Oui, mais où seront placées ces maisons? C’est ce qui sera
indiqué dans les groupes locaux.
La Compagnie ne voulant rien gagner sur les travaux de construction et
se contentant des bénéfices qui résulteront pour elle de la vente du
fonds et du tréfonds, il sera à désirer que beaucoup d’architectes
privés construisent pour des particuliers. Par là, la propriété foncière
acquerra plus de valeur et le luxe arrivera dans le pays. Or, le luxe
est ce dont nous avons besoin sous différents rapports. Notamment en vue
de l’art, de l’industrie, et, dans un temps plus éloigné, de la
décadence des grandes fortunes.
Car les Juifs riches qui, maintenant, sont obligés de cacher
anxieusement leurs trésors et de donner leurs tristes fêtes, les rideaux
baissés, pourront, «là-bas», jouir en pleine liberté. Si cette
émigration s’effectue avec leur concours, le capital sera réhabilité
chez nous, dans le nouveau pays, attendu qu’il aura montré son utilité
dans une œuvre sans précédent. Si les Juifs les plus riches commencent à
construire «là-bas» leurs châteaux, que l’on regarde déjà d’un œil si
jaloux en Europe, il sera bientôt de mode d’aller y occuper de
somptueuses demeures.