Nos ouvriers non professionnels (c’est-à-dire les ouvriers qui n’ont
point fait d’apprentissage), lesquels viendront tout d’abord du grand
réservoir russo-roumain, devront, de même, se bâtir réciproquement leurs
maisons. Nous n’aurons pas, pour commencer, de fer à nous, et nous
devrons aussi construire avec du bois.
Cela changera plus tard, et les pauvres constructions de nécessité des
premiers temps seront alors remplacées par des constructions meilleures.
Nos _unskilled labourers_ se construiront tout d’abord réciproquement
des logis, en apprenant à le faire, au préalable. Cependant, par le
travail, ils acquerront la propriété des maisons--pas tout de suite,
sans doute, mais en se conduisant bien pendant une période de trois ans.
De la sorte, nous obtiendrons des hommes zélés, habiles. Et un homme qui
a travaillé trois années durant, en observant une bonne discipline, est
formé pour la vie.
Je viens de dire que la Compagnie n’aura pas besoin de payer ses
_unskilleds_. Oui, mais alors de quoi vivront-ils?
Je suis en général opposé au _truck-system_ (système du troc). Mais avec
nos premiers colons, il devrait cependant être employé. La Compagnie
s’occupera d’eux sous tant de rapports, qu’elle pourra bien aussi les
entretenir. Le _truck-system_ ne devra demeurer en vigueur que pendant
les premières années seulement. Il sera d’ailleurs un bienfait pour les
ouvriers, en ce sens qu’il empêchera leur exploitation par les
détaillants et les cabaretiers. Mais la Compagnie rend ainsi, d’avance,
impossible à nos petites gens la pratique du colportage, qu’ils
n’avaient du reste embrassé «ici» que forcés par les vicissitudes
historiques. Et elle tient dans sa main les ivrognes et les mauvais
garnements. Alors, dans les premiers temps de la prise de possession du
pays, il n’y aura donc pas de salaires?
Si fait: des _sursalaires_.