On lui dit que deux charrois étoient arrivés, le voilà à tressaillir
de joie, et le dit à tout chacun.—Il saigne du nez, peu; l'on sut le
lendemain au soir que le Roi se trouva mal d'un grand flux de ventre;
nous avons remarqué plusieurs fois qu'il n'est jamais arrivé au Roi
absent quelque accident signalé, qu'il ne lui soit advenu (au Dauphin)
quelque accident sans cause manifeste[532].
[532] _Voy._ au 20 décembre 1605 et au 6 décembre 1606.
_Le 7, dimanche, à Fontainebleau._—Mené pour voir le réservoir des
eaux qui viennent de la Couldre[533], il s'amuse ensuite sur la
terrasse de la cour des Fontaines, se fait mettre dans les niches, fait
dire que ce sont statues que le Roi a envoyées, y fait mettre aussi MM.
de Mortemart et M. de Verneuil, fait comme celui qui se tire l'épine du
pied[534].
[533] _Voy._ la note du 14 mars précédent.
[534] Un bronze du tireur d'épines se trouvait alors à
Fontainebleau; cette figure est aujourd'hui au Louvre.
_Le 8, lundi, voyage._—Il s'amuse lui-même à démonter son lit,
impatient pour partir, va voir charger les mulets. Parti de
Fontainebleau à douze heures un quart pour retourner à Saint-Germain
en Laye, goûté au-dessous de la chapelle Saint-Louis, dans la forêt,
Mesdames avec lui. Il arrive à Melun sur les trois heures, est logé
en l'hôtel de Sens, maison de M. Renaud, procureur du Roi, près de la
porte du Jars. Il demande d'aller se promener au jardin, puis sort hors
de la ville, passe le pont et va en la prairie le long du ruisseau.
MM. de la Ville lui viennent faire la révérence et lui font présent de
tartes.
_Le 9, mardi, voyage._—Mené à la messe à Saint-Aspés, il part de
Melun à onze heures et un quart et arrive à Loursine à une heure et
demie; goûté à deux heures. Il arrive pour coucher à Crosne sur les
cinq heures, se promène aux jardins, passe dans le bateau et va en la
prairie, fait donner un quart d'écu à un faucheur.
_Le 10, mercredi, voyage._—A midi il part de Crosne; à deux heures
il arrive à Charenton, chez M. Cenami; à quatre heures il entre par
la porte Saint-Antoine à Paris; sortant par la porte Saint-Honoré, il
arrive à Chaillot, maison de Mme la comtesse de Guichen[535], où la
reine Marguerite le vient voir.
[535] _Voy._ page 32, note 51.
_Le 11, jeudi, à Chaillot._—Il se va promener au parc, puis par le
dehors descend en bas et entre, par la grande porte, aux Bonshommes,
voit le cloître et la librairie, puis à dix heures entend la messe.
Au sortir, les Pères lui offrent deux plats de prunes et un de leurs
pains. Ramené par le long de la rivière et par le jardin en sa chambre.
Il vient grand nombre de dames et de damoiselles de la Cour et de
Paris, M. le président de Thou, M. le président Nicolaï pour le voir.
Les violons du Roi arrivent, jouent; il ne veut point danser. On lui
dit que Montauban[536], autrefois tailleur et maintenant payeur des
rentes de la Ville, lui donneroit une belle collation de confitures
en sa maison de Ruel: _Une collation_, dit-il, _ai-je pas la mienne!_
Amusé d'un petit sifflet d'ivoire que ma femme lui avoit apporté de
Dieppe avec des coquilles.
[536] Mme de Villars, dit Tallemant des Réaux, souffrit, faute
d'argent, «les galanteries d'un partisan nommé Moisset; c'est
celui qui a bâti Ruel, c'étoit le Montauron de ce temps-là.»
(_Historiettes_, éd. Paulin Paris, I, 216.) Dans une lettre de
Malherbe, du 21 mars 1607, on trouve ce passage: «On dit que
le Roi en ce voyage (de Fontainebleau) a dit qu'il la vouloit
marier (Mme des Essars) avec Montauban, qui s'appelle autrement
M. de Moisset.» (_Voy._ plus loin, au 4 avril 1609). Lestoile
dit aussi, à la date du 31 mars 1604, que Montauban avait été
tailleur.
