Louis XVI avait accepté la Constitution civile du clergé dès le 22 juillet
1790, mais il aurait voulu en retarder l'application jusqu'à ce que le
pape l'eût «baptisée», comme le demandait la majorité de l'épiscopat.
Préoccupée d'assurer la vente des biens nationaux en rendant irrévocable
la réforme religieuse, craignant d'ailleurs qu'une plus longue attente ne
fut exploitée par le parti aristocrate. L'Assemblée mit le clergé en
demeure de se soumettre par le décret sur le serment du 27 novembre 1790.
Le roi ne donna sa sanction à ce décret que sur une sommation de
l'Assemblée, après que son conseiller l'archevêque Boisgelin eût mis sa
conscience à l'aise en lui disant que cette sanction était un «acte forcé»
(26 décembre). Le jour même où il donnait sa signature il disait au comte
de Fersen confident de la reine: «j'aimerais mieux être roi de Metz que de
demeurer roi de France dans une telle position, mais cela finira bientôt».
Déjà, depuis le jour (20 octobre 1790) où l'Assemblée lui avait imposé par
une violence morale le renvoi de ses ministres, Louis XVI inclinait de
nouveau à écouter les conseils de résistance.--Dès lors il eût son secret
dont le chef, le baron de Breteuil, reçut pleins pouvoirs pour traiter
avec les cours étrangères. La reine et Madame Élisabeth conseillaient à
Louis XVI de quitter Paris et de s'enfuir aux Pays-Bas d'où il reviendrait
mater les jacobins avec l'aide des troupes autrichiennes.