_Le 12, vendredi._—Parti de Chaillot à onze heures et demie, il passe
par Saint-Cloud et, à une heure trois quarts, arrive à Ruel, où M.
Montauban avoit fait apprêter une magnifique collation de fruits et
de confitures; il y goûte, puis se va promener au jardin et partout.
Parti à deux heures trois quarts, il est arrivé à quatre heures à
Saint-Germain-en-Laye, logé en la chambre du Roi; il demande à s'aller
promener au bâtiment neuf[537].
[537] Le Dauphin logeait toujours au vieux château de
Saint-Germain.
_Le 13, samedi, à Saint-Germain._—M. de Souvré, qui l'avoit conduit,
prend congé de lui. A huit heures déjeuné sur la terrasse de sa chambre
d'hiver. Il se fâche contre le marquis de Mortemart de ce qu'il avoit
baillé quelque chose à Bompar contre sa défense, va au précepteur du
marquis, et lui dit: _La Martinière, c'est le marquis qui veut faire
le compagnon._ Mené par le pont de la chapelle au bâtiment neuf et aux
grottes, il va en celle d'Andromède, non encore achevée, considère
froidement tout, en demande la raison, se plaît à voir plusieurs sortes
de moulins; celui qui scie le marbre lui plaît le plus. Mis au lit,
il demande du papier et de l'encre, disant: _Je veux faire quelque
chose que j'ai en mon esprit._—«Monsieur, lui dis-je, où est votre
esprit?»—_Dans la tête._
_Le 14, dimanche, à Saint-Germain._—Il me montre sa peinture du soir
précédent, me dit ce qu'il lui reste à faire pour parachever son
dessin. Mené sur la terrasse de Mercure, il s'amuse à maçonner une
maison, porte lui-même les pierres, avec le marquis de Mortemart, sur
une civière qu'il inventa tout à l'heure; c'étoit deux bâtons et de la
grosse ficelle qui les joignoit lâchement au milieu.
_Le 15, lundi._—Éveillé à sept heures et demie; à huit heures il a
pris de la dragée de rhubarbe; il avoit voulu que Betouzay, l'une de
ses femmes de chambre, la lui vît prendre. Il l'envoie querir plusieurs
fois avec impatience, et ne vouloit point la manger tant qu'elle y
fût; enfin on lui dit qu'elle étoit allée p....., et qu'avant qu'elle
fût venue il auroit bien mangé sa dragée. Il le fait, elle vient, et
il lui dit à l'arrivée: _Zezai, allez vous-en astheure ch... puisque
vous avez été si longtemps à p....._—Amusé jusques à neuf heures
après des couleurs et peintures, il demande à boire, reprend ses
crayons, et entend la messe en sa chambre à dix heures trois quarts.
Levé, vêtu, à onze heures et un quart dîné, il se fait porter ce qu'il
avoit crayonné; Mlle de Vendôme lui demande: «Monsieur, tireriez-vous
bien une personne»? (pour dire peindriez).—_Oui-dà._—«Monsieur, me
tireriez-vous bien»?—_Oui-dà, avec une corde_, dit-il froidement, et
il reprend sa besogne. Goûté d'une grappe de maroquin; c'est du raisin
noir, apporté de Montpellier par le sieur Anchès, contrôleur chez la
Reine, qui le lui avoit donné à Chaillot. Il s'amuse à des petits
jouets de poterie, va en la salle des gardes, où il voit des épousées
qui y vinrent l'une après l'autre danser devant lui.
_Le 18, jeudi, à Saint-Germain._—Mené au cabinet[538], aux fiançailles
de Betouzay, l'une de ses femmes de chambre, il signe au contrat.
[538] Les cérémonies de fiançailles se faisaient toujours dans le
cabinet du Roi.
_Le 20, samedi._—A trois heures, goûté, joué, écrit; Mme de Montglat
lui demande: «Monsieur, voulez-vous mander quelque chose au Pape?»—_Et
quoi?_—«Que vous lui baisez les pieds.»—_Fi! fi! non ferai._—«Eh
bien! la pantoufle.»—_Non, non, il ne faut pas._
_Le 23, mardi._—Mis au lit, il m'entretient de la fontaine que le
sieur Francino lui avoit faite, où étoit toute la représentation du
bâtiment neuf, m'en disoit tous les secrets et les mouvements, ne les
ayant ouï dire qu'une fois, puis s'endort; il s'éveille en sursaut par
frayeur, son tailleur, qui avoit servi feu M. de Montpensier, lui ayant
fait des contes de son maître, comme il mourut, comme il fut habillé
après sa mort[539]; il ne put être assuré tant qu'il fût couché avec sa
nourrice.
[539] Henri de Bourbon, duc de Montpensier, était mort à Paris,
le 27 février précédent, de suites de la blessure qu'il avait
reçue au siége de Dreux, en 1593.
_Le 24, mercredi._—A cinq heures et demie le Roi arrive, il lui va
au-devant, au pied de l'escalier; va chez le Roi à son souper.
_Le 25, jeudi._—Le Roi est parti à cinq heures après minuit. Le
Dauphin rencontre un porte-panier qu'il fait venir en sa chambre,
achète un horloge de sable, une paire de couteaux et la gaine, et deux
étuis à barbier, en disant: _Ce sera pour mettre mes couleurs._
_Le 27, samedi._—Mené en l'église entendre le _Te Deum_, pour le jour
de sa nativité[540]. En soupant l'on parloit des abbesses, sur le
sujet de l'une des filles de Mme de Frontenac, abbesse d'Argensol; le
Dauphin demande: _Est-elle jeune?_ je lui dis que oui.—_Et madame de
Poissy est-elle jeune?_—«Non, Monsieur. Monsieur, quel vaut le mieux
que les abbesses soient jeunes ou vieilles?»—_Il vaut mieux qu'elles
soient jeunes, elles dureront plus longtemps_, répond-il promptement.
[540] Le Dauphin entrait ce jour-là dans sa huitième année.
_Le 28 septembre, dimanche, à Saint-Germain._—Il va en la chambre du
Roi, où il danse et fait danser, à cause de la mariée Betouzay. Ses
femmes dansoient la danse des femmes, sa nourrice dit qu'il ne faut pas
que les garçons y dansent: _Non, çà tous les garçons_; il les ramasse
tous, danse et fait beau bruit. Comme Mme de Montglat dînoit et Mme de
Frontenac avec elle, il y vient; Mme de Frontenac lui dit: «Monsieur,
faites la guerre à la mariée, elle a couché avec les hommes;» il lui
répond promptement: _Vous y couchez bien._ A son goûter il écoute la
musique de deux voix et un luth, y est si attentif qu'il en demeure
immobile. On lui demande lequel des deux chantoit le mieux?—_C'est
celui qui n'a point de luth._ Il disoit vrai; il chantoit la basse.
_Le 29, lundi._—Il s'amuse à peindre. Pendant son dîner il entend la
musique du soir précédent avec ravissement, fait chanter plusieurs fois
une chanson espagnole qui lui plaisoit fort, où il y avoit ces vers:
_Esta escondido onde voste meste esta._ A douze heures et un quart,
M. de Nevers[541] arrive qui venoit prendre congé de lui, s'en allant
à Rome; il lui demande s'il lui plaisoit qu'il dît au Pape de sa part
qu'il lui baisoit les pieds; il répond: _Ho! non, ils sont pas bien
lavés._—«Et la pantoufle?»—_Ho! non._—«Monsieur, le Roi m'a commandé
de lui dire de sa part qu'il lui baisoit les pieds, vous plaît-il pas
que je lui en die autant de la vôtre?»—_Bien donc! je le veux bien._
Le duc de Nevers part à une heure et demie, et emporte de son écriture
et la peinture qu'il avoit faite le matin, pour la montrer au Pape.
[541] Charles II de Gonzague, duc de Nevers, gouverneur général
de Champagne. Il se rendait à Rome pour le serment d'obédience au
Saint-Siége; il devint dans la suite duc de Mantoue, en 1612.
_Le 30 septembre, mardi._—L'on racontoit à M. de Frontenac ce qu'il
avoit dit à M. de Nevers quand il le pressa de dire de sa part au Pape
qu'il lui baisoit les pieds: _C'étoit_, dit le Dauphin, _afin qu'il
s'en allât_. M. de Nevers y avoit été à son gré trop longtemps et
empêchoit sa liberté. M. de Souvré arrive pour recevoir l'ambassadeur
de Venise, qui devoit venir voir Mgr le Dauphin; l'on disoit que
l'ambassadeur demeuroit longtemps à venir: _Je voudrois qu'il fût déjà
venu et qu'il s'en fût allé_, c'est qu'il désiroit sa liberté. Mené
à la salle du bal, où il voit danser une mariée du bourg, il y danse
lui-même ainsi que Mesdames. A six heures et demie soupé; il va en la
chambre du Roi, où il avoit fait venir les violons de la mariée, voit
danser, danse lui-même plusieurs danses, entre autres: _Ils sont à
Saint-Jean des choux._
_Le 1er octobre, mercredi, à Saint-Germain._—La Reine arrive à cinq
heures trois quarts et le Roi à sept heures. M. le duc de Mantoue[542],
qui accompagnoit le Roi, broncha un peu voulant saluer Mgr le Dauphin,
et faillit tomber sur lui. A huit heures soupé avec le Roi et la Reine;
après souper il va chez la Reine; M. le duc de Mantoue étoit en la
ruelle, assis près de la Reine et couvert: _Ho! ho!_ dit le Dauphin,
_ce monsieur est couvert auprès de maman, et je suis ici toujours
découvert!_
[542] Vincent I de Gonzague, mort en 1612.
_Le 2, jeudi._—Mené au bâtiment neuf, il descend sur les terrasses et
va aux grottes avec le Roi, qui y menoit M. de Mantoue. Remonté à dix
heures et demie à la messe, en la chapelle de la terrasse; le Dauphin
se promenoit sur la terrasse; le magot du Roi couroit après lui; qui,
se retirant, va rencontrer le pommeau de l'épée de M. de Mantoue, où
il se blesse et meurtrit le dessus de l'œil gauche. Il va chez la
Reine puis, à douze heures et demie, dîné avec LL. MM.; ramené en sa
chambre, il se met aux fenêtres du préau; il y avoit des châssis de
verre; comme l'un vint à tomber, il retira promptement la main et eut
le doigt indice de la main droite écorché; s'il n'eût retiré sa main il
y a de l'apparence que, de la pesanteur, il en eût eu la main écrasée.
A deux heures trois quarts goûté; il reçoit l'ambassadeur pour les
Vénitiens s'en allant en Angleterre. A trois heures et demie il entre
en carrosse, et s'en va à la forêt après la Reine, qui étoit allée pour
voir passer la chasse, le Roi y ayant mené M. le duc de Mantoue; il
voit la chasse par cinq fois, et arrive à la mort du cerf. Ramené, à
six heures trois quarts soupé; il s'amuse à peindre en crayon.
_Le 3, vendredi, à Saint-Germain._—Il s'amuse à ses peintures, ne veut
point déjeuner, tant il y est attentif. Le Roi vient au château[543]
pour le faire voir à M. le duc de Mantoue, qu'il promène par les
chambres de Messieurs et de Mesdames jusques au-dessus de la voûte.
Sorti avec le Roi par le petit pont, goûté en cheminant, ramené au
vieux château, il commande à son page Bompar d'aller dire à M. de
Ventelet qu'il fît porter son souper au bâtiment neuf, et qu'il
souperoit avec papa. L'huissier de la salle vient où il étoit pour le
savoir, auquel il en dit autant; l'huissier répond: «Monsieur, c'est
M. de Ventelet qui m'a envoyé ici pour le savoir, pource qu'il ne le
croit pas.» Le Dauphin, reprenant hautement ce mot: _Il ne le croit
pas? Allez lui dire qu'il vienne parler à moi, allez_, dit-il, avec une
action fort impérieuse. _Papa s'en ira demain, et je le verrai plus._ A
huit heures soupé avec le Roi et la Reine.
[543] Le Roi demeurait au château neuf de Saint-Germain.
_Le 4, samedi._—Mené au lever du Roi, il lui donne sa chemise, et
à neuf heures et trois quarts le Roi part pour aller dîner à Ruel,
y mène M. le duc de Mantoue, qui dit adieu à Mgr le Dauphin, lequel
l'embrasse, puis est revenu au vieux château. Mené chez la Reine à
l'issue de son dîner; la Reine s'en retourne et part à deux heures.
_Le 6, lundi._—Il va en la chambre de M. d'Orléans puis en celle de
Mlle de Vendôme, la trouve au lit, lui donne le fouet de la main avec
un peu de honte.—Mis au lit, il se met en colère de ce que l'on avoit
apporté en sa chambre une chaudronnée d'eau avec des herbes, pour laver
les jambes de Mme de Montglat; il la fait emporter.
_Le 7, mardi._—A une heure et demie il entre en carrosse et va à
Poissy, où il arrive à deux heures et demie, est reçu par Mme de Gondi,
abbesse. Mené en la galerie, de là au jardin, puis par le même chemin,
ramené en la salle, où il a goûté à trois heures, puis va en l'église,
au salut des religieuses, par le petit passage qui est près de l'entrée
du logis de l'abbesse, il écouta et regarda tout fort patiemment.
Parti à quatre heures, et arrivé au château à quatre heures trois
quarts. Henri du Plessis[544], âgé de six ans, fils de M. de Liancourt,
premier écuyer du Roi, arrive ce soir pour être nourri auprès de Mgr
le Dauphin. Mis au lit il donne le mot _genitrix_, et se rit de ce que
Dupré, exempt des gardes, ne l'entendoit pas.
[544] Héroard se trompe en lui donnant le nom de Henri. Roger
du Plessis, fils de Charles du Plessis, seigneur de Liancourt,
marquis de Guercheville, et d'Antoinette de Pons, connue sous le
nom de Mme de Guercheville, dame d'honneur de la Reine, fut élevé
auprès du roi Louis XIII, qu'il accompagna toujours, dit le P.
Anselme, tant en paix qu'en guerre. Duc de la Rocheguyon et pair
de France en 1643, il mourut en 1674.
_Le 8, mercredi._—Il s'amuse avec ses chevaux et ses charrettes de
cartes; M. de la Croix, gouverneur de MM. de Mortemart, se met à
l'entretenir et lui dit: «Monsieur, il ne vous faut plus amuser à ces
petits jouets, ne à plus faire le charretier; vous êtes grand, vous
n'êtes plus enfant.»—_Mais je ne sais à quoi._—«Monsieur, il vous en
faut apprendre d'autres dignes de vous.»—_Mais je n'ai personne pour
m'apprendre._ Mis au lit il est entretenu par Montalier, son tailleur,
et Champagne.
_Le 9, jeudi, à Saint-Germain._—Déjeuné aux fenêtres du côté du préau;
en mangeant il considère le pays des environs, remarque le chemin à
aller à Noisy, et dit: _Ho! que velà bien une plus belle vue qu'à
Fontainebleau; on ne y voit rien que des rochers._ Son tailleur, nommé
Archambault, étoit fort camus; il dit: _Quand Archambault rit, il rit
comme Robert_; c'étoit le magot du Roi.—Mis au lit, il s'amuse à un
livre de chasses, en taille-douce.
_Le 10, vendredi._—Il écrit au Roi par M. de Frontenac:
Papa, je n'ai point voulu laisser partir M. de Frontenac sans
vous donner le bonjour et vous prier me faire l'honneur de
m'envoyer querir pour la foire Saint-Germain, et cependant
j'emploierai si bien le temps que vous en recevrez du
contentement et maman aussi. Je suis, papa, votre très-humble
et très-obéissant fils et serviteur.